Besançon – Cortège du 1er mai brièvement perturbé par la Cocarde Étudiante alliée avec un petit groupe de néonazis.

Dimanche 1er Mai, fête des travailleurs et des travailleuses, jour de commémoration des évènements de Haymarket, le défilé revendicatif traditionnel a quitté la place de la Révolution depuis 30 minutes, quand par SMS, nous sommes informés qu’un petit groupe de 12 à 15 individus identifiés comme néonazis looké  » casual » a été aperçu se dirigeant vers le centre-ville.

Nous faisons donc remontrer l’information dans la manif afin que chacun-e reste vigilant-e. Nous avons tous et toutes conscience que ce genre d’individus en groupe peuvent être dangereux, l’actualité récente l’a maintes fois prouvé.

Remontant par la Grande-Rue, les individus en question ont devancé le cortège du 1er mai pour se scinder en deux groupes au niveau de la place du 8 Septembre (devant l’Hôtel de Ville).

Juste avant midi, alors que la manifestation arrive sur la place, un premier groupe, composé essentiellement des militants du syndicat étudiant la Cocarde (et certainement de militants de Génération Z), mené par le responsable local Théo Giacone (1), déploie une banderole « GAUCHOS COLLABOS » et allume des fumigènes. Mais très rapidement, il se replie vers la Grande-Rue suivi par les motards de la Police nationale, ce qui le rendra invisible de bon nombre de manifestant-e-s. Ils continueront néanmoins d’y gueuler pendant un temps leurs slogans : « Montjoie! Saint Denis! à bas la Macronie! » (2) et le toujours très classique xénophobe et raciste « On est chez nous! ». Mais la Police procède alors à un contrôle d’identité ce qui stoppera leur ardeur « anti-gauchistes ».

Théo Giacone allumant un fumigène devant la banderole déployée en façade de l’Hôtel de ville – image issue de la vidéo postée sur le net par la Cocarde Étudiante Franche-Comté
Les Militants de la Cocarde mis en retrait de la place du 8 Septembre, et encadrés par la police – en Harrington et T-shirt rouge : Théo Giacone
Contrôle d’identité des militants de la Cocarde – la banderole a disparu

Le second groupe dont on a reconnu certains des membres du groupuscule néonazi Vandal Besak, et qui devait certainement assurer la protection du premier groupe en cas d’agression « gauchiste », est resté sur la place quand ce dernier s’est replié Grande-Rue (contraint par la police?). Ils se sont alors rapprochés du cortège pour provoquer et menacer syndicalistes et militant-e-s d’extrême-gauche, prenant également en vidéo et en photo les personnes présentes dans le cortège… alors même que les policiers de la BAC n’étaient qu’à quelques mètres.

Indiqués par les flèches rouges, les membres des Vandal Besak et certainement aussi des membres des Infréquentables de Dijon

Prenant la confiance, trois d’entre-eux s’infiltrent dans le cortège et commencent à scander « Europe, Jeunesse, Révolution »… Leur délire n’a pas duré que quelques mètres (jusqu’à l’intersection de la Grande-Rue et de la rue du Palais de Justice) : ils se sont fait huer… Le cortège a hurlé « Dégagez! » et « Pas de fachos dans nos quartiers! Pas de quartier pour les fachos! ». Une partie du cortège s’arrête pour contraindre à quitter le cortège les trois néonazis qui jouaient la provoc’. Des insultes ont fusé, l’Internationale fut chantée, »Siamo tutti antifascisti ! » scandé en chœur , et en point final : un crachat fut lancé sur la gueule de l’un des néonazis (apparemment un membre des Infréquentable de Dijon). Aucune violence sinon verbale.

A gauche les néonazis continuant à provoquer alors qu’ils se font refouler du cortège, l’un d’eux continue à filmer les manifestant-e-s – A droite, les résultats du crachat

C’est à ce moment que la Police déjà présente sur place depuis plusieurs minutes décide d’intervenir et d’écarter les néonazis loin de la manif. Une fois ces indésirables dégagés, le cortège put reprendre son cours.

Les policiers s’occupent de raccompagner les néonazis loin du cortège. Sur cette photo publiée dans l’Est républicain, on remarque que le militant néonazi porte sur son pull un autocollant des Infréquentables-Dijon Offender représentant l’insigne de la 3e division Waffen SS Totenkopf, tristement connue comme étant celle s’occupant des camps de concentration et d’extermination nazis.

Suite à cette perturbation, dont beaucoup de manifestant-e-s n’ont appris le déroulement qu’en lisant la presse locale du lendemain (il y avait entre 1500 et 2000 personnes pour ce défilé du 1er mai, la perturbation n’a concerné qu’une toute petite partie du cortège), certaines cellules syndicales se posent désormais la question de la nécessité ou non d’un service d’ordre lors des prochaines manifestations. Effectivement, la dernière campagne électorale a été marquée par de nombreuses agressions provenant de militants d’extrême-droite (Reconquête ou Cocarde Étudiante) souvent alliés à des groupuscules néonazis. On peut citer en exemple les Zouaves Paris qui ont agressé le militant-e-s de SOS Racisme à Villepinte lors du Meeting du candidat Zemmour (3), ou plus localement l’agression d’un sympathisant NPA lors du meeting de Philippe Poutou au Kursaal de Besançon (4),… d’ailleurs l’agresseur était présent ce dimanche parmi le groupe constitué des Vandal Besak. .

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu à Besançon des militants néonazis venir se confronter d’aussi près, en tant qu’opposants, à une manifestation sociale. La campagne pour la présidentielle a été marquée par les discours identitaires, racistes, xénophobes et haineux et malgré les résultats pitoyables de Marine Lepen et surtout d’Eric Zemmour à Besançon, les résultats nationaux ont fait pousser des ailes à ce genre de groupes radicaux pour qui la violence est une suite logique aux paroles de leur leader.

Si lors de notre article de janvier (voir ici), nous nous posions encore la question de savoir si la Cocarde Étudiante était en lien avec le groupuscule néonazi Vandal Besak, ce qui c’est passé ce 1er Mai nous en fournit la réponse (sans grande surprise).

Mais si l’action de ce groupe fasciste n’a été finalement qu’une perturbation presque anecdotique dans le déroulement globale de la journée, elle démontre bien que l’extrême-droite malgré les discours de propagande populiste dont les clans Zemmour et Lepen ont abreuvé les médias lors de ces derniers mois, ne sera jamais du coté de la classe ouvrière. Draguant en un temps le vote populaire, aigrie par les résultats des scrutins, la défaite lui redonne son vrai visage méprisant.

Attaquer le cortège de 1er Mai, c’est attaquer plus qu’un symbole. C’est remettre en cause tous les acquis sociaux que le peuple a conquis par la rue; c’est remettre en cause notre droit d’exprimer collectivement et librement nos colères, nos revendications et nos inspirations; c’est également attaquer notre droit de ne pas vouloir se plier aux choix des urnes. Bref c’est s’attaquer à notre volonté de ne jamais plier devant n’importe quel pouvoir même légitimement élu, et on comprend que cela gène l’extrême-droite dans son ensemble que nous ne soyons pas les moutons dociles qu’elle souhaiterait.

(1) A propos de la section Bisontine de la Cocarde : article de janvier 2022

A propos de Théo Giacone : Il fut également candidat Rassemblement National lors des dernières élections départementales, mais suite à divers articles le concernant dénonçant ses accointances avec la mouvance néo-nazie locale (voir article sur Fafwatch), il quitte le RN début 2021 et rejoint Reconquête, le parti d’Eric Zemmour.

(2) France Bleu : Emmanuel Macron giflé, que signifie Montjoie! Saint-Denis! l’expression criée par son agresseur?

