A Besançon, à Dijon et ailleurs : le réveil de la peste brune.

Fin janvier 2020, quelques semaines avant le confinement lié à l’état d’urgence sanitaire, notre collectif dans un communiqué mettait déjà en garde contre la recrudescence de violences provenant d’un petit noyau de néo-nazis sur Besançon.

Le confinement et (surtout) la fermeture des bars et de leurs terrasses nous avaient permis d’avoir une courte trêve. Mais tout a une fin (même si on espérait qu’elle ne vienne que le plus tard possible)…

Cette trêve a pris fin ce week-end : le 31 janvier, à Dijon le Collectif 25 Novembre, un collectif féministe et pour les droits LGBTQIA+ a été attaqué par une quinzaine de fachos dont certains venant de Besançon (voir l’article de Dijoncter, et la vidéo sur la page FB du collectif 25 Novembre). Puis lundi 1er février au soir, un entrepreneur d’origine nord-africaine a été sauvagement agressé du fait de ses origines par un jeune néo-nazi de Besançon. (article de Radio-Bip). Les individus constituant le groupe de Dijon, ainsi que l’agresseur de lundi appartiennent tous au petit groupe que le CAB pointait du doigt l’année passée dans son communiqué.

Que c’est il passé depuis un an?

Évidement, rien à signaler pendant le confinement, par contre dès le début de l’été et le retour éphémère des terrasses de bars, « nos fachos locaux » ont été de sortie.

Ils se sont même donné un nom. Un nom qui permettra surtout de se distinguer auprès des autres groupes français et étrangers. Ils se baptisent les Vandal Besak qu’ils abrègent en VDL BSK.

Ils se sont même payés le « luxe » d’une bâche qu’ils ont pu déployée un samedi après-midi place du 8 septembre à Besançon. Et en juillet, aidés par les graffeurs fascistes de « la Cagoule », ils recouvrent un mur de la Rodia d’une fresque qui pourrait sembler « régionaliste » si les « S » n’avaient pas été remplacés par des runes « sieg » (comme pour SS). Heureusement des graffeurs locaux l’ont complétement recouverte 3 jours après.

Ils ont à leur tête Sébastien Favier, le fameux « Sanglier », néo-nazi local qui regroupe autour de lui toute la faune nazie du coin depuis plus d’une dizaine d’années.

Depuis plusieurs années le petit monde néo-nazi local commence petit à petit à laisser de côté le mode vestimentaire skinhead-nazi pour se rapprocher du mode « casual »; mode vestimentaire plus passe-partout (survêtements de sport…) et rendu populaire dans le milieu du football par les supporters « ultras ».

Le rapprochement avec le monde « Hooligans » n’est pas anodin : suite à la dissolution de plusieurs groupes fascistes (Bastion Social par exemple), nombre de nazillons se sont tournés vers un milieu qu’ils fréquentaient déjà : le stade et les groupes de supporters de foot violents… les hooligans… et de préférences ceux dont les idées penchent à l’extrême droite. On peut citer les Zouaves de Paris (ils ont attaqué le cortège du NPA lors d’une manifestation Gilets Jaunes), les Strasbourg-Offenders, les MesOs de Reims, etc

Le petit groupe de Besançon avec sa bâche, semble être un énième groupe faisant parti d’une nouvelle nébuleuse d’extrême droite. Beaucoup moins porteurs d’un message politique (comme les Identitaires, ou des groupes plus anciens comme le Front Comtois) ces groupes misent tout sur le « fight », le combat de rue, le poing dans la gueule… la violence.

Dans de nombreuses villes de France et en Europe, chaque manifestation ou contre-manifestation organisées par la « gauche » au sens très large du terme deviennent une cible, un prétexte à taper dans le tas. N’importe quel-le militant-e devient alors un « antifa » à qui il faut casser la gueule. Et si à une époque pas si lointaine le faf ne portait pas la main sur « le sexe faible » (galanterie viriliste oblige), cette époque est désormais révolue.

Alors en nombre, ils s’attaquent à des petits groupes isolés plus faible en nombre ou en muscle. Ils chassent après les manifs, quelques fois avant (comme à Dijon le week-end dernier).

Ils visent généralement les collectifs féministes, LGBTQ+, les syndicats étudiants, et les groupes antifa s’ils ne sont pas trop nombreu-x-ses, les librairies anarchistes, les locaux syndicaux quand ils sont vides… En plus de distribuer des coups, ils cherchent à voler drapeaux ou banderoles. Trophées avec lesquels ils se prendront en photos et posteront les photos sur le site Telegram « Ouest Casual »

Ouest Casual qu’est ce c’est?

