archive | Actualités RSS pour cette section

Montbéliard – 13ème Édition du Séquane Fest à l’Atelier des Môles, et complaisance NSBM

Le collectif Anti-NSBM Franche-Comté nous a transmis l‘article ci-dessous :

( Nota : Pour des raisons évidentes, nous n’avons mis aucun lien hypertexte sur les groupes, labels ou associations dont nous ne soutenons pas l’idéologie)

Le 30 Septembre et 1er Octobre 2022, aura lieu la 13eme Édition du Séquane Fest à l’Atelier Des Môles à Montbéliard. Festival organisé par l’association la Horde Séquane.

Plusieurs points problématiques sont soulevées dans cet article quant aux choix de la programmation.

Ce n’est pas parce qu’il s’agit de Black Metal que nous ne souhaitons pas dire adieu aux identitaires, aux nazis, aux nationalistes, aux antisémites, aux racistes, aux islamophobes, aux suprémacistes blancs, etc… et tous leurs potentiels alliés qui ruinent depuis si longtemps cette scène…

Black Metal Ist Klassenkrieg !

A l’affiche de cette 13ème édition :

MERCYLESS – HEINOUS – WHISKEY RITUAL – NOVAE MILITIAE – THE SATAN’S SCOURGE – EXUTOIRE – SACRIFIZER – EGGS OF GOMORRH – SOTHERION

1/ HEINOUS

Heinous est un groupe Belge ayant sorti toute sa discographie via 3 labels :

  • Medieval Prophecy Records, un label belge qui a sorti en 2022 le dernier EP de Diabolical Fullmoon ; un groupe polonais qui rend hommage au réseau National Socialist Black Metal (NSBM) polonais Temple Of Fullmoon. Le groupe s’inscrit également dans un autre cercle nationaliste appelé Southern Resistance.
Temple Of Fullmoon
Graveland, Veles et Thor’s Hammer
3 groupes emblématiques du Temple Of Fullmoon

  • Nuclear War Now ! Productions (NWN), bien connu pour ces accointances avec les réseaux néo-nazis comme le révèle leurs coproductions avec les labels Iron Bonehead Productions et Satanic Skinehead Propaganda. En plus de produire des albums pour les groupes néo-nazis Goatpenis ou Inquisition, NWN a hébergé un des plus gros forum d’échange/vente de NSBM. Plus d’infos sur : https://nsbmboneheads.wordpress.com/
Forum du site de NWN – extrait
Goatpenis
Inquisition

  • New Era Productions, un label hollandais qui a produit des disques pour les groupes nationalistes, néo-nazis, antisémites Gestapo 666, Destroyer 666, Satanic Warmaster, Veles ou encore Legion. Le label affirme sur son site que « New Era est un label traditionaliste et conservateur ». Le boss du label, Jasper Velzel, en plus de jouer dans le groupe de nationaliste Brigade M, était aussi boss du label spécialisé dans le NSBM : Berzerker Records.
Gestapo 666 et Satanic Warmaster
Destroyer 666
Pochette de la cassette de Holocaust sorti chez Berzerker Records

Concernant les musiciens de Heinous, on trouve différents degrés de proximité avec l’extrême-droite. Le plus haut concerne le claviériste connu sous le sobriquet de VJS. Il est musicien dans plusieurs autres groupes comme Nightbringer avec Naas Alcameth, un militant néo-nazi américain jouant dans plusieurs groupes assez renommés tels que Aoratos, Bestia Arcana, Rhune ou encore Akhlys.

Naas Alcameth et ses potes néo-nazis. Soleil noir, marteau de Thor, Totenkopf, Kolovrat, Insignes SS, Wolfsangel… Le bingo facho quasi complet !

On retrouve aussi VJS dans Sargeist avec Shatraug, musicien du groupe fasciste Horna (avec un ancien membre de Peste Noire (KPN)) ou avec Abysmal qui, lui, est passé par le groupe Baptism. Baptism sort ses albums sur le label du pédophile et antisémite Mikko Aspa : Northern Heritage. Sargeist et Horna sortent leurs albums chez World Terror Commitee (WTC).

Productions cité aussi sur : https://nsbmboneheads.wordpress.com/

Shatraug accompagné de ses amis Ludovic de KPN, Sven Zimper de WTC
Shatraug accompagné de ses amis Ludovic de KPN, Sven Zimper de WTC
Mikko Aspa à la batterie pour le groupe néo-nazi Goatmoon lors d’un concert oganisé par le Blood & Honour Orivesi.
Derrière lui un drapeau nazi et une bache pour la marque Ansgar Aryan.