(3) Streetpress.com : Qui sont les Zouaves, le « groupuscule de combat » derrière le lynchage des militants de SOS Racisme

(4) A propos de l’agression lors du meeting du NPA : article de mars 2022

Besançon – le meeting de Philippe Poutou attaqué par des néonazis

Depuis le meeting de Zemmour à Villepinte le 5 décembre, et l’agression menée par le groupuscule néo-nazi Les Zouaves envers les militant-e-s de SOS-Racisme, il semblerait que les milices d’extrême droite se sentent pousser des ailes; comme le prouvent les récentes agressions qui ont eu lieu ces deux dernières semaines : à la maison des syndicats de Strasbourg le 25 février (voir article Rue89 Strasbourg), à Rennes le 23 février (voir article d’ Expansive.info), le 22 février à Aix En Provence, un étudiant est attaqué lors d’une distribution alimentaire (voir article de La Marseillaise).

Hier soir, c’est à Besançon que nos fachos locaux ont frappés. Notre camarade Toufik de Planoise qui se trouvait sur place, au meeting électoral de Philippe Poutou candidat du NPA, décrit l’évènement dans un article paru sur le média Kawa TV (Besançon – le meeting de Philippe Poutou attaqué par des néonazis), et que nous reprenons ci-dessous…

Alors que candidat anticapitaliste haranguait les foules ce mardi 9 mars à Besançon, une formation ultranationaliste a tenté de s’attaquer à son meeting. La soirée n’aura finalement pas souffert de l’incident : les mis en cause, peinant à violenter un participant plus résistant que prévu, ont préféré fuir à l’arrivée de la sécurité. Deux suspects ont toutefois été identifiés, le premier étant membre d’un groupuscule néonazi et le second militant actif de Génération Zemmour. Un assaut qui survient quelques jours après un précédent, impliquant les mêmes individus cette fois à la sortie d’une réunion Mélenchoniste… quid d’une chasse aux « gauchistes » dans la capitale comtoise ?

« Ils étaient venus pour en découdre. »

Hier au kursaal de Besançon, l’effervescence était de mise. Plusieurs centaines de personnes se sont massées au sein du bâtiment, afin de vibrer avec Philippe Poutou. Discours, applaudissements, rigolades, tout se passe pour le mieux. Jusqu’au moment où Alex sort quelques instants afin de téléphoner, aux environs de 21h30. Sept individus font subitement irruption et s’approchent du parvis principal, commençant à arracher les visuels disposés pour baliser l’événement. Le jeune homme, surpris, leur demande ce qu’il leur prends d’agir ainsi. Un protagoniste se détache en lui demandant «t’aimes Poutou ?», ce à quoi il réponds par la positive.

Pour seule réaction, il recevra des menaces et l’ordre de «manger l’affiche.» Il refuse. Immédiatement, les coups pleuvent. «J’ai réussi à me reculer, à enlever mon manteau, puis à me mettre en position de garde. Mon agresseur m’a alors exhorté à poursuivre le combat dans un coin isolé des caméras et des regards, m’indiquant qu’il ne voulait pas être filmé ou dérangé. Bien sur, j’ai décliné. Il a poursuivi les crochets, a tenté de me faire tomber. Sans succès. C’est à ce moment là que la sécurité est arrivée, et qu’il a fuit avec le reste de sa bande. Ils étaient venus pour en découdre.» Sollicités, les services de police sont dépêchés pour prendre les fuyards en chasse.

Cocarde Étudiante, Génération Zemmour, Vandal Besak…

Un membre du NPA raconte : «Dès que nous avons compris ce qu’il se passait, nous sommes intervenus. Fidèles à leur réputation, les nazillons ont pris leurs jambes à leur cou. Nous avons pris en charge le camarade, et nous nous sommes assurés qu’il allait bien.» Alex pâtit d’hématomes et de tuméfactions, mais n’est pas gravement blessé. À l’intérieur rien ne filtre de ce qui vient de se produire, beaucoup n’apprenant les tenants et aboutissants de cet incident que bien après. Une actualité qui choque et scandalise, même chez les soutiens les moins fervents du trotskysme. «C’est la démocratie qu’on attaque», lance par exemple un social-démocrate.

Mais place du Théâtre, on s’active sans tarder à recouper les premiers éléments disponibles. Il s’avère que les auteurs présumés n’ont pas hésité à signer ostensiblement leur opération, des autocollants de la Cocarde Étudiante, de Génération Zemmour, et des Vandals Besak ayant été collés dans les parages par leurs soins. Surtout les deux principaux auteurs ont été rapidement identifiés par un témoin direct, vite corroboré par plusieurs autres : il s’agit d’Alexandre Meuret et de Théo Giacone, le premier ayant été interpellé et placé en garde-à-vue, quand le second s’était vanté le jour-même de son futur forfait dans une allusion à peine voilée sur Instagram.

Une agression similaire quelques jours plus tôt.

Néanmoins ces brutalités ne sont pas inédites. Le mardi 1er mars sur le même site, c’est « l’Union Populaire » qui proposait un rendez-vous électoral, notamment avec François Ruffin, Leïla Chaibi et Sébastien Jumel. Accompagné de plusieurs connaissances, j’étais aussi parmi les spectateurs. Si dés le début j’ai remarqué et signalé l’entrée de trois partisans d’ultra-droite, ceux-ci se sont engagés à ne pas faire d’esclandres et s’y sont tenus. Je suis parti à la fin de soirée vers 22h45, accompagné d’une amie. Quinze minutes plus tard place Louis Pasteur, nous avons croisé une formation de cinq personnes. C’est là que cris, pistage, puis menaces se sont abattus.

En tant qu’instigateurs, on retrouvait, enivrés, Alexandre Meuret et Théo Giacone. Ils promettent, longuement, de me « péter la gueule » lorsque les circonstances le permettront. En étant au cœur de la Grande-Rue, le réseau de vidéosurveillance a sans doute calmé l’ardeur des intéressés. Pour cette fois. Mais ceux-ci furent visiblement très au fait des mes allées et venues, comme le confirme un tiers. « Je connais un des membres du trio qui était dans la salle, il m’a demandé dans l’après-midi si tu allais venir. » Tous naviguent dans la fachosphère, des clichés les faisant apparaître avec… Meuret et Giacone. Préméditation et guet-apens ne font guère de doute.

Meuret et Giacone, bis repetita.

Concernant le parcours des lieutenants, il s’inscrit pleinement dans ce panorama. Alexandre Meuret, vingt-quatre ans, est un militant des « Vandal Besak », groupuscule paramilitaire néonazi impliqué dans de nombreuses exactions dans la région. Sur les réseaux sociaux, ses photographies alternent poses avec une réplique d’arme de guerre et archives bucoliques de soldats nazis en détente dans la capitale comtoise (voir ici). Quant à Théo Giacone, vingt-deux ans, il fut un cadre du Rassemblement National, avant d’en être viré pour ses amitiés sulfureuses, dont avec le précédent. Il a depuis rallié Zemmour et la Cocarde Étudiante, suscitant la controverse au sein de l’Université de Franche-Comté.

Ces deux affaires illustrent-elles les balbutiements de commandos, structurés, organisés, préparés, visant à instituer des « expéditions punitives » et autres « chasses aux gauchistes » sur Besançon ? En tout cas, les velléités en la matière ne sont malheureusement pas nouvelles. Les « Vandal Besak » étaient dernièrement engagés dans le mouvement d’opposition au passe sanitaire, avec des dossiers déjà entamés les 17 juillet et 14 août 2021. L’instruction, toujours ouverte, court depuis désormais près de huit mois, malgré les preuves flagrantes et multiples. Le Procureur de la République, Étienne Manteaux, veut t-il seulement considérer ces infractions avec gravité ?

Les bus de campagne du RN sont-ils illégaux?

Samedi matin sur France-Inter, une journaliste évoquait le fait que les frais liés à la douzaine de bus de campagne du RN ne seraient certainement pas remboursés par l’État (Commission nationale des comptes de campagne). Ce fut apparemment le cas lors d’autres campagnes électorales, car selon la Commission, les bus n’entrent dans « aucune case » prévue dans le code électoral et pourraient s’apparenter à de l’affichage sauvage.

La journaliste employa alors peut-être à tort (?) le terme d’illégal pour désigner ce type d’outil de propagande.

Ce n’est pas parce qu’il n’est pas répertorié dans les outils classiques de propagande qu’il en devient illégal.