« Ouest Casual », c’est un énorme « concours de bites » entre groupes néonazis à travers le monde mais surtout en France. Animé par les Zouaves Paris, plusieurs groupes y exposent, leurs muscles, leurs jolis drapeaux à croix gammée, leurs exploits guerriers, les trophées gagnés, poussant les autres à les imiter toujours dans la surenchère viriliste.

Le musée de la crasse brune : https://t.me/s/ouestcasual

Mais c’est également un moyen de rester en contact entre groupes et de se coordonner sur certain évènement: comme pour le week-end du 30 et 31 janvier en marge des manifestations anti GPA-PMA.

La preuve en image :

Angers : l’extrême droite était bien présente en marge de la « Manif pour tous ». Une vingtaine de néo-nazis sont sortis avec des armes de leur local, l’Alvarium, au cœur de la ville. Des projectiles ont été lancés par les fascistes, et la police a généreusement gazé les antifascistes. Il y a trois semaines, deux lesbiennes étaient agressées par des homophobes. Un acte d’extrême droite parmi d’autres dans cette ville.
Bordeaux : rassemblement de Bordeaux Nationaliste
Nîmes : une vidéo montre une bande de néo-nazis charger en direction d’un groupe d’opposants en criant « Europe, jeunesse, révolution ».
Rennes : une trentaine de militants pétainistes de l’Action Française avaient fait le déplacement pour la Manif pour tous, et ont pris la pose pour les réseaux sociaux. Ils ont été empêchés de nuire par la forte mobilisation antifasciste, et sont restés derrière les cordons policiers.
Nice : un groupe néo-nazi baptisé « zoulou Nice » a revendiqué l’attaque de militants antifascistes à qui ils ont arraché des drapeaux.
Dijon : Dijon Nationaliste et Vandal Besak après la « manif pour tous » à laquelle ils ont participé après avoir agressé les militant-e-s du collectif 25 Novembre.
Lille : rassemblement d’un groupe dénommé Lille United
Lyon : dans cette capitale de l’extrême droite, un cortège néo-nazi extrêmement violent a attaqué un groupe de manifestant.e.s LGBT et féministes, avec des coups de ceinture, de bâtons et de tournevis, et volé des drapeaux arc en ciel. Une étudiante témoignaient : « Certains étaient armés de bâtons. J’ai même vu des armes blanches… »
Strasbourg : rassemblement d’un groupe dénommé Strasbourg Nationaliste

Ce sont presque 200 extrémistes néonazis qui se sont coordonnés pour mener des actions lors de ce week-end.

Ce fait est assez rare, et nous pensons même que c’est une première à l’échelle nationale, pour être souligné et s’en inquiéter.

Ils n’ont aucun message politique à faire passer, ce n’est pas leur but. Car leurs idées, cela fait des années que d’autres se chargent d’en faire la propagande dans les médias (internet, radio ou télévision): de Soral à Zemmour, en passant par Lepen et De Benoist. Les discours identitaires, et sécuritaires développés à l’extrême droite ont été repris petit à petit par les partis soi-disant démocrates et républicains.

Nos crânes rasés aux bras tendus n’ont plus besoin d’être de fin rhétoriciens (ouf pour les deux neurones qu’ils leur restent). Leur mission, en voulant nous chasser de l’espace public, est de faire taire tout discours, toute action, qui vont contre l’esprit réactionnaire qui gagne du terrain.

Agression du Collectif 25 Novembre par les Dijon Nationaliste et Vandal Besak – Dijon 31-01-2021

Depuis des années, tous les grands mouvements sociaux ont été durement réprimés. Gazages, matraquages, débordement de violences policières… tout est fait pour que l’on ait la boule au ventre avant d’aller en manif, avant d’aller réclamer nos droits et exercer notre liberté.

Avoir peur de réclamer plus de plus de liberté, plus d’égalité, plus de solidarité… voilà ce que nous enseigne les forces de l’ordre à chaque coup de matraques, à chaque grenade assourdissante.

Vous aviez peur pendant la manif, peur d’un dérapage?… maintenant grâce à nos nazillons vous aurez peur avant et après. Voilà ce que souhaitent ces milices fascistes : nous faire taire définitivement.

Ils gueulent ACAB (All Cops Are Bastards), se disent anti-flics; mais ce sont en fait leurs supplétifs .

A propos de Philippe Tribout.