Dans une interview, Mikko Aspa déclare : «To gaz the jews and so many liberal thinking people was fantastic. We, in Deathspell Omega, are definitely fascistic thinking people, and proud of it…» [Gazer les juifs et tant de gens à la pensée libérale était fantastique. Nous, dans Deathspell Omega, sommes définitivement des gens à la pensée fasciste, et fiers de l’être,…]

Le chanteur du groupe Heinous, Panzer Hraesvelg Faust ne cache pas son goût sur les réseaux sociaux pour l’extrême-droite et ses symboles…

2/ WHISKEY RITUAL

Groupe italien, dont 3 musiciens ont joué dans Forgotten Tomb (FT). FT est un groupe ayant sorti sa première démo sur leur propre label intitulé Treblinka Productions en référence au camp de concentration polonais. Le groupe s’est aussi vu interdire de monter sur scène pour un concert organisé avec le groupe de NSBM Absurd à Milan.

Des membres de FT se sont essayés à 2 projets musicaux plus explicites, un nommé Front Towards Enemy (dont le morceau White Power possède, entre autres, « fiera de la tradizione ! Sieg Heil ! » dans ses paroles) et un autre appelé Gaszimmer (Chambre à gaz).

CD de Gaszimmer
Contenu du livret d’un album de Gaszimmer

Le batteur et le guitariste de Whiskey Ritual occupent également une place dans le groupe Grenoblois Nocturnal Depression avec Cédric Giordani, bassiste du groupe nationaliste Aghone (le A du logo est inspiré de celui des Sturmabteilung – « Section d’Assaut » (SA)).

A gauche, le Logo du groupe, et à droite l’emblème des SA
Album «A tous les soldats inconnus» sorti en 2012 chez Asgard Hass. On y trouve des titres comme « Patrie, réveille-toi ! » ou « Mourir pour la patrie »

En 2019, Whiskey Ritual sort un album intitulé Black Metal Ultras (Sûrement un clin d’oeil au « Hooligan Black Metal » de KPN puisque le chanteur n’hésite pas à se montrer avec un patch KPN – komando Peste Noire, rendant également hommage à la White Aryan Resistance)

Logo du groupe KPN en haut et le logo de la WAR (White Aryan Resistance) en bas

Les paroles de l’album ne sont pas vides de sens politique. voici deux extraits :

Dans le morceau éponyme :

On the stand / Dans la tribune
On the bleachers / Dans les gradins
At the concerts and pubs / Aux concerts et dans les bars
You can see us / Tu peux nous voir

Cela montre que le groupe connait et s’inscrit dans la culture des ultras et hooligans. Et vu le passif, il ne s’agit sûrement pas des ultras de gauche.

Dans le morceau Death comes by limo :

Honor to the fallens / Honneur aux morts
Blood on the doors / Du sang sur les portes
[…]
Until the light take us / Jusqu’à ce que la lumière nous
emmène
Honor to the cause / Honneur à la cause
Honor to the fallens / Honneur aux morts

Ici ce n’est pas la traduction française qui est importante mais le sens des mots choisis. Dans la première partie on trouve les mots Honor et Blood en début de phrase et qui peuvent être
perçus comme un clin d’œil au Blood& Honour, un réseau de promotion musicale néo-nazie, nationaliste et skinhead.

Dans la seconde partie, l’expression « Until The Light Take Us » est une référence à l’album, considéré comme mythique dans le milieu du Black Metal, Hvis lyset tar oss – qui est la traduction norvégienne de cette même expression – du groupe Burzum, dont le seul membre, Varg Vikernes est un terroriste néo-nazi ayant grandement influencé l’émergence du NSBM.

3/ EXUTOIRE

Malgré la récente apparition de ce groupe, quelques infos sur les musiciens qui le composent sont trouvables. En effet, on retrouve Apathy à la guitare et au chant. Il joue dans le groupe Karne et a fait un passage chez Malevolentia et Myrkvid.

4/ SACRIFIZER

Groupe français, composé de membres et ex-membres de Myrkvid, Karne et Malenvolentia (Encore !). Ce groupe sort son dernier album sur le label français Osmose Productions. Label qui produit des groupes comme les nationalistes Ukrainiens de Nokturnal Mortum et Hate Forest ou les antisémites d’Ad Hominem.

