Communiqué du Collectif Antifasciste de Besançon

31 janvier 2020

 

En ces temps de mouvements sociaux intenses, et à l’approche des élections, ils nous paraît important de rappeler à tou-te-s les militants politiques et associatifs que la violence d’extrême droite continue à s’exercer, notamment pour museler la parole militante, humaniste et inclusive.

Ainsi, sur un plan national, des agressions ont eu lieu encore très récemment : en décembre, à Strasbourg, des étudiants militant contre le projet de réforme des retraites du gouvernement ont été attaqués par des individus se réclamant d’organisations d’extrême droite (en l’occurrence, la Cocarde Etudiante et l’Action Française) ; en décembre également, un rassemblement de fascistes venant de plusieurs villes a écumé pendant plusieurs heures le centre-ville du Mans, attaquant les bars connus comme rassemblant une clientèle de gauche ; et la semaine dernière, c’est à nouveau des étudiant-e-s militant contre la réforme des retraites qui se sont vus attaqués par des groupes d’extrême-droite, violents et armés. Ce ne sont que quelques-uns des exemples les plus récents.

Sur un plan plus local, de nombreux témoignages font état d’une recrudescence des rassemblements d’un petit groupe de néo-nazis bien connus sur Besançon. Une agression s’est déjà produite, ainsi qu’une altercation en terrasse d’un café de Rivotte. Il s’agit d’un groupe restreint, mais qui se compose de personnes violentes et déterminées ; et le fait même qu’ils recommencent à se rassembler régulièrement au centre-ville nous laisse penser qu’ils ne s’arrêteront pas là.

(cf article de Factuel.info : http://factuel.info/article/neonazis-et-extreme-droite-retour-dans-bars-a-besancon-006224)

Il est donc important que nous réactivions nos réflexes de sécurité : pour les collages et tractages, restez groupés ; en manifestation, notamment à la fin, ouvrez l’œil, et ne repartez pas seul-e ; pour les conférences, débats, concerts, etc. Restez vigilant-e-s, et faites bloc. Enfin, si malheureusement une agression devait à nouveau se produire, ne restez pas silencieux-se. Portez plainte auprès de la police pour les mettre hors d’état de nuire.

Et surtout faites circuler les informations, communiquez au maximum, et contactez-nous au besoin.

Contre le fascisme, soyons solidaires !

 

CAB /// Collectif Antifasciste de Besançon

Débat le 25 septembre : « Le retour du fascisme dans la France contemporaine – les nouvelles origines du Front National » avec Gérard Mordillat

Dans le cadre de la rentrée libertaire 2017 : Réunion publique organisée par le Groupe Proudhon de la Fédération Anarchiste.

Lundi 25 septembre, 19h à la Librairie L’Autodidacte, 5 rue Marulaz – entrée libre

Qu’est ce que le fascisme?

Est-il d’actualité en France aujourd’hui?

Gérard Mordillat avec les éditions Démopolis ont eu l’idée utile de rééditer un des texte fondateur d’une des idéologies qui vont marquer le XXème siècle : la première édition intégrale du « Fascisme » de Benito Mussolini datée de 1932 et 1933 pour la traduction française (lien vers Démopolis). L’actualité révélant un retour de l’idéologie fasciste sous des formes nouvelles, il est toujours nécessaire d’en connaître les bases.

Gérard Mordillat avec l’aide d’Hélène Marchal met ce document en perspective dans le contexte de la montée du fascisme en France et en Europe et propose une analyse du « retour du fascisme dans la France contemporaine ».

Pour Mussolini, le fascisme est une forme de nationalisme qui exalte le rôle central de l’État. Une idéologie sociale se prétendant ni de droite ni de gauche. Contrairement au nazisme, le fascisme ne repose pas initialement sur l’antisémitisme ; cela viendra après sa conquête du pouvoir. […]

En Grèce, en Hongrie, en Autriche, en Slovaquie, en Norvège, voire aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Suisse ou en Belgique… une poignée de nostalgiques se réclame aujourd’hui du nazisme. Des partis néonazis désignés comme tels obtiennent des voix aux élections et sont représentés dans les chambres élues. Fort heureusement ce n’est pas le cas en France où le national-socialisme d’Hitler n’est pas de retour à l’assemblée nationale ni au sénat. En revanche dans le programme du Front National de Marine Lepen, à travers des formes nouvelles et dans des circonstances différentes, on peut constater un retour du fascisme de Mussolini, une sorte de postfascisme ou de néofascisme.

