Besançon – Un correspondant de presse locale agressé par des militants d’extrême-droite.

Lundi 22 août dans l’après midi, comparaissait devant le tribunal judiciaire de Besançon l’auteur de l’agression d’un militant NPA au mois de mars dernier, devant le Kursaal, lors d’un meeting du candidat Philippe Poutou (voir l’article : Besançon – le meeting de Philippe Poutou attaqué par des néonazis).

La perquisition qui sera faite dans la foulée à son domicile va permettre de mettre la main sur de nombreux autocollants « VDL BSK » (sigle des « Vandal Besak »), un brassard à croix gammée. Mais au tribunal, A.M. le mise en cause, va nier être néonazi : « Je suis un collectionneur, Je n’ai pas de sympathie pour le mouvement néonazi  » (source Est républicain). Bref, il n’assume pas … qui s’en étonnera? Personne, même le procureur et le juge ne sont pas dupes.

A.M. Évitera la prison ferme, mais écopera de 8 mois avec sursis et interdiction de fréquenter les débits de boissons durant la même période.

Toufik de Planoise est dans la salle de tribunal. En tant que correspondant de la presse locale, il est doublement concerné par ce procès. Premièrement parce que ça fait longtemps qu’il a fait de la lutte contre l’extrême droite et contre toutes les discrimination son cheval de bataille. Mais aussi parce qu’il était présent au Kursaal lors du meeting de Philippe Poutou et qu’il a été le premier journaliste à relayer l’information sur les réseaux sociaux.

Toufik de Planoise …

Toufik de Planoise est une figure connue à Besançon. En tant que blogueur (c’est à ce moment que son pseudo « Toufik de Planoise » apparait), il commet plusieurs articles détaillés sur les mouvements fascistes en Franche-Comté et en Bourgogne, on se souviendra de ses articles sur la Caborne (le local identitaire près de Besançon) et sur la Dessouchière en Bourgogne.

Par la suite, il collabore à plusieurs médias locaux : Factuel.com, RadioBip puis actuellement Kawa-TV-info. Ce sont des médias indépendants et militants, qui ont su créer à Besançon une véritable alternative aux médias dits « traditionnels » tel que l’Est Républicain ou Le Progrès, rendant les luttes sociales plus visibles.

Alors qu’il était correspondant de presse pour Factuel.com puis pour Radio Bip (la plus vieille radio indépendante de Besançon), il couvre toutes les semaines les manifestations de Gilets Jaunes. Mais il effectue également de véritables enquêtes d’investigation là où les médias traditionnels ne se contentent que de recopier la version institutionnelle (police, préfecture, mairie…). En conséquence, il est, tout comme d’autres journalistes de la presse alternative locale, la cible régulière d’intimidations policières (1)(2)(3).

D’un physique imposant, présent à chaque manifestations ou rassemblements en tant que représentant de presse ou en tant que syndicaliste (Toufik est syndiqué CGT et y est très actif), il est connu et reconnu comme le loup-blanc à Besançon.

Un prénom arabe, provenant d’un quartier qualifié de « sensible » de Besançon, journaliste d’investigation, militant antifasciste, syndicaliste et se qualifiant d’anarcho-mahométan, il va s’en dire que l’extrême droite locale ne lui jettera jamais des fleurs.

A la fin du procès …

Le verdict tombé, Toufik sort naturellement du tribunal par la sortie rue Mégevand. Là sur le trottoir d’en face, attendent quatres personnages, il reconnait directement T.G. Le leader local du « syndicat » étudiant La Cocarde.

Suite à divers articles (sur Dijoncter,info (4) et sur Fafwatch (5)), T.G. n’est plus un inconnu. T.G. a du quitter en début d’année le Rassemblement National (il avait été candidat Rassemblement National aux élections municipales de mars 2020 à Besançon). Poussé à la porte du RN, il adhère de suite à Génération Z, la section jeunesse de Reconquête, le parti zemmouroïde. Mais il continue de militer et d’être le leader de la Cocarde Étudiante à Besançon.

Mené par T.G. le groupe bisontin de génération Z, colle massivement à Besançon (aussi massivement que la Cocarde, et ce n’est guère étonnant). mais comme le montre cette photo issue d’un réseau social, T.G. initie son groupe a une toute autre façon de faire de la politique de terrain. Ce qui c’est passé avec Toufik devant le tribunal, démontre que T.G. sait passer de la théorie à la pratique.

Publication du compte « Instagram » de T.G. le 20 mars 2022. Avec ses comparses, il se met en scène dans un bois transformé en camps d’entraînement près du fort de Montfaucon – capture d’écran.

Toufik de Planoise écrit un texte paru sur kawaTV sur « les syndicats étudiants vent debout contre l’implantation d’une formation d’extrême-droite à l’UFC » (6), et qui fait une part belle au syndicat mené par T.G. et ses liaisons avec les néonazis des Vandal Besak.

Il récidive en publiant le témoignage d’un militant repenti de Reconquête : Chants racistes croix-gammées, expéditions punitives, immersion dans les rangs de Génération Zemmour en Bourgogne-Franche-Comté (7).

Avec la parution de cet article, qui sera repris dans la presse nationale, T.G. voit son nom et ses relations avec les la mouvance néonazie exposés un peu partout sur les réseaux sociaux.