Myrkvid à la particularité d’avoir comme musicien, le batteur d’Autarcie et Caterva Runa, groupes d’obédience identitaire où l’on retrouve entre autres des militants néonazis locaux, dont l’un est membre du groupuscule VDL BSK.

Ce fut l’un des premier groupes qui joua pour la nouvelle formation de Serge Ayoub (Batskin), le MC Praetorians, un club de motards soit disant apolitique. Plusieurs néo-nazis franc-comtois classés NSBM étaient dans les rangs de Troisième Voie et des JNR avant leurs dissolutions.

Myrkvid a également participé à la compilation «Black Metal Is Dead» du label Asgard Hass en compagnie de plusieurs personnalités d’extrême-droite comme le groupe nationaliste Orthanc (qui partage des musiciens avec Dux) ou le groupe du néo-nazi Noktuu Mortifera.

Quant à Malevolentia, on y retrouve la chanteuse d’Hasserben, un ancien groupe de Black Metal monté par un militant actuel des VDL BSK et qui reprenait un morceau de Satanic Warmaster.

Osmose Productions signe également le retour de Gorgon en 2017 avec un membre du groupe de RAC/OI! : Fractions (groupe dont l’ex militant FN/RN (et à présent Reconquête), Phillipe Vardon, était le chanteur).

A Gauche pochette d’un album de Hate Forest, et à droite Pull Hate Forest rendant hommage au nationaliste ukrainien Roman Shukhevych qui a fait assassiner des dizaines de milliers de civils polonais et juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Ad Hominem, Album «Planet ZOG – The end» dont la pochette comporte un symbole courant chez les néo-nazis (le symbole « Algiz » inversé : Todesrune, rune de Mort)

Les paroles du titre éponyme reprennent la théorie du complot antisémite du ZOG (« Zionist Occupation Government« ) dont voici un extrait :

Planet ZOG – Burning from within
Planet ZOG – Reduced to ashes
Planet ZOG – Just a dim memory
Kampf, Krieg und Sieg Sieg Sieg !!!

Ad Hominem, pochettes d’albums : Symboles nazis, photo de camp de concentration, vocabulaire guerrier pro-génocide

5/ SOTHERION

Le seul membre permanent du groupe, BST, officie dans plusieurs groupes comme musicien mais aussi en tant que technicien via son studio. Sotherion sort sa première démo via le label du néo-nazi Sven Zimper, World Terror Commitee (WTC). On le retrouve à la technique pour des groupes tels qu’Hell Militia avec qui il partagera la scène mais aussi en tant que guitariste avec des groupes comme Doedsvangr (avec Shatraug de Horna & Sargeist déjà cité pour Heinous), Temple Of Baal ou Antaeus (groupe dont le fondateur est l’un des meurtriers d’Idrissa Diara, noyé dans le canal St-Martin en 1994 – voir ici).

6/ THE SATAN’S SCOURGE

Groupe Colombien signé chez Nuclear War Now ! Productions. On les retrouve aussi à la programmation du festival très proche des milieux néo-nazis, le Never Surrender Fest.

7/ NOVAE MILITIAE

Le nom du groupe est une référence à la «nouvelle milice» issue de l’ordre des templiers.

Il partage la scène avec des groupes comme Hell Militia (dont le chanteur historique a officié dans le groupe néo-nazi Gestapo 666) ou Hats Barn (qui partage un split avec les néo-nazis de Victoire Païenne avec des titres comme Solution Finale ou Holocauste).

8/ EGGS OF GOMORRH

Groupe suisse qui, comme The Satan’s Scourge, se retrouve à la programmation du festival très proche des milieux néo-nazis, le Never Surrender Fest. Leur dernier Split avec Weregoat sort chez Iron Bonehead Productions.

En somme …

… Artistes aux projets annexes douteux, signés sur des labels promouvant les idées chères à l’extrême-droite jusque dans l’apologie et le fétichisme du nazisme et des génocides. Ce festival montre à la perfection comment le Black Metal est devenu un repère d’idées nauséabondes.

Soyons clairs, nous avons écouté du Black Metal et nous en écoutons toujours. Nous avons soutenu des groupes et des labels de Black Metal et nous en soutenons et soutiendrons toujours. Nous sommes allés à des concerts de Black Metal et nous y retournerons. Nous avons soutenu des organisateurs de concerts de Black Metal et nous en soutiendrons encore… Mais nous prenons le temps de nous renseigner, non sans complexité, de chercher des infos, de discuter, etc.