Qu’un parti néofasciste, même s’il refuse de se définir comme tel, soit devenu l’un des premiers partis politiques en France n’est pas anodin et ne saurait être considéré comme un simple phénomène du jeu politique ordinaire. La question est brutale : quelles forces économiques, sociales et politiques peuvent-elles engendrer un tel parti dans la France contemporaine?

 

A noter que le débat sera suivi en seconde partie de soirée, vers 21h par la projection du dernier film de Gérard Mordillat : MÉLANCOLIE OUVRIÈRE

Annulation de la conférence d’Étienne Chouard à Besançon

Suite aux courriers que nous avons adressés à l’entreprise de production et diffusion de spectacles (NG Productions) qui organisait la conférence ainsi qu’aux autorités municipales, l’entreprise de production a décidé d’annuler la conférence réunissant Philippe Pascot et Étienne Chouard le 14 avril au Petit Kursaal de Besançon.

Nous saluons la réactivité de NG Productions, ainsi que son engagement à ne pas vouloir servir de pion au confusionnisme cheval de Troie de l’extrême droite.

Néanmoins lors d’échanges avec des ami-e-s et camarades, nous avons constaté que le confusionnisme politique était une phénomène flou et méconnu. Il nous parait donc nécessaire de mettre en place les outils pour mieux le cerner et mieux le contrer. Dans les mois qui viennent, nous tacherons d’organiser une formation ou une conférence à ce sujet. À suivre…

NON AU CONFUSIONNISME D’ÉTIENNE CHOUARD DANS LES SALLES PUBLIQUES !

* Dernière info : la conférence a été annulée

Le 14 Avril 2017 est programmée à Besançon (au Petit Kursaal) une conférence intitulée « Quelle société pour demain ? » avec pour invités Philippe Pascot et Étienne Chouard. Si nous ne savons pas qui les a invités, nous savons par contre quel danger représente Chouard : celui du confusionnisme, tapis rouge de l’extrême-droite. Nous ne pouvons tolérer ce genre de discours dans une salle publique.

Professeur d’économie en lycée, Étienne Chouard se fait connaître en 2005 comme défenseur du « NON » au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. Débattant de celui-ci uniquement sur son blog, Chouard dialogue avec les deux mouvances hostiles au projet : la gauche radicale et l’extrême-droite. La mise-en-place du TCE malgré la victoire du NON l’entraine à simplifier le débat en opposant les anti-UE et les pro-UE, qualifiant ces derniers de « fascistes ». Face aux « oligarques », au « 1% » qui nous gouverne, Chouard propose un autre système, véritablement démocratique selon lui : le tirage au sort pour une Assemblée Constituante. Fort de ses liaisons diverses et variées, il en débat tant avec les organisations de gauche que d’extrême-droite, notamment dans les médias liés à celle-ci (ERTV, TV Libertés, Agoravox TV, Cercle des Volontaires…). En même temps se regroupent autour de lui ses partisan.e.s : les Gentils Virus (1), militant.e.s de tous bords qui tentent d’infecter partout où cela est possible (Alternatiba, Colibris, M6R…).

Chouard et les Gentils Virus rêvent que tous les opposant.e.s à l’Europe libérale mettent leurs luttes particulières de côté au nom de « l’intérêt général », comprendre « la souveraineté nationale ». Le problème, c’est qu’il y a parmi ces opposant.e.s nombre de réactionnaires qui promeuvent toutes sortes d’oppressions. Faudrait-il cesser de lutter contre leur racisme, leur sexisme et leur homophobie pour une cause collective ? Bémols : il ne peut y avoir de cause collective dans une société comme la nôtre divisée en classes sociales et le cadre national n’a jamais empêché l’exploitation. Pour ces raisons, la plupart de ses interlocuteurs de gauche ont cessé de le fréquenter (Lepage, Lordon…). Pour le reste, qu’ils soient survivalistes (San Giorgio), masculinistes (Durain), conspirationnistes (Meyssan), antisémites (Laurent Louis), néonazis (Landeux), révisionnistes (Blanrue), islamophobes (Ménard), complotistes (Asselineau) ou fascistes (Soral), ceux avec qui il continue d’échanger ont finalement toujours une forme d’oppression à défendre. Le fait que Chouard soit un homme blanc hétéro d’âge mûr ayant un bon emploi (fonctionnaire), un domicile et des papiers explique aussi peut-être cette insouciance. C’est là sa première confusion : le tirage au sort est une fausse bonne idée, car sans suppression préalable des diverses oppressions, ce dispositif ne solutionne rien et propose seulement de livrer à la chance la venue au pouvoir de nouveaux oppresseurs.