Tout ça pour dire que T.G. n’apprécie vraiment pas Toufik. Et Besançon étant une petite ville, les occasions de croiser des personnes que l’on n’apprécie pas sont fréquentes… d’où insultes et menaces de cassage de gueule… Toufik portera à chaque fois plainte auprès du commissariat (cinq plaintes sont déjà déposées).

L’agression …

Donc en apercevant T.G. et ses acolytes, et voyant que cela pouvait être tendu, Toufik décide d’utiliser son appareil photo et de filmer la rencontre par autodéfense. L’appareil photo utilisé comme moyen de protection est l’une des leçons tirées des manifs de Gilets Jaunes : filmer ostensiblement pour parer une possible agression (policière ou autre), la vidéo pouvant servir comme preuve devant un tribunal, ou devant l’opinion publique via les réseaux sociaux. C’est devenu quasiment un réflexe pour beaucoup.

Après quelques civilités venant de la part de T.G. et consorts (« On t’attendais, qu’est ce que tu foutais là gros tas? »…) chacun sur son bout de trottoir. T.G. Et un de ses copains traversent la rue, viennent directement au contact de Toufik. Le blondinet est particulièrement énervé et hargneux, demande à Toufik d’arrêter de filmer, tourne autour de lui. T.G. est plus stoïque, et visiblement plus sûr de lui. C’est de lui que partira le coup qui fera chuter l’appareil photo numérique de notre camarade.

Ci-après le Twitt avec la vidéo

Extrait de la vidéo
Extrait de la vidéo : Après avoir traverser la rue, le personnage de gauche est toujours très énervé, mais T.G. reste stoïque. Il n’a plus sa main droite sur la hanche. Il attend calmement que Toufik revienne face à lui pour lui en coller une.
Extrait de la vidéo : T.G. portant son coup, regardant Toufik droit dans les yeux

La police présente à proximité (on est devant le tribunal) arrive en moins d’une minute et effectue un contrôle d’identité sur les quatre fachos.

A noter que s’ils se sentaient réellement importunés par l’appareil photo, ils auraient pu quémander les policiers présents (une fourgon était garé à moins de vingt mètres) afin que ces derniers demandent à Toufik d’arrêter de filmer. Ils ont décidés de régler le « problème » à leur façon, par la menace et par la violence physique.

Le mercredi 24 août, Toufik de Planoise ira déposer sa plainte au commissariat de son quartier pour dégradation de biens avec violences.

Trois quart d’heures avant…

A quelques dizaines de mètre du tribunal, rue Mégevand, mais trois quart d’heure plus tôt, deux camarades collaient des affiches de la Rentrée Libertaire (cycle de débats, de conférences… organisés par les collectifs libertaires de Besançon en septembre et octobre). Mal leur en a pris, le A cerclé de l’affiche n’est pas au goût de tout le monde. Ils se font alors apostropher vivement par trois jeunes individus. Le ton n’a pas à monter, il est hargneux dès le début.

L’un des camarades reconnait T.G. dont il avait déjà vu le visage en photo dans les différents articles de blogs traitant de la Cocarde Étudiante. Il sait qu’il a donc affaire à des fachos. Et comme ces derniers cherchent ostensiblement la bagarre, les deux camarades peu enclin à ce genre d’activité décident de continuer leur collage dans d’autres rues.

En quittant les lieux, ils entendrons derrière eux l’un des fachos leur dire : « si on vous recroise de nuit, ce ne sera pas la même histoire« … une véritable menace à peine voilée de cassage de gueules.

Suite à la diffusion de la vidéo que Toufik à faite lors de son agression, les deux camarades identifieront les trois personnes qui les ont menacés parmi les quatre personnes présentes face au tribunal lors de la sortie de Toufik.

Alors qu’un membre des Vandal Besak passe en jugement pour agression, on aurait pu espérer que cela aurait pu calmer les ardeurs belliqueuses des ses copains… Eh bien non… menaces, insultes, violence font encore partie de leurs habitudes.

Solidarité

Nous apportons notre soutien aux camarades libertaires qui ont été menacés, et à Toufik camarade et journaliste militant qui a été agressé.

Nous souhaitons être également être solidaires envers les médias indépendants locaux auxquels Toufik a déjà participés.

Militant-e-s de gauche ou journalistes indépendant-e-s, nous avons toujours eu à subir les forces répressives de l’État et de la bourgeoisie. Depuis plusieurs années, cette répression s’est accrue en devenant systémique et de plus en plus violente pour atteindre son paroxysme lors des manifestations Gilets Jaunes. En parallèle, le discours identitaire s’est libéré devenant de plus en plus haineux à l’occasion de la campagne présidentielle de cette année. Alors quoi de plus logique de voir des groupuscules fascistes fleurir un peu partout (voir article) sans être réellement inquiétés et devenir les « idiots utiles » du gouvernement et du capitalisme ?

Évidement nous ne baisserons pas la tête, et nous continuerons à lutter contre le capital et l’extrême-droite. Les média locaux indépendants ont un rôle essentiel dans cette lutte, alors lisons et soutenons-les :

Ainsi que les média bénévoles : Disjoncter-info et les autres

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