Fouillons un peu la législation et on s’apercevra vite que plusieurs entorses à la loi sont flagrantes concernant les bus de campagne du RN…

De quel type de véhicules s’agit-il ?

Si le but est essentiellement de transporter des militants vers un congrès, ou une manifestation organisés par le RN, ce bus doit être considéré comme transport en commun et est soumis à l’ article L581-15 du code de l’environnement :

La publicité sur les véhicules terrestres, sur l’eau ou dans les airs peut être réglementée, subordonnée à autorisation ou interdite, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.

Toutefois, les dispositions de l’alinéa précédent ne sont pas applicables à la publicité relative à l’activité exercée par le propriétaire ou l’usager d’un véhicule, sous réserve que ce véhicule ne soit pas utilisé ou équipé à des fins essentiellement publicitaires.

Par exemple, le bus d’une équipe de foot sert en premier au transport de l’équipe, de son personnel technique, entraineurs, soigneurs, etc. La décoration du bus au couleur de l’équipe (donc sa publicité) n’est que secondaire. Il en va de même pour les camionnettes ou autres véhicules professionnels. Donc la publicité apposée sur ces véhicules n’est pas subordonnée à autorisation.

Par contre si la fonction des bus de campagne est de véhiculer les militants RN pour aller d’un lieu de tractage à un autre -les bus ne déplaçant pas plus d’une dizaine de militant-e-s à la fois, alors qu’un mini-bus aurait suffit – il ne s’agit plus de véhicules de transport en commun, mais bien de véhicules publicitaires. D’ailleurs le choix de la taille du bus n’est pas lié à un aspect pratique (ce sont des bus d’une contenance de 50 à 60 sièges environ) , mais correspond à une volonté d’en imposer, d’être le plus visible possible…ce qui est tout à fait logique pour un outil de campagne électorale.

Il s’agit donc bien d’un véhicule publicitaire.

Que dit la loi concernant les véhicules publicitaires?

Il faut aller chercher dans le code de l’environnement, c’est lui qui gère tout ce qui est surface et autres moyens publicitaires sur l’espace public… (on peut aussi consulter Le guide pratique de la réglementation de la publicité extérieure).

Le bus de campagne est soumis à l’article R581-48 du code de l’environnement: Paragraphe 1 : Véhicules terrestres : (les parties concernées sont soulignées)

Les véhicules terrestres utilisés ou équipés aux fins essentiellement de servir de support à de la publicité ou à des préenseignes ne peuvent stationner ou séjourner en des lieux où celles-ci sont visibles d’une voie ouverte à la circulation publique.

Ils ne peuvent ni circuler en convoi de deux ou plusieurs véhicules, ni à vitesse anormalement réduite.

En outre, ils ne peuvent pas circuler dans les lieux interdits à la publicité en application des articles L. 581-4 et L. 581-8. La surface totale des publicités apposées sur chaque véhicule ne peut excéder 12 mètres carrés.

Des dérogations à ces interdictions peuvent être accordées, à titre exceptionnel, par l’autorité de police à l’occasion de manifestations particulières.

La publicité lumineuse est interdite sur les véhicules terrestres.

Donc quand un bus du RN s’arrête comme il l’a fait à Besançon boulevard Général De Gaulle vendredi passé, il est en infraction.

De plus la surface totale de la carlingue et vitrage du bus concernée par la publicité dépasse largement les 12m² , seconde infraction.

Nota : Bien sûr, le RN a pu demander une dérogation. Ce qui peut être rapide dans certaines communes mais qui est plus compliqué dans des communes plus importantes possédant un RLP (un Plan Local de Publicité), ou en zone historique concernées par un PSMV (Plans de Sauvegarde et de Mise en Valeur) comme c’est le cas pour le centre historique de Besançon. Mais les délais imposés par l’administration nous semblent incompatibles avec le tempo qu’impose une campagne électorale. Nous avons donc un fort doute sur le fait que cette demande a été faite par le RN (mais nous avons peut être tort, allez savoir!)

Concernant l’utilisation des couleurs du drapeau national et de l’affichage électoral :

Concernant l’utilisation des trois couleurs du drapeau sur le matériel électoral (tracts, affiches, programmes…), il s’agissait jusqu’à peu d’une controverse récurrente durant les périodes électorales. Mais depuis décembre 2019, un nouveau décret allège les restrictions concernant l’utilisation de ces couleurs.

Article R27 du code électoralVersion en vigueur depuis le 01 janvier 2020 – Modifié par Décret n°2019-1494 du 27 décembre 2019 – art. 1

Sont interdites, sur les affiches et circulaires ayant un but ou un caractère électoral, l’utilisation de l’emblème national ainsi que la juxtaposition des trois couleurs : bleu, blanc et rouge dès lors qu’elle est de nature à entretenir la confusion avec l’emblème national, à l’exception de la reproduction de l’emblème d’un parti ou groupement politique.

Les affiches doivent avoir une largeur maximale de 594 mm et une hauteur maximale de 841 mm.

Donc la flamme tricolore du RN est autorisée, le logo de campagne de Marine Lepen (M la France) est lui aussi autorisé, …

mais le bandeau bleu-blanc-rouge bien droit et bien large sur la partie avant du bus, de chaque coté, semble être totalement illégal : Encore une infraction.

De plus dans un esprit d’équité entre candidats, le législateur a fixé la dimension maximale du support de propagande traditionnel (l’affiche) à un format A1. La surface publicitaire (surface adhésive appelée covering, il s’agit d’un support imprimé qui est collé sur un support, comme une affiche papier) couvrant les flancs du bus semblent faire fi de cette obligation…. 4ème infraction.

Sur ces derniers points aucune dérogation n’est possible, ce qui conforte l’illégalité de ce type d’outil publicitaire lors d’une campagne électorale.

4 infractions constatées, 4 délits… étonnant pour un parti autant moralisateur que le RN !

Résumé graphique de ce qui s’est passé à Besançon Vendredi après-midi :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Conclusion

Si le RN ne dispose pas d’une autorisation de stationnement temporaire concernant un véhicule publicitaire hors norme, il est alors tout à fait autoriser (lors d’une mobilisation anti-RN par exemple) de demander au bus de campagne de « dégager ! » ou de « circuler! » quand celui-ci pointe son pare-choc dans votre ville.

Le RN ne sera jamais le bienvenu à Besançon !

Cela n’étonnera personne si on avoue que le CAB s’est un peu endormi ces derniers temps. Mais fort heureusement à Besac, des personnes savent encore s’organiser (éh oui, sans nous) pour combattre l’extrême-droite. Preuve en est l’accueil réservé au bus de campagne du Rassemblement National ce vendredi après-midi…

Comme à son habitude le RN a annoncé presque à la dernière minute (mercredi 16 février) que l’un des bus de campagne allait parcourir le département ce vendredi 18 février, de Pontarlier à Besançon avec une halte au Valdahon à mi-parcours.

Nous sommes en fin de vacances scolaires de février. Beaucoup d’étudiant-e-s font une pause et ne sont plus sur le campus. Et pour le reste des militant-e-s, on ressent dans l’atmosphère un petit esprit de vacances.

Rien ne pouvait annoncer un tel accueil pour l’un des bus de campagne de la candidate Marine Lepen.