L’agression dont a été la victime Khaled Cid le soir du lundi 1er février, n’est pas un simple fait divers comme tant d’autres, d’ailleurs on n’a pas entendu les élus du RN sur cette affaire. Cet acte raciste a été commis par un militant néonazi de longue date qui n’a eu que la violence comme moyen d’expression. Il a été militant au Front Comtois, puis s’est engagé en Ukraine dans les rangs du bataillon néonazi Azov, puis de retour en France, il a milité au sein de l’organisation Misanthropic Division qui est l’organe de propagande et de recrutement du Bataillon Azov. Lors des Gilets Jaunes, il est à Paris, Place de l’Étoile, lors de la manifestation qui a vu le saccage de l’Arc de Triomphe. Il a été condamné pour avoir frapper sa copine. Il rejoint également les hooligans parisiens pour faire le coup de poing.

Philippe Tribout lors de son séjour en Ukraine dans le Bataillon Néonazi Azov, et militant avec la Misanthropic Division

Malheureusement, cette agression est loin de nous étonner, nous savions que tôt ou tard cela allait se passer. Nous pensons même que cela a déjà du se produire, que cette personne a déjà agressé d’autres personnes peut-être moins violemment et que ces dernières n’ont pas osé porter plaintes.

Nous ne savons pas si Philippe Tribout fait partie des Vandal Besak. Ce que nous savons c »est qu’ils se connaissent et ont évolué sur le même terreau de haine.

Qu’elles soient seules ou organisées en groupe, il s’agit de personnes extrêmement violentes, et qui ne souhaitent que s’exprimer par la violence.

Il est donc important, nous le répétons, que nous réactivions nos réflexes de sécurité : pour les collages et tractages, restez groupés; en manifestation, avant et après, ouvrez l’œil, et ne repartez pas seul-e; pour les conférences, débats, concerts, etc. Restez vigilant-e-s, et faites bloc. Enfin, si malheureusement une agression devait à nouveau se produire, ne restez pas silencieux-se.

Et surtout faites circuler les informations, communiquez au maximum, et contactez-nous au besoin.

Contre le fascisme, soyons solidaires !

Génération Identitaire : un comtois à Paris.

Le 13 juin dernier lors la marche contre les violences policières de Paris, le mouvement « Génération Identitaire » a déployé une banderole sur un toit qui surplombe la place de la République. Très vite interrompue par le voisinage et des militants antifascistes, la petite bande a du plier baguage sous protection policière.

(Voir le compte rendu sur le site de la Horde « Manif contre les violences policières à Paris : la provoc’ des Identitaires tourne court »)

Sans doute satisfaits de leur coup de com’ chevaleresque, les protagonistes immortalisent le moment dans le fourgon qui les amènent au commissariat pour un rapide contrôle d’identité. Sans oublier de s’identifier pour la publication… Habitués des coups d’éclats, cette opération a demandé l’apport de militants venus de toute la France. On y retrouve alors une connaissance locale, d’ailleurs parfaitement reconnaissable sur la photo.

Banderole de Génération Identitaire découpée aux ciseaux par les habitants du dernier étage

Photo de famille à l’intérieur du panier à salade. Brice M. est le 2ème à partant de la droite

Il se nomme Brice M., il a vingt-deux ans, mais préfère se désigner sous le patronyme de « Lefevre » sur certains réseaux sociaux (en hommage à un mentor ?). Originaire de Vesoul, il suit des études aux Huisselets à Montbéliard où il obtient en 2017 un baccalauréat professionnel « métiers de la sécurité. » Revenu en sa terre natale, il s’installe avec sa compagne dans une petite commune en périphérie du chef-lieu haut-saônois. Depuis bientôt un an et très en lien avec le milieu bourguignon, le jeune homme tente de relancer une section comtoise du mouvement d’extrême-droite.

Collages, et quelques tractages sont les seules actions effectuées localement. Comme à leurs habitudes ses actions sont mises en scène pour être publiées sur divers comptes Twitter et Instagram.

« Brice Lefevre » en action avec ses ami-e-s identitaires à Besançon et Vesoul

Localement, la section franc-comtoise comporte peu de militant-e-s, peut être 5 ou 6, dont la copine de Brice : Elise S., que l’on aperçoit sur la plupart des photos. La section existe depuis fin 2019. Les premiers collages ont eut lieu sur Vesoul début décembre puis sur Besançon.