Étienne Chouard donne l’impression d’avoir un message clair, il le martèle : l’ennemi de tout bon citoyen, le véritable fascisme, c’est le capitalisme mondialisé. Voilà l’acrobatie avec laquelle il entend fédérer : les antifascistes se trompent d’ennemi, le fascisme n’a rien à voir avec une idéologie autoritariste, nationaliste et raciste. Telle est sa démarche : opérer des glissements sémantiques pour rendre toute discussion impossible. Or, si le fascisme est en opposition avec le libéralisme, il s’accommode très bien du capitalisme d’État. Qu’il soit national ou mondialisé, le capitalisme est un poison ; mais le fascisme est un concept différent. C’est la deuxième confusion de Chouard. Sa troisième : croire que discuter entre adversaires laisse une chance à certaines convergences alors que s’y refuser n’aboutit qu’à faire perdurer les conflits. Hélas, laisser s’exprimer celleux qui souhaitent nous opprimer consiste à s’auto-opprimer, on ne peut converger qu’avec les personnes qui ne veulent pas nous nuire.

Ainsi, le confusionnisme dont Chouard a fait sa « méthode » n’est qu’un grand déplacement des titres. D’ailleurs, de Soral à Asselineau (candidat UPR qu’il soutient pour l’élection présidentielle), ses affinités n’auront suivi qu’une seule route : celle de l’extrême-droite. Avec un objectif simple : la montée d’une contestation souverainiste qui prend le capitalisme mondialisé pour du fascisme. Objectivement, ne rien comprendre aux palabres de Chouard est l’excellent signe d’une pensée claire.

La contestation des injustices de notre société a besoin de faire sens, c’est pourquoi elle doit impérativement faire barrage aux confusionnistes.

 

Collectif Antifasciste Besançon (le 03 avril 2017)

(1) D’ancien.ne.s membres estiment que Chouard agit sur les Gentils Virus en gourou, voir: http://blogyy.net/2015/04/29/confidences-et-mises-en-garde-dun-ex-lieutenant-detienne-chouard/.

Débat le 13 avril : « L’amour à trois : Alain soral, Eric Zemmour, Alain De Benoist » avec Nicolas Bonanni

Nicolas Bonanni viendra débattre avec nous autour de son livre « l’amour à trois, Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist« .

Jeudi 13 avril – 19h à l’amphithéâtre Donzelot, Faculté des lettres, langues et sciences humaines. 32 rue Mégevand à Besançon – entrée libre

Dans ce court ouvrage (à peine 60 pages) dont le titre « l’amour à trois » sonne comme le titre d’une pièce de boulevard, Nicolas Bonanni nous offre une lecture critique de la pensée de ces intellectuels de l’autre droite qui ont fait de la « guerre culturelle » leur stratégie principale.
« Soral, Zemmour, De Benoist s’aiment, se jalousent, s’engueulent, et se rabibochent comme dans toute histoire de couple. Enfin, là c’est un peu plus compliqué, ils sont trois : ce n’est pas un couple, mais un trouple . Vous imaginez les embrouilles ! Ils se répondent, s’influencent, s’interviewent, se citent, se chroniquent mutuellement. […] chacun à son caractère.  Mais malgré leurs quelques points de désaccords ils se rejoignent sur l’essentiel. »
L’essentiel? … leurs thèses anti-universalistes, alter-capitalistes, racistes, inégalitaires, sexistes et misogynes qui irriguent aujourd’hui toute la société, et en premier lieu le Front national.

Cliquez sur l’image pour accéder aux éditions LE MONDE A L’ENVERS

 

A lire également ci-dessous, l’interview de Nicolas Bonanni réalisé par le site internet Haro! en novembre 2016.

Suite à la manifestation antifasciste de la semaine dernière, et pour poursuivre le débat ouvert avec « Sale Race ? », Haro vous propose un petit détour du côté de l’extrême-droite.
Vous connaissez Alain Soral et Eric Zemmour. Mais les avez-vous lu ? Et savez-vous qui est Alain de Benoist ? Non ? Ce n’est pas grave. Oui ? Cet article est fait pour vous. Parce qu’un petit livre vient de paraître aux éditions Le monde à l’envers intitulé L’amour à trois. Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist. Son auteur, Nicolas Bonanni, lui, a lu ces trois penseurs de l’extrême-droite – ce qui nous arrange bien parce qu’on préfère lire des choses plus intéressantes. Il propose une lecture critique des thèses anti-universalistes, inégalitaires et misogynes de ces intellectuels de « l’autre droite ». Thèses qui irriguent toute la société, et en premier lieu le Front national. Nous lui avons posé quelques questions.