Vendredi matin : rétrospective de l’historique local du FN/RN :

Superbe initiative… En cours de matinée les murs du centre-ville se couvrent de plusieurs affiches rappelant aux Bisontin-ne-s le passif local du parti Lepeniste:

  • Roland Gaucher, conseiller régional FN de 1992 à 1998, co-fondateur du parti en 1972 mais il fut également un ancien responsable du Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel Déat et un collaborateur zélé sous le régime de Vichy (wikipedia.org : Roland Gaucher)
  • Attentat à la bombe incendiaire contre le cinéma bisontin « Le Building », rue Proudhon, le 3 octobre 1988. L’auteur de l’attentat est un militaire de réserve, catholique intégriste et candidat local Front national qui souhaitait agir contre la projection du film « La Dernière Tentation du Christ « , film qu’il jugeait blasphématoire (wikipedia.org : Attentat du cinéma Le Building)
  • En 1996, Sophie Montel, conseillère municipale de Besançon et qui sera à la tête du FN jusqu’en 2017, avait alors justifié « l’évidente inégalité des races » en opposant « la civilisation des Pygmées à celle des Athéniens de Périclès » (wikipedia.org : Sophie Montel)
  • En 2015, Florent-Pierrick Baumer ancien candidat FN aux cantonales de 2015 est exclu du parti suite à un selfie sur lequel il porte un t-shirt néonazi (fafwatch2 : le joli t-shirt néo-nazi de Florent-Pierrick Baumer). Par la suite il fondera son propre parti néonazi : l’UNIP (fafwatch2 : UNIP, historique d’un groupuscule déjà disparu).
  • En 2014 -2015, un colleur d’affiches FN , faisant parti d’une famille connue pour ses positions d’extrême droite, installe un bar clandestin dans son garage et dans sa cave. « Le Bunker » sera le rendez-vous de tous les néonazis du coin (fafwatch2 : Le Bunker, association nazie à Besançon)
  • Fin 2021, Théo Giacone, membre du bureau et militant à la Cocarde Étudiante, se prend en selfie et dévoile malencontreusement ses amitiés néonazies avec les «Vandal Besak» (fafwatch2.noblogs : le selfie de trop…).
  • Janvier 2022, Quentin le Derout, responsable-adjoint de la branche jeunesse jusqu’à l’été 2021 (Génération Nation 25) candidat RN lors des dernières départementales, condamné alors qu’il n’avait que 23 ans pour détention d’armes et violences conjugales, sera jugé le 25 mai prochain après avoir reconnu la dégradation de quatre mosquées dans le Doubs en 2021 (cabesancon : un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées).

Baumer, Giacone et Le Derout ont été exclus du RN quand leurs dérives ont été trop médiatisées. Mais ce n’est pas le cas des leaders tels Sophie Montel ou Roland Gaucher dont les positions hiérarchiques leurs ont évité ce genre de sanction. Tout comme Julien Odoul qui en juin 2021 ironise sur le suicide d’un agriculteur en demandant à d’autres militants RN présents « Est-ce que la corde est française ? ».(Est Républicain.fr : est-ce que la corde est française ?…)

Les comportements des responsables locaux, actuels et passés, reflètent pleinement les thèses de ce mouvement : fanatisme national, destruction des acquis sociaux, haine et rejet de l’autre. Comme toutes les idéologies et formations issues de l’extrême-droite, le Rassemblement National demeure un ennemi de nos intérêts et de nos luttes d’émancipation et de progrès.

Vendredi après-midi : accueil du bus

Bien avant l’arrivée du bus venant de Pontarlier, un petit groupe d’une vingtaine de personnes est déjà présent parking Chamars pour accueillir comme il se doit le bus de propagande du RN.

Évidement les policiers sont également présents en nombre, le commissariat se trouvant presque sur le même trottoir. On peut tout de même déplorer que pour un aussi court trajet, ils ont cru bon de se déplacer en véhicules de service.

16h30 environ, ce sont plus de trente personnes qui sont là pour huer à la descente du bus, Julien Odoul responsable régional du RN et les quelques militant-e-s qui l’ont accompagné depuis Pontarlier.

Parmi les protestataires mobilisé-e-s, étaient présent-e-s beaucoup de jeunes, des militant-e-s politiques (Parti Communiste Français, La France Insoumise, des anarchistes), des militant-e-s syndicalistes, mais également des figures connues des Gilets Jaunes. Toutes et tous regroupées derrière une banderole « Zemmour, Le Pen, Macron… hors de nos vies, hors de nos rues, hors de nos esprits »

Bien sûr comme à leur habitude, certains policiers ont provoqué les militants et surtout les militantes anti-RN.

Malgré ces intimidations le cordon de militant-e-s anti-RN doublé par le cordon de policiers qui entouraient le bus et la dizaine de militant-e-s du Rassemblement National, a été assez dissuasif pour que la rencontre souhaitée par le RN avec « son » public ne puisse pas avoir lieu.

Bref, à Besançon, l’opération de communication du RN a été un FLOP.

Suite à cette mobilisation anti-RN, au-dessous des articles parus sur les réseaux sociaux de la presse locale, on a pu lire les commentaires habituels critiquant les « gauchistes… » et leur « fameux non-respect » de la liberté d’expression. Pourtant c’est bien cette liberté d’expression qui fut au centre de cette mobilisation. Des militant-e-s antifascistes ont depuis le matin rappelé à toutes et tous ce qu’est réellement le RN/FN, notamment en remuant la merde frontiste grâce aux affiches citées plus haut.

Alors? Qui sont réellement les censeurs? Celleux qui nous rappellent la vérité? Où ceux (le RN et leurs amis) qui souhaiteraient bien que certains faits restent bien cachés sous le tapis?

Et même si cette mobilisation n’a regroupé qu’une trentaine de personnes (ce qui n’est pas mal pour un vendredi après-midi en période de vacances)… BRAVO et MERCI pour cette action salutaire !

Racistes, sexistes, antisémites, anti-LGBTQIAP+, putophobes, islamophobes, anti-tsiganes, validistes et prêcheurs de haine de tous genres ne seront jamais les bienvenus à Besac.

Un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées.

Article paru initialement sur Dijoncter.info : [Franche-Comté] Un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées

Fin novembre dernier, plusieurs lieux de cultes musulmans avaient été dégradés par des graffiti de croix de Lorraine. L’auteur des tags a été récemment identifié, il s’agit d’un ancien responsable-adjoint de l’organisation de jeunesse du RN et candidat aux dernières départementales. Un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé a son domicile.

21 novembre 2021 – Besançon – Des croix de Lorraine taguées sur deux mosquées (lire l’article sur Dijoncter.info ici)

Semaine difficile pour le Rassemblement National du Doubs. Après la sortie d’un dossier mettant en cause un membre de son bureau pour ses proximités néonazies, le parquet a confirmé l’identité du profanateur de trois mosquées. Il s’agit de Quentin le Derout, ancien responsable-adjoint de l’organisation de jeunesse et candidat aux dernières départementales. Déjà condamné pour violences conjugales et détention illégale d’armes, un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé à son domicile. Il a reconnu les faits, et sera jugé le mercredi 9 février à 14h00 au TGI de Besançon.

Profanations, Mein Kampf et violences conjugales.

Lundi nous révélions les proximités affichées entre un cadre du parti, Théo Giacone, et la mouvance néonazie, les « Vandals Besak » [voir ici]. Hier jeudi, c’est le Procureur de la République Étienne Manteaux qui enfonçait le clou : le magistrat a annoncé qu’un suspect a été arrêté dans l’affaire des mosquées profanées [voir ici]. Entre le 6 et le 20 novembre dernier, plusieurs lieux de cultes avaient en effet été visés par des inscriptions à croix de Lorraine sur Pontarlier, Montlebon et Besançon.

L’auteur présumé a depuis été interpellé, reconnaissant immédiatement et intégralement les accusations en indiquant qu’il voulait par ces actes « signifier que la France appartient aux Français. » Lors d’une perquisition menée à son domicile, un exemplaire de Mein Kampf a notamment été retrouvé… alors que l’analyse de son casier judiciaire rapporte deux condamnations pour « violences conjugales » et « détentions d’armes de catégorie D. » Un parcours bien loin du sans-faute.

Maxime Callois (premier plan) ; Jacques Ricciardetti et Géraldine Grangier (second plan) ; Quentin le Derout (troisième plan).

Un ancien cadre du Rassemblement National.

Cet individu se nomme Quentin le Derout. Âgé de vingt-trois ans, salarié en Suisse, il fut aussi un lieutenant local du RN. Il avait ainsi été nommé « responsable-adjoint » du groupe de jeunesse « Génération-Nation » le 30 mai 2021, puis désigné candidat aux élections départementales des 20 et 27 juin 2021 pour le canton de Pontarlier. Plusieurs clichés le montrent avec Jacques Ricciardetti, Julien Oudoul, Géraldine Grangier, Maxime Callois, ou encore Théo Giacone.