Historiquement, la mouvance identitaire en Franche Comté a eu des hauts mais surtout des bas . N’oublions pas que le Front-Comtois à ses débuts en 2009 s’inscrivait dans cette mouvance née de la dissolution d’Unité Radicale. Mais depuis la disparition de la Caborne, le local identitaire (très discret) situé à Mamirolle près de Besançon en 2013, les identitaires sont quasiment absents du paysage comtois et ce malgré quelques collages sporadiques faits par des sympathisants et des « caravanes » de recrutements qui se sont avérées infructueuses.

Malheureusement pour les «sauveurs» de la civilisation blanche, les mobilisations dénonçant le racisme furent un succès. À Besançon aussi ce jour là, ce sont un millier de personnes, souvent issues des quartiers et de la diversité, qui ont défilé dans les rues. Une démonstration de force illustrant plus que jamais la marginalité de cette poignée de fachos, réduits à s’exhiber devant les caméras pour exister et se cacher derrière les forces de l’ordre après leur forfait… Pour des guerriers en croisade, on a vu mieux. Et nous espérons pour la section comtoise le même devenir que les groupes identitaires qui l’ont précédée : le néant.

Besançon, manifestation contre les violences policières et le racisme, 13 juin 2020 – source photo : Toufik de Planoise

Communiqué du Collectif Antifasciste de Besançon

31 janvier 2020

 

En ces temps de mouvements sociaux intenses, et à l’approche des élections, ils nous paraît important de rappeler à tou-te-s les militants politiques et associatifs que la violence d’extrême droite continue à s’exercer, notamment pour museler la parole militante, humaniste et inclusive.

Ainsi, sur un plan national, des agressions ont eu lieu encore très récemment : en décembre, à Strasbourg, des étudiants militant contre le projet de réforme des retraites du gouvernement ont été attaqués par des individus se réclamant d’organisations d’extrême droite (en l’occurrence, la Cocarde Etudiante et l’Action Française) ; en décembre également, un rassemblement de fascistes venant de plusieurs villes a écumé pendant plusieurs heures le centre-ville du Mans, attaquant les bars connus comme rassemblant une clientèle de gauche ; et la semaine dernière, c’est à nouveau des étudiant-e-s militant contre la réforme des retraites qui se sont vus attaqués par des groupes d’extrême-droite, violents et armés. Ce ne sont que quelques-uns des exemples les plus récents.

Sur un plan plus local, de nombreux témoignages font état d’une recrudescence des rassemblements d’un petit groupe de néo-nazis bien connus sur Besançon. Une agression s’est déjà produite, ainsi qu’une altercation en terrasse d’un café de Rivotte. Il s’agit d’un groupe restreint, mais qui se compose de personnes violentes et déterminées ; et le fait même qu’ils recommencent à se rassembler régulièrement au centre-ville nous laisse penser qu’ils ne s’arrêteront pas là.

(cf article de Factuel.info : http://factuel.info/article/neonazis-et-extreme-droite-retour-dans-bars-a-besancon-006224)

Il est donc important que nous réactivions nos réflexes de sécurité : pour les collages et tractages, restez groupés ; en manifestation, notamment à la fin, ouvrez l’œil, et ne repartez pas seul-e ; pour les conférences, débats, concerts, etc. Restez vigilant-e-s, et faites bloc. Enfin, si malheureusement une agression devait à nouveau se produire, ne restez pas silencieux-se. Portez plainte auprès de la police pour les mettre hors d’état de nuire.

Et surtout faites circuler les informations, communiquez au maximum, et contactez-nous au besoin.

Contre le fascisme, soyons solidaires !

 

CAB /// Collectif Antifasciste de Besançon

Débat le 25 septembre : « Le retour du fascisme dans la France contemporaine – les nouvelles origines du Front National » avec Gérard Mordillat

Dans le cadre de la rentrée libertaire 2017 : Réunion publique organisée par le Groupe Proudhon de la Fédération Anarchiste.

Lundi 25 septembre, 19h à la Librairie L’Autodidacte, 5 rue Marulaz – entrée libre

Qu’est ce que le fascisme?

Est-il d’actualité en France aujourd’hui?

Gérard Mordillat avec les éditions Démopolis ont eu l’idée utile de rééditer un des texte fondateur d’une des idéologies qui vont marquer le XXème siècle : la première édition intégrale du « Fascisme » de Benito Mussolini datée de 1932 et 1933 pour la traduction française (lien vers Démopolis). L’actualité révélant un retour de l’idéologie fasciste sous des formes nouvelles, il est toujours nécessaire d’en connaître les bases.

Gérard Mordillat avec l’aide d’Hélène Marchal met ce document en perspective dans le contexte de la montée du fascisme en France et en Europe et propose une analyse du « retour du fascisme dans la France contemporaine ».