Tu as publié récemment L’amour à trois aux éditions Le monde à l’envers. De quoi s’agit-il ?
Je viens en effet de publier une tentative de décryptage de la pensée de trois intellectuels d’extrême-droite : Alain Soral, Eric Zemmour et Alain de Benoist.
Il faut d’abord revenir sur l’arrière plan de leur succès. Depuis une quarantaine d’années, nous sommes dans une période de crises et de bouleversements, où l’histoire s’accélère. Parmi les phénomènes majeurs, la financiarisation, la robotisation et la crise environnementale créent des tensions sociales qui déstabilisent les systèmes établis… et la vie des individus. Confrontés à un système en crise, à un marché du travail de plus en plus dur et de plus en plus précaire, à l’érosion du lien social et des solidarités traditionnelles, les gens cherchent des échappatoires (télévision, médicaments), ou des réponses politiques.
C’est sur cette toile de fond que ces trois idéologues modernisent le discours traditionnel de l’extrême-droite. Alain Soral agite principalement internet, avec des vidéos très regardées. Eric Zemmour a une forte audience à la télévision, et il a vendu 400 000 exemplaires de son livre Le suicide français. Alain de Benoist, lui, s’occupe de publier des ouvrages érudits et des revues confidentielles, ce qui explique qu’il est moins connu que les deux autres. Leur point commun, c’est de donner une réponse « de droite » à la crise sociale : un repli sur les identités, la mythification d’un passé ou tout était « en ordre ». Il faut selon moi prendre acte que la modernité a dérivé vers un techno-capitalisme destructeur. Mais face à cet état de fait, ils proposent un retour aux aliénations pré-modernes, à la morale religieuse. Ce qui explique leur succès, c’est qu’au moins ils proposent un discours, des analyses critiques, dans un vide politique généralisé.

Pour lire la suite, cliquez ici

Conférence le 23 mars : « L’école des réac-publicains » avec Samuel Ronsin

Jeudi 23 Mars 2017, l’AMEB SOLIDAIRES étudiant-e-s organise avec le soutien du CAB une conférence / débat avec Samuel Ronsin à propos de l’ouvrage de Grégory Chambat  : « L’école des réac-publicains » , aux éditions Libertalia (lien) ainsi que  du dernier numéro de la revue N’AUTRE ECOLE (lien).

19h à l’amphithéâtre Donzelot, Faculté des lettres, langues et sciences humaines. 32 rue Mégevand à Besançon – entrée libre

La pédagogie noire du FN et des néoconservateurs:

L’École est le champ d’intervention privilégié d’une galaxie intellectuelle et médiatique caressant le rêve de rétablir un état scolaire – et social – ancien.
Pour ces « réac-publicains » (Natacha Polony, Jean-Paul Brighelli, Alain Finkielkraut, Éric Zemmour…) évoquant inlassablement l’effondrement du niveau et la décadence de l’institution, le redressement de l’École préfigurerait la restauration de l’ordre et de la nation.
Leurs incessantes et virulentes polémiques s’inscrivent dans une tradition méconnue, celle de l’intérêt jamais démenti de l’extrême droite pour l’éducation.
Cet ouvrage relate l’histoire de cette « pédagogie noire » et décrypte ses déclinaisons contemporaines afin d’en révéler les enjeux sociaux et idéologiques.
Entre les sirènes du « nostalgisme » réactionnaire et le renoncement à toute perspective de transformation, il s’agit de retrouver le chemin d’une pédagogie de l’émancipation.

Samuel Ronsin  tout comme Grégory Chambat participe au collectif Questions de Classe(s). Cet Hiver le collectif a inauguré une nouvelle version de la revue N’autre école avec un dossier traitant des rapports des extrêmes droites et de l’école.

À partir de témoignages d’enseignants et d’habitants des communes au main du FN, de décryptages des thématiques au cœur de l’offensive réactionnaire (Histoire, culture, laïcité, etc.) et d’une cartographie de la nébuleuse des « réac-publicains », ce numéro ne se contente pas de décortiquer le programme éducatif des droites extrêmes, il met en lumière ses enjeux, son histoire, sa diffusion… et surtout envisage des pistes, sociales, syndicales, politiques et pédagogiques pour reprendre l’initiative

Grégory Chambat

Cliquez sur l’image pour aller sur la page de Questions de Classes