Le jeune nationaliste aurait toutefois depuis quitté le parti Lepeniste, qu’il juge « trop laxiste. » Une radicalisation fulgurante, établie en seulement quelques mois. Il vient d’être mis en examen pour « destruction, dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui » (322-1 CP) avec la circonstance aggravante « de l’appartenance […] à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » (322-2 CP), et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès.

À propos de la section bisontine de la Cocarde Étudiante.

Nota : Cet article aurait du être publié en octobre 2021, mais il a été plusieurs fois remanié au fil de l’actualité. Et des mises à jours ou des corrections lui seront certainement apportées dans l’avenir.

Faisons un petit bond dans le passé…Début de matinée mouvementée pour quelques camarades ce jeudi 9 septembre… en partant au boulot, iels remarquent que durant la nuit des dizaines d’affiches et des centaines de stickers au couleurs Bleu-Blanc-Rouge signés « La Cocarde Étudiante » ont recouvert les murs du centre ville. Iels seront donc en retard à leur travail car iels prennent soin de nettoyer leurs rues et leurs quartiers. Évidement tout ne sera pas nettoyé en une seule matinée, plus tard dans l’après-midi d’autres camarades se chargeront de débusquer les stickers oubliés (des stickers de très bonne qualité qui ne se déchirent pas en plusieurs morceaux quand on les décolle… un vrai plaisir.)

Mais au moment où les militants cocardiens postent sur twitter (jeudi soir) les photos de leur collage nocturne, le centre ville de Besak a déjà tout oublié de leur passage.

Ce fut donc, au matin du 9 septembre que nous apprenions la création d’une section de la Cocarde Étudiante Bourgogne-Franche-Comté.

Qu’est ce que la Cocarde ?

Syndicat étudiant, la Cocarde Etudiante a été créée par des étudiants issus de la Droite Populaire (courant proche de l’UMP, puis du Front National). La Cocarde souhaitait rassembler les différents courants souverainistes au sein de l’université tout en refusant l’étiquette d’extrême droite.

Mais les conférences qu’elle organise en invitant des personnages tel que Jordan Bardella, Marion Maréchal, Jean-Frédéric Poisson, Alain de Benoist et Jean-Yves Le Gallou, démontrent rapidement son orientation affirmée vers une extrême droite plus radicale. De plus la Cocarde ne cache pas ses liens avec l’Action Française ou Génération Identitaire, puisque certains membres y sont/étaient également militants.

Tout comme l’UNI (autre syndicat étudiant proche de LR), La Cocarde Étudiante se positionne contre les blocages de facultés en allant jusqu’à la confrontation physique avec les militants adverses (UNEF, Solidaires Etudiant-e-s). La Cocarde milite pour la sélection à l’entrée à l’université en remettant en cause l’égalitarisme républicain. Elle met en opposition étrangers et « nationaux ». Elle souhaite en finir avec le « gauchisme culturel » dans les facultés, le « péril migratoire » et le « changement de peuple », termes qui renvoient à la théorie du « grand remplacement » très en vogue à l’extrême droite. Elle affirme également lutter contre « l’islamo-gauchisme », le « wokisme » et la « Cancel Culture ». On aperçoit aussi certains de ces militants auprès de ceux de la Manif-Pour-Tous lors des rassemblements anti-PMA/GPA.

Collage à Belfort contre l’ « islamo-gauchisme »

Créée en mai de cette année, à partir d’un noyau d’étudiants basés sur Belfort, la Cocarde Franche-Comté, comprend depuis septembre sa section bisontine. À la manœuvre, on retrouve deux membres notoires issus du Rassemblement National local, et de Génération Nation (la nouvelle formule des FNJ) : Théo. G et Jean-Baptiste B. Tous deux étaient sur les listes présentées par le RN lors des derniers scrutins municipaux, départementaux, et régionaux.

Afin d’exister, la petite organisation a misé sur la communication basique d’un groupe dont les militant-e-s sont issu-e-s du RN : un compte Twitter et une page Facebook (déjà existante et liée à l’origine à la section de Belfort) qui seront alimentés par l’actualité du parti à défaut d’actions locales régulières, et quelques collages au centre-ville de Besançon (qui ne tiendront pas une journée).

Manœuvre électoraliste ?

Lors d’une première mouture de cet article début novembre, nous avions cru à une manœuvre électoraliste du RN. Puisque plus de 80% des jeunes (18-30 ans) ne se sont pas rendus aux urnes lors des dernières élections de 2020 et 2021 (ifop : abstention aux-régionales, manifestation spectaculaire de la crise de foi républicaine), et alors que les présidentielles approchent, la mise en place d’une section bisontine de la Cocarde par des étudiant-e-s encarté-e-s au Rassemblement National nous apparaissait comme une manœuvre du parti lepeniste pour essayer de séduire les primo-électeurs que sont les étudiant-e-s.

Avions nous tort de le penser ?

De prime abord, on pourrait le croire, car au moment où nous allions publier nous constatons que tout comme au niveau national, il y a au niveau local quelques bouleversements qui ébrèchent notre vision monolithique de la Cocarde bisontine. Et ce bouleversement s’appelle Zemmour…

Jean Baptiste B. qui était militant à Génération Nation (les jeunes du Rassemblement National) rejoint durant l’automne le camp Zémmourien (zémmouriste?!). Et il se peut qu’il ne soit pas le seul à faire défection dans le camp mariniste.

La section franc-comtoise de la Cocarde Étudiante ressemble donc à toutes les autres sections, elle rassemble des militant-e-s des différentes familles et partis de l’extrême droite…

Syndicat œcuménique ?

Cet automne, la lecture de la page twitter de la Cocarde Étudiante Bourgogne Franche-Comté (tout comme celle de la Cocarde parisienne) rendait compte de cet œcuménisme extrême-droitard. Des twits provenant des membres du RN se mélangeaient à ceux venant de Philippot ou de Debout La France, auxquels il faut désormais ajouter ceux de Zemmour, ainsi que ceux provenant d’anciens du FN mais toujours bien présents dans la fachosphère comme Marion Maréchal, Jean Messiha, ou Julien Rochedy.

Mais pour une association qui se réclame d’un syndicalisme étudiant, on y lit très peu d’articles concernant les étudiant-e-s, leurs problèmes, ou la vie universitaire en général… Par contre l’accent est mis sur les leitmotivs habituels de l’extrême-droite : sécurité, immigration et perte des valeurs civilisationnelles.

À la veille d’élections présidentielles, créer un groupe accueillant des personnes militant dans des organisations politiques qui refusent officiellement tout accord électoral entre elles (RN, les Patriotes et Zemmour) cela ne relève-t’il pas de la gageure?

C’est ce que laisserait supposer la suppression début décembre de la page twitter de la Cocarde Étudiante Bourgogne Franche-Comté (cocarde_bfc) et son remplacement par une page twitter Cocarde Franche-Comté (cocarde_fc) qui ressemble à la première page twitter mais purgée de tous les twits non-issus du RN ou de ses sympathisants.

Nous n’avions donc pas totalement tort concernant l’influence des militant-e-s RN sur ce syndicat.

Donc en ce début d’année, les militant-e-s RN ont, semble-t-il, repris le dessus dans la gestion de la section locale de la Cocarde. Ce qui reconfirmerait alors ce que l’on craignait en septembre : que le RN pourrait utiliser ce syndicat pour séduire les primo-électeurs que sont les étudiant-e-s durant les campagnes électorales à venir en diffusant sur les campus universitaire sa propagande nationaliste.

Et les élections universitaires ?

Évidement les élections universitaires sont dans la ligne de mire de n’importe quelle organisation étudiante. Mais le peu d’étudiant-e-s votants lors de ces élections handicape les syndicats peu connus et les nouvelles formations, laissant la FAGE et l’UNEF toujours sur le podium.