Pour Mussolini, le fascisme est une forme de nationalisme qui exalte le rôle central de l’État. Une idéologie sociale se prétendant ni de droite ni de gauche. Contrairement au nazisme, le fascisme ne repose pas initialement sur l’antisémitisme ; cela viendra après sa conquête du pouvoir. […]

En Grèce, en Hongrie, en Autriche, en Slovaquie, en Norvège, voire aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Suisse ou en Belgique… une poignée de nostalgiques se réclame aujourd’hui du nazisme. Des partis néonazis désignés comme tels obtiennent des voix aux élections et sont représentés dans les chambres élues. Fort heureusement ce n’est pas le cas en France où le national-socialisme d’Hitler n’est pas de retour à l’assemblée nationale ni au sénat. En revanche dans le programme du Front National de Marine Lepen, à travers des formes nouvelles et dans des circonstances différentes, on peut constater un retour du fascisme de Mussolini, une sorte de postfascisme ou de néofascisme.

Qu’un parti néofasciste, même s’il refuse de se définir comme tel, soit devenu l’un des premiers partis politiques en France n’est pas anodin et ne saurait être considéré comme un simple phénomène du jeu politique ordinaire. La question est brutale : quelles forces économiques, sociales et politiques peuvent-elles engendrer un tel parti dans la France contemporaine?

 

A noter que le débat sera suivi en seconde partie de soirée, vers 21h par la projection du dernier film de Gérard Mordillat : MÉLANCOLIE OUVRIÈRE

Annulation de la conférence d’Étienne Chouard à Besançon

Suite aux courriers que nous avons adressés à l’entreprise de production et diffusion de spectacles (NG Productions) qui organisait la conférence ainsi qu’aux autorités municipales, l’entreprise de production a décidé d’annuler la conférence réunissant Philippe Pascot et Étienne Chouard le 14 avril au Petit Kursaal de Besançon.

Nous saluons la réactivité de NG Productions, ainsi que son engagement à ne pas vouloir servir de pion au confusionnisme cheval de Troie de l’extrême droite.

Néanmoins lors d’échanges avec des ami-e-s et camarades, nous avons constaté que le confusionnisme politique était une phénomène flou et méconnu. Il nous parait donc nécessaire de mettre en place les outils pour mieux le cerner et mieux le contrer. Dans les mois qui viennent, nous tacherons d’organiser une formation ou une conférence à ce sujet. À suivre…

NON AU CONFUSIONNISME D’ÉTIENNE CHOUARD DANS LES SALLES PUBLIQUES !

* Dernière info : la conférence a été annulée

Le 14 Avril 2017 est programmée à Besançon (au Petit Kursaal) une conférence intitulée « Quelle société pour demain ? » avec pour invités Philippe Pascot et Étienne Chouard. Si nous ne savons pas qui les a invités, nous savons par contre quel danger représente Chouard : celui du confusionnisme, tapis rouge de l’extrême-droite. Nous ne pouvons tolérer ce genre de discours dans une salle publique.

Professeur d’économie en lycée, Étienne Chouard se fait connaître en 2005 comme défenseur du « NON » au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. Débattant de celui-ci uniquement sur son blog, Chouard dialogue avec les deux mouvances hostiles au projet : la gauche radicale et l’extrême-droite. La mise-en-place du TCE malgré la victoire du NON l’entraine à simplifier le débat en opposant les anti-UE et les pro-UE, qualifiant ces derniers de « fascistes ». Face aux « oligarques », au « 1% » qui nous gouverne, Chouard propose un autre système, véritablement démocratique selon lui : le tirage au sort pour une Assemblée Constituante. Fort de ses liaisons diverses et variées, il en débat tant avec les organisations de gauche que d’extrême-droite, notamment dans les médias liés à celle-ci (ERTV, TV Libertés, Agoravox TV, Cercle des Volontaires…). En même temps se regroupent autour de lui ses partisan.e.s : les Gentils Virus (1), militant.e.s de tous bords qui tentent d’infecter partout où cela est possible (Alternatiba, Colibris, M6R…).

Chouard et les Gentils Virus rêvent que tous les opposant.e.s à l’Europe libérale mettent leurs luttes particulières de côté au nom de « l’intérêt général », comprendre « la souveraineté nationale ». Le problème, c’est qu’il y a parmi ces opposant.e.s nombre de réactionnaires qui promeuvent toutes sortes d’oppressions. Faudrait-il cesser de lutter contre leur racisme, leur sexisme et leur homophobie pour une cause collective ? Bémols : il ne peut y avoir de cause collective dans une société comme la nôtre divisée en classes sociales et le cadre national n’a jamais empêché l’exploitation. Pour ces raisons, la plupart de ses interlocuteurs de gauche ont cessé de le fréquenter (Lepage, Lordon…). Pour le reste, qu’ils soient survivalistes (San Giorgio), masculinistes (Durain), conspirationnistes (Meyssan), antisémites (Laurent Louis), néonazis (Landeux), révisionnistes (Blanrue), islamophobes (Ménard), complotistes (Asselineau) ou fascistes (Soral), ceux avec qui il continue d’échanger ont finalement toujours une forme d’oppression à défendre. Le fait que Chouard soit un homme blanc hétéro d’âge mûr ayant un bon emploi (fonctionnaire), un domicile et des papiers explique aussi peut-être cette insouciance. C’est là sa première confusion : le tirage au sort est une fausse bonne idée, car sans suppression préalable des diverses oppressions, ce dispositif ne solutionne rien et propose seulement de livrer à la chance la venue au pouvoir de nouveaux oppresseurs.

Étienne Chouard donne l’impression d’avoir un message clair, il le martèle : l’ennemi de tout bon citoyen, le véritable fascisme, c’est le capitalisme mondialisé. Voilà l’acrobatie avec laquelle il entend fédérer : les antifascistes se trompent d’ennemi, le fascisme n’a rien à voir avec une idéologie autoritariste, nationaliste et raciste. Telle est sa démarche : opérer des glissements sémantiques pour rendre toute discussion impossible. Or, si le fascisme est en opposition avec le libéralisme, il s’accommode très bien du capitalisme d’État. Qu’il soit national ou mondialisé, le capitalisme est un poison ; mais le fascisme est un concept différent. C’est la deuxième confusion de Chouard. Sa troisième : croire que discuter entre adversaires laisse une chance à certaines convergences alors que s’y refuser n’aboutit qu’à faire perdurer les conflits. Hélas, laisser s’exprimer celleux qui souhaitent nous opprimer consiste à s’auto-opprimer, on ne peut converger qu’avec les personnes qui ne veulent pas nous nuire.

Ainsi, le confusionnisme dont Chouard a fait sa « méthode » n’est qu’un grand déplacement des titres. D’ailleurs, de Soral à Asselineau (candidat UPR qu’il soutient pour l’élection présidentielle), ses affinités n’auront suivi qu’une seule route : celle de l’extrême-droite. Avec un objectif simple : la montée d’une contestation souverainiste qui prend le capitalisme mondialisé pour du fascisme. Objectivement, ne rien comprendre aux palabres de Chouard est l’excellent signe d’une pensée claire.

La contestation des injustices de notre société a besoin de faire sens, c’est pourquoi elle doit impérativement faire barrage aux confusionnistes.

 

Collectif Antifasciste Besançon (le 03 avril 2017)

(1) D’ancien.ne.s membres estiment que Chouard agit sur les Gentils Virus en gourou, voir: http://blogyy.net/2015/04/29/confidences-et-mises-en-garde-dun-ex-lieutenant-detienne-chouard/.

Débat le 13 avril : « L’amour à trois : Alain soral, Eric Zemmour, Alain De Benoist » avec Nicolas Bonanni

Nicolas Bonanni viendra débattre avec nous autour de son livre « l’amour à trois, Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist« .

Jeudi 13 avril – 19h à l’amphithéâtre Donzelot, Faculté des lettres, langues et sciences humaines. 32 rue Mégevand à Besançon – entrée libre

Dans ce court ouvrage (à peine 60 pages) dont le titre « l’amour à trois » sonne comme le titre d’une pièce de boulevard, Nicolas Bonanni nous offre une lecture critique de la pensée de ces intellectuels de l’autre droite qui ont fait de la « guerre culturelle » leur stratégie principale.
« Soral, Zemmour, De Benoist s’aiment, se jalousent, s’engueulent, et se rabibochent comme dans toute histoire de couple. Enfin, là c’est un peu plus compliqué, ils sont trois : ce n’est pas un couple, mais un trouple . Vous imaginez les embrouilles ! Ils se répondent, s’influencent, s’interviewent, se citent, se chroniquent mutuellement. […] chacun à son caractère.  Mais malgré leurs quelques points de désaccords ils se rejoignent sur l’essentiel. »
L’essentiel? … leurs thèses anti-universalistes, alter-capitalistes, racistes, inégalitaires, sexistes et misogynes qui irriguent aujourd’hui toute la société, et en premier lieu le Front national.