Présents dans plus d’une dizaine d’université, la Cocarde n’a pu présenter de listes qu’à Paris et à Lyon. Concernant l’Université Bourgogne Franche-Comté, la Cocarde n’a heureusement pas su (ou n’a pas voulu…?) mobiliser assez de militants pour déposer une liste (élections de décembre 2021). Et il ne fallait surtout pas compter sur la section dijonnaise qui malgré un effectif conséquent en 2020-2021, est aux abonnés absents depuis l’été 2021 (leur page Facebook et le compte Twitter ne sont plus alimentés.)

La Cocarde Bourgogne Franche-Comté c’est Besançon, Belfort et … Dijon

Localement (Besançon) le tapage ne semble pas porter ses fruits, malgré le soutien de Jacques Ricciardetti (le leader bisontin du RN et conseiller régional auprès de Julien Odoul). Les rares autres bras engagés (4 ou 5 personnes) sont, pour l’instant, tous issus du mouvement Lepeniste, et sont disséminés sur la région. Le recrutement de nouveaux militants semble être très laborieux, et la Cocarde Besançon semble stagner en effectif. Seule la section de Dijon, plus ancienne, était arrivée à faire modestement ses preuves, en étant ancrée depuis janvier 2020. Mais comme nous l’avons écrit à peine plus haut, et même si on a vu des militants dijonnais présents au meeting de Zemmour à Villepinte, on ne sait si la Cocarde Dijon est encore active.

Néanmoins, il est bon de rappeler que dans la capitale des Ducs, la Cocarde a entretenu avec d’autres groupes radicaux des liaisons dangereuses pas si étonnantes que cela :…

La Cocarde : Du RN aux néonazis

– Le 10 octobre 2020 lors d’une manifestation anti-PMA-GPA organisée par la Manif-Pour-Tous, on retrouve les militants de la Cocarde Dijon auprès des groupuscules néonazis Vandals Besak et Bourgogne Nationaliste. Plus tard dans la journée ils poseront ensemble pour une photo qui sera publiée sur la page Telegram de Ouest Casual.

10 octobre 2020 – Dijon : Les militants de la Cocarde Dijon avec un membre de Bourgogne Nationaliste à gauche
10 octobre 2020 – Dijon : Les militants de la Cocarde Dijon reconnaissables grâce aux stickers, et aux vêtements qu’ils portaient sur la photo précédente avec les membres de Bourgogne Nationaliste et des néonazis Bisontins Vandals Besak (VDL BSK)

– le 31 janvier 2021, également pour une manifestation anti-PMA-GPA, on retrouve Alexandre Hinger, le responsable de la Cocarde Dijonnaise, auprès de Benjamin Lematte, ancien du Front National, puis du PDF et désormais leader du groupuscule néonazi Bourgogne Nationaliste. Peu avant cette photo, Benjamin Lematte et ses sbires de Bourgogne Nationaliste aidés par les Vandal Besak ont agressé les militantes féministes du collectif 25 Novembre ( voir article du CAB à ce sujet).

31 janvier 2021 – Dijon – Les militants de la Cocarde posent avec Benjamin Lematte (en veste Lonsdale)

Mais cette relation entre Cocarde Étudiante et groupuscules néonazis violents est elle surprenante ?… Pas vraiment quand on regarde ce qui c’est déjà produit dans d’autres régions.

En effet, il se trouve que la Cocarde Étudiante est également connue à l’échelle nationale pour ses actions coups de poings en connivence avec des ultranationalistes, néonazis, identitaires, ou royalistes :

Il reste à savoir si de tels liens existent également localement entre la Cocarde Besançon et des groupes radicaux violents, même s’il semblerait que la violence est dans les gênes de ce syndicat, ou si l’organisation étudiante n’est qu’un outil de propagande du RN visant les étudiant-e-s en périodes électorales et que la création d’une section bisontine ne relève pas davantage du marche-pied électoraliste et médiatique que d’une véritable volonté d’implantation.

A quelques mois des élections présidentielles, entre tags racistes et homophobes, stickers de groupuscules d’extrême-droite violents, tentatives néonazies d’infiltrations dans les rassemblements contre le passe-sanitaire, les différents mouvements d’extrême-droite se font de plus en plus visibles à Besançon (voir article de France 3 région Bourgogne Franche-Comté).

Les loups sortent du bois, et la Cocarde Étudiante est un groupe parmi d’autres. A nous de rester vigilant-e-s.

En cette nouvelle année qui commence, nous souhaitons à la Cocarde Franche-Comté une prompte disparition, et un oubli rapide.

PS : Némésis Besançon

En parallèle à la création de la Cocarde Franc-Comtoise, est apparue une section locale du collectif Némésis, le groupe féministe d’extrême-droite (voir ici, et encore ) qui voit en chaque immigré un violeur ou un assassin potentiel. Pour l’instant, les deux militantes bisontines ne peuvent se vanter que de 3 stickers sur des gouttières…

Le buste d’Henriette de Crans vandalisé: Une violence faite à toutes les femmes !

Henriette de Crans fut la première femme condamnée pour sorcellerie et à avoir été brulée vive à Besançon. S’en est suivit jusqu’au XVIIIe siècle une vague de persécutions fortement misogynes.

Afin de se remémorer toutes les formes de violences sexuelles et sexistes et la nécessité de continuer à se dresser contre, une statue à l’image de Henriette de Crans a été érigé dans le parc Chamars, parc où avait été dressé le bûcher. C’est lors de la manifestation contre les violences faites aux femmes que son buste a été inauguré le 20 novembre dernier par la maire de Besançon (article France 3 Régions : Brulée vive pour sorcellerie Henriette de Crans aura sa statue à Besançon).

Dans la nuit de lundi à mardi (29 et 30 novembre), cette statue a été vandalisée. Son visage a été recouvert de peinture orange. Plusieurs croix gammées ont également été retrouvées gravées dans l’écorce des arbres à proximité de la statue.

La ville de Besançon a déposé plainte. Et lors de la conférence de presse organisée sur le parvis du commissariat ce mardi à 14h00, la maire de Besançon nous a apprit que d’autres croix gammées avaient déjà été inscrites sur le socle au moment de l’installation de la statue, et que d’autres avaient été gravées sur des arbres situés le long de la promenade Chamars.

Est-il étonnant de voir des fascistes vandaliser une statue, alors que condamnant « wokisme » ou « cancel culture », ils poussent des cris d’orfraies quand il s’agit de déboulonner la statue d’un esclavagiste? Est-il encore étonnant de les voir vandaliser la statue d’une femme condamnée au bûcher, alors qu’ils idolâtrent Jeanne d’Arc? De plus ces actes ne sont pas sans rappeler les graffitis faits sur les passages piétons arc-en-ciel au début de cet été (article MaCommune.info : Plainte d’Anne Vignot après la découverte d’une croix gammée sur le passage piéton arc-en-ciel LGBTQI+) et dont les auteurs n’ont toujours pas été identifiés.

Il n’y a malheureusement rien d’étonnant dans ces actes pitoyables. Les nervis extrêmes-droites (qu’ils soient issus du RN, des groupuscules néo-nazis ou représentants les petits caporaux défenseurs de l’identité nationale) démontrent une énième fois qu’ils ne seront jamais du côté des victimes et des luttes visant à l’égalité et à l’émancipation.

Car si le martyr d’Henriette de Crans fait écho à toutes les violences faites aux femmes à travers les siècles, vandaliser sa statue ne consiste pas simplement à vouloir nier cette violence, au contraire cette dégradation sexiste permet à ses auteurs d’assumer et de revendiquer ce droit à la violence traduisant ainsi leur vision archaïque car hiérarchique et patriarcale de la société, ce qui est intolérable.

Mais depuis plusieurs années, et surtout depuis les mouvements « Me Too » ou « Balance Ton Porc » en passant par le rapport Sauvé, c’est le masculinisme et le patriarcat qui vacillent sur leur piédestal millénaire. Et ce n’est pas un peu de peinture ou les éructations sexistes de nabots politiciens qui les sauveront. La lutte pour l’égalité et l’émancipation continue, et c’est en restant combatives, combatifs et solidaires que nous la mènerons à son terme inéluctable.