Cliquez sur l’image pour accéder aux éditions LE MONDE A L’ENVERS

 

A lire également ci-dessous, l’interview de Nicolas Bonanni réalisé par le site internet Haro! en novembre 2016.

Suite à la manifestation antifasciste de la semaine dernière, et pour poursuivre le débat ouvert avec « Sale Race ? », Haro vous propose un petit détour du côté de l’extrême-droite.
Vous connaissez Alain Soral et Eric Zemmour. Mais les avez-vous lu ? Et savez-vous qui est Alain de Benoist ? Non ? Ce n’est pas grave. Oui ? Cet article est fait pour vous. Parce qu’un petit livre vient de paraître aux éditions Le monde à l’envers intitulé L’amour à trois. Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist. Son auteur, Nicolas Bonanni, lui, a lu ces trois penseurs de l’extrême-droite – ce qui nous arrange bien parce qu’on préfère lire des choses plus intéressantes. Il propose une lecture critique des thèses anti-universalistes, inégalitaires et misogynes de ces intellectuels de « l’autre droite ». Thèses qui irriguent toute la société, et en premier lieu le Front national. Nous lui avons posé quelques questions.

Tu as publié récemment L’amour à trois aux éditions Le monde à l’envers. De quoi s’agit-il ?
Je viens en effet de publier une tentative de décryptage de la pensée de trois intellectuels d’extrême-droite : Alain Soral, Eric Zemmour et Alain de Benoist.
Il faut d’abord revenir sur l’arrière plan de leur succès. Depuis une quarantaine d’années, nous sommes dans une période de crises et de bouleversements, où l’histoire s’accélère. Parmi les phénomènes majeurs, la financiarisation, la robotisation et la crise environnementale créent des tensions sociales qui déstabilisent les systèmes établis… et la vie des individus. Confrontés à un système en crise, à un marché du travail de plus en plus dur et de plus en plus précaire, à l’érosion du lien social et des solidarités traditionnelles, les gens cherchent des échappatoires (télévision, médicaments), ou des réponses politiques.
C’est sur cette toile de fond que ces trois idéologues modernisent le discours traditionnel de l’extrême-droite. Alain Soral agite principalement internet, avec des vidéos très regardées. Eric Zemmour a une forte audience à la télévision, et il a vendu 400 000 exemplaires de son livre Le suicide français. Alain de Benoist, lui, s’occupe de publier des ouvrages érudits et des revues confidentielles, ce qui explique qu’il est moins connu que les deux autres. Leur point commun, c’est de donner une réponse « de droite » à la crise sociale : un repli sur les identités, la mythification d’un passé ou tout était « en ordre ». Il faut selon moi prendre acte que la modernité a dérivé vers un techno-capitalisme destructeur. Mais face à cet état de fait, ils proposent un retour aux aliénations pré-modernes, à la morale religieuse. Ce qui explique leur succès, c’est qu’au moins ils proposent un discours, des analyses critiques, dans un vide politique généralisé.

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Conférence le 23 mars : « L’école des réac-publicains » avec Samuel Ronsin

Jeudi 23 Mars 2017, l’AMEB SOLIDAIRES étudiant-e-s organise avec le soutien du CAB une conférence / débat avec Samuel Ronsin à propos de l’ouvrage de Grégory Chambat  : « L’école des réac-publicains » , aux éditions Libertalia (lien) ainsi que  du dernier numéro de la revue N’AUTRE ECOLE (lien).

19h à l’amphithéâtre Donzelot, Faculté des lettres, langues et sciences humaines. 32 rue Mégevand à Besançon – entrée libre

La pédagogie noire du FN et des néoconservateurs:

L’École est le champ d’intervention privilégié d’une galaxie intellectuelle et médiatique caressant le rêve de rétablir un état scolaire – et social – ancien.
Pour ces « réac-publicains » (Natacha Polony, Jean-Paul Brighelli, Alain Finkielkraut, Éric Zemmour…) évoquant inlassablement l’effondrement du niveau et la décadence de l’institution, le redressement de l’École préfigurerait la restauration de l’ordre et de la nation.
Leurs incessantes et virulentes polémiques s’inscrivent dans une tradition méconnue, celle de l’intérêt jamais démenti de l’extrême droite pour l’éducation.
Cet ouvrage relate l’histoire de cette « pédagogie noire » et décrypte ses déclinaisons contemporaines afin d’en révéler les enjeux sociaux et idéologiques.
Entre les sirènes du « nostalgisme » réactionnaire et le renoncement à toute perspective de transformation, il s’agit de retrouver le chemin d’une pédagogie de l’émancipation.