Les islamo-nationalistes de la diaspora turque s’organisent en Franche-Comté

Notre camarade Toufik de Planoise publie via KawaTV, le site d’informations en ligne sur lequel il officie désormais, une enquête très fouillée à propos des nationalistes turcs en Franche-Comté : Les islamo-nationalistes de la diaspora turque s’organisent en Franche-Comté

 » Derrière des apparences communautaires, religieuses, ou sportives, certaines associations vouées à l’épanouissement des ressortissants et descendants turcs de Franche-Comté développent en parallèle un contenu fortement politique. AKP, MHP, et Loups Gris, trois organisations islamo-nationalistes majeures en Anatolie, forment également un panorama idéologique inévitable au niveau local. Avec, comme programme assumé, le mélange d’une vision rigoriste de l’islam et d’un nationalisme radical. Mais de cette réalité, rien ne filtre ou presque à l’extérieur. À tel point que candidats, élus et représentants, dont la maire Anne Vignot, se sont retrouvés à poser en marge de ces cercles. Le potentiel de tensions et d’exactions, notamment à l’encontre des populations kurdes et arméniennes, s’est pourtant avéré ces dernières années. Enquête.

La suite est à lire sur Kawa-TV-info :

  • Une association au-dessus de tous soupçons.
  • L’humanitaire, cache-sexe politique ?
  • Un maillage tentaculaire.
  • Concurrents et alliés.
  • Un potentiel de tension avéré.
  • Un spectre qui hante toute l’Europe.

Militants turcs du MHP et des Loups Gris devant le bâtiment abritant L’Amicale Franco-Turque de Besançon.
Durant une distribution alimentaire en avril dernier sur le site universitaire de la Bouloie, plusieurs bénévoles n’ont pas hésité à poser derrière un drapeau turc géant et certains en exécutant le signe du « bozkurt »
Couturières de l’Association-Franco-Turque du pays de Montbéliard fabriquant des blouses et des masques en tissu durant la pandémie de covid-19, dans leur local décoré avec les symboles du MHP et des Loups Gris – photo Est Républicain

Prévu à la Maison du Peuple, le meeting RN en est finalement refoulé

(source : article publié sur Dijoncter.info)

Le Rassemblement National (RN) venait d’annoncer la tenue d’un « apéritif-débat », prévu ce dimanche 21 novembre à Besançon. Visiblement téméraire, la formation d’extrême-droite n’avait pas hésité à afficher le site où devait se tenir cette date : la Maison du Peuple. Une donnée qui a immédiatement suscité une levée de boucliers, et des velléités de contre-rassemblement. Car outre des thèses réactionnaires, le parti Lepéniste assume ses positions jugées contraires à l’intérêt des travailleurs. La polémique émergeant, l’UD-CGT du Doubs vient d’indiquer que les organisateurs ont finalement été refoulés des lieux.

Ces derniers jours, l’information s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Deux cadres nationaux du RN ont récemment annoncé la tenue d’un meeting à Besançon, escompté le dimanche 21 novembre prochain à 11h00 sur Battant. Si la concordance avec la messe traditionaliste de la Madeleine sautait déjà aux yeux selon certains, c’est surtout la précision du lieu qui a alors soulevé indignation et colère. C’est en effet la salle Octave David qui avait été premièrement choisie, au cœur de la Maison du Peuple en partie gérée par la Municipalité. Pour beaucoup, une véritable provocation.

Il faut dire que le casting laisse songeur. Laurent Jacobelli est porte-parole du RN, après être passé par TF1 et Debout la France. Préférence nationale, thèse du « changement de population », ensauvagement de la société, durcissement de la répression, mais aussi parachutages électoraux, il cumule toutes les valeurs de sa mouvance. Quant à la députée européenne Virginie Joron, elle est connue pour ses positions hostiles à l’immigration, sa défense de Bachar el-Assad et de Narendra Modi, et ses nombreuses fakes-news en particulier depuis la crise sanitaire dont elle qualifie la pandémie de « virus artificiel. »

Cette semaine, les réactions se sont enchaînées dans le milieu comtois. En apprenant la nouvelle, collectifs, organisations politiques, sections syndicales, et militant·es de tous bords, ont spontanément posés les jalons d’un front unitaire antifasciste. Si les appels n’étaient donc pas formalisés, l’issue semblait toutefois déjà clairement tranchée : pas d’arrangement possible avec ce mouvement, dont le racisme et la haine des travailleurs n’est plus à prouver. Alors que la venue d’Éric Zemmour a dû être annulée à Dijon, l’opposition entendait naturellement faire tâche d’huile dans la ville de Proudhon et de LIP.

Mais c’était sans compter sur l’UD-CGT du Doubs, qui mise devant le fait accompli n’a pas mâché sa réponse : « Nous n’acceptons pas que nos lieux, chargés d’histoire sociale et fondés par des travailleurs qui étaient pour certains des réfugiés politiques issus de l’immigration, soient la tribune d’idées nauséabondes. » Une controverse naissante qui aura suffit à faire basculer la situation, apprenant dans la foulée que le RN n’aurait plus accès à la Maison du Peuple. Selon nos informations l’apéritif-débat d’extrême-droite est en revanche maintenu, trouvant refuge salle de la Malcombe à Planoise… pour l’instant.

A Besançon, à Dijon et ailleurs : le réveil de la peste brune.

Fin janvier 2020, quelques semaines avant le confinement lié à l’état d’urgence sanitaire, notre collectif dans un communiqué mettait déjà en garde contre la recrudescence de violences provenant d’un petit noyau de néo-nazis sur Besançon.

Le confinement et (surtout) la fermeture des bars et de leurs terrasses nous avaient permis d’avoir une courte trêve. Mais tout a une fin (même si on espérait qu’elle ne vienne que le plus tard possible)…

Cette trêve a pris fin ce week-end : le 31 janvier, à Dijon le Collectif 25 Novembre, un collectif féministe et pour les droits LGBTQIA+ a été attaqué par une quinzaine de fachos dont certains venant de Besançon (voir l’article de Dijoncter, et la vidéo sur la page FB du collectif 25 Novembre). Puis lundi 1er février au soir, un entrepreneur d’origine nord-africaine a été sauvagement agressé du fait de ses origines par un jeune néo-nazi de Besançon. (article de Radio-Bip). Les individus constituant le groupe de Dijon, ainsi que l’agresseur de lundi appartiennent tous au petit groupe que le CAB pointait du doigt l’année passée dans son communiqué.

Que c’est il passé depuis un an?

Évidement, rien à signaler pendant le confinement, par contre dès le début de l’été et le retour éphémère des terrasses de bars, « nos fachos locaux » ont été de sortie.

Ils se sont même donné un nom. Un nom qui permettra surtout de se distinguer auprès des autres groupes français et étrangers. Ils se baptisent les Vandal Besak qu’ils abrègent en VDL BSK.

Ils se sont même payés le « luxe » d’une bâche qu’ils ont pu déployée un samedi après-midi place du 8 septembre à Besançon. Et en juillet, aidés par les graffeurs fascistes de « la Cagoule », ils recouvrent un mur de la Rodia d’une fresque qui pourrait sembler « régionaliste » si les « S » n’avaient pas été remplacés par des runes « sieg » (comme pour SS). Heureusement des graffeurs locaux l’ont complétement recouverte 3 jours après.

Ils ont à leur tête Sébastien Favier, le fameux « Sanglier », néo-nazi local qui regroupe autour de lui toute la faune nazie du coin depuis plus d’une dizaine d’années.

Depuis plusieurs années le petit monde néo-nazi local commence petit à petit à laisser de côté le mode vestimentaire skinhead-nazi pour se rapprocher du mode « casual »; mode vestimentaire plus passe-partout (survêtements de sport…) et rendu populaire dans le milieu du football par les supporters « ultras ».

Le rapprochement avec le monde « Hooligans » n’est pas anodin : suite à la dissolution de plusieurs groupes fascistes (Bastion Social par exemple), nombre de nazillons se sont tournés vers un milieu qu’ils fréquentaient déjà : le stade et les groupes de supporters de foot violents… les hooligans… et de préférences ceux dont les idées penchent à l’extrême droite. On peut citer les Zouaves de Paris (ils ont attaqué le cortège du NPA lors d’une manifestation Gilets Jaunes), les Strasbourg-Offenders, les MesOs de Reims, etc

Le petit groupe de Besançon avec sa bâche, semble être un énième groupe faisant parti d’une nouvelle nébuleuse d’extrême droite. Beaucoup moins porteurs d’un message politique (comme les Identitaires, ou des groupes plus anciens comme le Front Comtois) ces groupes misent tout sur le « fight », le combat de rue, le poing dans la gueule… la violence.

Dans de nombreuses villes de France et en Europe, chaque manifestation ou contre-manifestation organisées par la « gauche » au sens très large du terme deviennent une cible, un prétexte à taper dans le tas. N’importe quel-le militant-e devient alors un « antifa » à qui il faut casser la gueule. Et si à une époque pas si lointaine le faf ne portait pas la main sur « le sexe faible » (galanterie viriliste oblige), cette époque est désormais révolue.

Alors en nombre, ils s’attaquent à des petits groupes isolés plus faible en nombre ou en muscle. Ils chassent après les manifs, quelques fois avant (comme à Dijon le week-end dernier).

Ils visent généralement les collectifs féministes, LGBTQ+, les syndicats étudiants, et les groupes antifa s’ils ne sont pas trop nombreu-x-ses, les librairies anarchistes, les locaux syndicaux quand ils sont vides… En plus de distribuer des coups, ils cherchent à voler drapeaux ou banderoles. Trophées avec lesquels ils se prendront en photos et posteront les photos sur le site Telegram « Ouest Casual »

Ouest Casual qu’est ce c’est?

« Ouest Casual », c’est un énorme « concours de bites » entre groupes néonazis à travers le monde mais surtout en France. Animé par les Zouaves Paris, plusieurs groupes y exposent, leurs muscles, leurs jolis drapeaux à croix gammée, leurs exploits guerriers, les trophées gagnés, poussant les autres à les imiter toujours dans la surenchère viriliste.

Le musée de la crasse brune : https://t.me/s/ouestcasual

Mais c’est également un moyen de rester en contact entre groupes et de se coordonner sur certain évènement: comme pour le week-end du 30 et 31 janvier en marge des manifestations anti GPA-PMA.

La preuve en image :

Angers : l’extrême droite était bien présente en marge de la « Manif pour tous ». Une vingtaine de néo-nazis sont sortis avec des armes de leur local, l’Alvarium, au cœur de la ville. Des projectiles ont été lancés par les fascistes, et la police a généreusement gazé les antifascistes. Il y a trois semaines, deux lesbiennes étaient agressées par des homophobes. Un acte d’extrême droite parmi d’autres dans cette ville.
Bordeaux : rassemblement de Bordeaux Nationaliste
Nîmes : une vidéo montre une bande de néo-nazis charger en direction d’un groupe d’opposants en criant « Europe, jeunesse, révolution ».
Rennes : une trentaine de militants pétainistes de l’Action Française avaient fait le déplacement pour la Manif pour tous, et ont pris la pose pour les réseaux sociaux. Ils ont été empêchés de nuire par la forte mobilisation antifasciste, et sont restés derrière les cordons policiers.
Nice : un groupe néo-nazi baptisé « zoulou Nice » a revendiqué l’attaque de militants antifascistes à qui ils ont arraché des drapeaux.
Dijon : Dijon Nationaliste et Vandal Besak après la « manif pour tous » à laquelle ils ont participé après avoir agressé les militant-e-s du collectif 25 Novembre.
Lille : rassemblement d’un groupe dénommé Lille United
Lyon : dans cette capitale de l’extrême droite, un cortège néo-nazi extrêmement violent a attaqué un groupe de manifestant.e.s LGBT et féministes, avec des coups de ceinture, de bâtons et de tournevis, et volé des drapeaux arc en ciel. Une étudiante témoignaient : « Certains étaient armés de bâtons. J’ai même vu des armes blanches… »
Strasbourg : rassemblement d’un groupe dénommé Strasbourg Nationaliste

Ce sont presque 200 extrémistes néonazis qui se sont coordonnés pour mener des actions lors de ce week-end.

Ce fait est assez rare, et nous pensons même que c’est une première à l’échelle nationale, pour être souligné et s’en inquiéter.

Ils n’ont aucun message politique à faire passer, ce n’est pas leur but. Car leurs idées, cela fait des années que d’autres se chargent d’en faire la propagande dans les médias (internet, radio ou télévision): de Soral à Zemmour, en passant par Lepen et De Benoist. Les discours identitaires, et sécuritaires développés à l’extrême droite ont été repris petit à petit par les partis soi-disant démocrates et républicains.

Nos crânes rasés aux bras tendus n’ont plus besoin d’être de fin rhétoriciens (ouf pour les deux neurones qu’ils leur restent). Leur mission, en voulant nous chasser de l’espace public, est de faire taire tout discours, toute action, qui vont contre l’esprit réactionnaire qui gagne du terrain.

Agression du Collectif 25 Novembre par les Dijon Nationaliste et Vandal Besak – Dijon 31-01-2021

Depuis des années, tous les grands mouvements sociaux ont été durement réprimés. Gazages, matraquages, débordement de violences policières… tout est fait pour que l’on ait la boule au ventre avant d’aller en manif, avant d’aller réclamer nos droits et exercer notre liberté.

Avoir peur de réclamer plus de plus de liberté, plus d’égalité, plus de solidarité… voilà ce que nous enseigne les forces de l’ordre à chaque coup de matraques, à chaque grenade assourdissante.

Vous aviez peur pendant la manif, peur d’un dérapage?… maintenant grâce à nos nazillons vous aurez peur avant et après. Voilà ce que souhaitent ces milices fascistes : nous faire taire définitivement.

Ils gueulent ACAB (All Cops Are Bastards), se disent anti-flics; mais ce sont en fait leurs supplétifs .

A propos de Philippe Tribout.

L’agression dont a été la victime Khaled Cid le soir du lundi 1er février, n’est pas un simple fait divers comme tant d’autres, d’ailleurs on n’a pas entendu les élus du RN sur cette affaire. Cet acte raciste a été commis par un militant néonazi de longue date qui n’a eu que la violence comme moyen d’expression. Il a été militant au Front Comtois, puis s’est engagé en Ukraine dans les rangs du bataillon néonazi Azov, puis de retour en France, il a milité au sein de l’organisation Misanthropic Division qui est l’organe de propagande et de recrutement du Bataillon Azov. Lors des Gilets Jaunes, il est à Paris, Place de l’Étoile, lors de la manifestation qui a vu le saccage de l’Arc de Triomphe. Il a été condamné pour avoir frapper sa copine. Il rejoint également les hooligans parisiens pour faire le coup de poing.

Philippe Tribout lors de son séjour en Ukraine dans le Bataillon Néonazi Azov, et militant avec la Misanthropic Division

Malheureusement, cette agression est loin de nous étonner, nous savions que tôt ou tard cela allait se passer. Nous pensons même que cela a déjà du se produire, que cette personne a déjà agressé d’autres personnes peut-être moins violemment et que ces dernières n’ont pas osé porter plaintes.

Nous ne savons pas si Philippe Tribout fait partie des Vandal Besak. Ce que nous savons c »est qu’ils se connaissent et ont évolué sur le même terreau de haine.

Qu’elles soient seules ou organisées en groupe, il s’agit de personnes extrêmement violentes, et qui ne souhaitent que s’exprimer par la violence.

Il est donc important, nous le répétons, que nous réactivions nos réflexes de sécurité : pour les collages et tractages, restez groupés; en manifestation, avant et après, ouvrez l’œil, et ne repartez pas seul-e; pour les conférences, débats, concerts, etc. Restez vigilant-e-s, et faites bloc. Enfin, si malheureusement une agression devait à nouveau se produire, ne restez pas silencieux-se.

Et surtout faites circuler les informations, communiquez au maximum, et contactez-nous au besoin.

Contre le fascisme, soyons solidaires !