Samuel Ronsin  tout comme Grégory Chambat participe au collectif Questions de Classe(s). Cet Hiver le collectif a inauguré une nouvelle version de la revue N’autre école avec un dossier traitant des rapports des extrêmes droites et de l’école.

À partir de témoignages d’enseignants et d’habitants des communes au main du FN, de décryptages des thématiques au cœur de l’offensive réactionnaire (Histoire, culture, laïcité, etc.) et d’une cartographie de la nébuleuse des « réac-publicains », ce numéro ne se contente pas de décortiquer le programme éducatif des droites extrêmes, il met en lumière ses enjeux, son histoire, sa diffusion… et surtout envisage des pistes, sociales, syndicales, politiques et pédagogiques pour reprendre l’initiative

Grégory Chambat

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Compte-rendu du week-end de solidarité avec les combattant-e-s des forces progressistes au Kurdistan

 

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Ce samedi 5 mars, nous étions entre 130 et 150 personnes rassemblées place Pasteur, à Besançon,  à l’appel du collectif Besançon Solidarité Kurdistan, pour exprimer notre solidarité avec les luttes des femmes au Kurdistan.

Face aux fanatiques religieux et misogynes de Daesh, les femmes sont en première ligne dans la lutte. Ainsi, à Kobané, une ville majoritairement kurde situé au Rojava (Kurdistan syrien) à la frontière syro-turque, les combattantes des YPJ (Unité de défense des femmes) représentent 40% des forces progressistes kurdes.

Dans cette région, les avancées en matière de liberté et d’égalité mises en place suite au soulèvement contre la dictature de Bachar Al Assad ont été importantes : l’égalité entre les hommes et les femmes a été proclamée ainsi que l’équité entre tous les êtres humains sans discrimination liée à l’origine religieuse ou ethnique.

De plus, les femmes occupent des positions importantes dans la vie politique. Les trois cantons du Rojava, Kobani, Efrin et Cizîre, chacun dirigé par un parlement élu et doté de ses institutions propres, est co-présidé par une femme et un homme.

Face aux obscurantistes misogynes de Daesh, les femmes kurdes résistent, luttent et remportent des victoires, tant militaires que sociales. Elles sont devenues un espoir, un exemple et un symbole pour toutes celles qui se battent contre les régimes d’apartheid sexistes au Moyen Orient et dans le monde.

Les femmes du Kurdistan luttent pour l’égalité entre femmes et hommes face aux fanatiques de Daesh qui nient leurs libertés, les violent, les tuent, pratiquent l’esclavage sexuel, les vendent et les échangent comme butin de guerre.

Ailleurs au Moyen-Orient, les femmes sont aussi en première ligne contre les régimes réactionnaires, dictatoriaux, misogynes et anti-ouvriers. En Iran par exemple, que ce soit à Sanandaj ou à Téhéran, les femmes résistent contre le voile obligatoire et le régime réactionnaire des mollahs. Au Kurdistan d’Irak, les femmes participent aux luttes contre le régime corrompu de Barzani, comme les infirmières et les enseignantes en grève pour le paiement des salaires. A Bagdad et ailleurs, les femmes luttent contre les bandes terroristes sectaires, pour l’égalité et la laïcité.

Leur lutte est universelle, elles luttent pour la liberté et l’égalité au nom de toutes les femmes !

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Le lendemain dimanche 6 mars, à partir de midi, nous étions salle Battant à Besançon pour une journée festive de rencontres et de débats, avec une exposition proposée par l’Initiative Communiste Ouvrière de Besançon, des stands d’informations (livres, brochures, journaux…) proposés par la Fédération Anarchiste, le PCF – Front de Gauche, ICO et Solidaires Etudiant-e-s.

Programme de la journée :  projection du documentaire Ez Kurdim de Antoine Laurent et de Bertrand Nicolas (voir la bande annonce: Ez Kurdim-le film), suivie d’une table-ronde avec Pascal Torre (auteur de « La réponse kurde ») et Nicolas Dessaux (Association Solidarité Irak), et pour finir concert et danses.

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RadioBip a été le seul média à couvrir l’événement et à le transmettre en direct, Vous pouvez écouter le podcast du débat et le concert de musique traditionnelle Kurde sur site de la radio militante bisontine : http://radiobip.fr/2016/03/table-ronde-situation-kurdistan/

 

Pour suivre l’actualité de Besançon Solidarité Kurdistan :

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