Nous ne sommes pas dupes, dès les origines l’extrême-droite, ses thématiques et ses symboles se sont immiscées dans ce genre de musique dit extrême. Essentialiser les individus ou les styles de musique, se cacher derrière une telle «provocation»,un certain «apolitisme» ou une «passion» pour l’histoire sont des stratégies réactionnaires, conservatrices et destructrices que nous dénonçons !

Récemment, des personnes et des collectifs dénoncent tout cela sans pour autant mettre le Black Metal à la poubelle… Ces personnes et collectifs font parti du Black Metal et sont le nouveau souffle que nous attendions !

L’ANTIFASCISME EST AUSSI DANS LE BLACK METAL !

Antifascist Black-Metal Network

Besançon – Chants militaires allemands, saluts hitlériens, stickers SS… en plein centre-ville, un cortège néonazi sème la consternation

Par Toufik de Planoisekawa-tv-info

Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 août, une vingtaine de militants d’extrême-droite a déambulé dans les rues du centre-ville de Besançon. À peine sorti d’un bar « le Shake Pint »’ vers 02h15 où il arrosait un anniversaire, le groupe a troqué le festif contre le politique. Avec, au menu de ce cortège sauvage, musiques militaires allemandes, slogans nationaux-socialistes, saluts hitlériens, entre autres banderoles, fumigènes et autocollants. Le tout sans jamais susciter la moindre réaction des pouvoirs publics, à qui nous avons visiblement appris l’existence de cet événement..

«  Une véritable traversée brune. » 

Mylène (nom d’emprunt) a été réveillée à son domicile de la rue des Granges, autour de 02h15. « Je dormais tranquillement avec mon compagnon, quand j’ai entendu une musique forte venant de la rue. Je me suis levée, assistant sidérée à une véritable traversée brune. Un groupe diffusait des chants militaires allemands et hooligans, ça braillait des slogans genre “Besançon est nationale-socialiste.” Certains ont apposé des autocollants sur leur chemin, je suis allé les arracher au matin… il s’agissait de visuels “VDL BSK” (pour “Vandal Besak”), “Action Française“, ou de productions incluant le symbole “SS. »

Quelques stickers trouvés et arrachés le matin, rue de Pontarlier, rue des Granges et rue Bersot

Alors qu’il fumait une cigarette à la fenêtre de son appartement de la rue d’Alsace, Simon (nom d’emprunt) voit lui aussi débouler le groupe dans la foisonnante rue Bersot. « Ils étaient une petite vingtaine bien alcoolisés, certains tendaient le bras en criant “Sieg Heil“. Il y’avait encore du personnel présent à cette heure là, les brasseries finalisant leur fermeture… des insultes et menaces ont fusé, ils étaient prêts à en découdre avec n’importe qui. » Une version confirmée par deux salariés, visiblement encore émus de cette rencontre. Le retraité a en partie filmé la scène, que nous avons pu authentifier.

Capture d’écran Télégram – Ouest Casual : On se pause encore la question « quelle est cette fameuse annonce de mobilisation antifa dont nous n’avons jamais entendue parler? »

À la sortie du bar, la fiesta dégénère.

Afin d’immortaliser ce moment et tenter de lui donner un retentissement, les protagonistes vont se livrer à une séance photo. sur la fontaine de l’État-Major… place Jean-Cornet, du nom de ce résistant FFI mort pour la France à la Libération. Une mise en scène minutieusement orchestrée, puis publiquement diffusée sur une page « Telegram » partisane. En n’oubliant pas de revendiquer leur blase, ainsi qu’une volonté pugnace de se confronter aux « antifas. » Entre les effets pyrotechniques et une bannière aux couleurs des « VDL BSK », on compte au total quelques dix-huit figurants dont certains cagoulés.

La suite est à lire sur kawa-tv-info

Besançon – Un correspondant de presse locale agressé par des militants d’extrême-droite.

Lundi 22 août dans l’après midi, comparaissait devant le tribunal judiciaire de Besançon l’auteur de l’agression d’un militant NPA au mois de mars dernier, devant le Kursaal, lors d’un meeting du candidat Philippe Poutou (voir l’article : Besançon – le meeting de Philippe Poutou attaqué par des néonazis).

La perquisition qui sera faite dans la foulée à son domicile va permettre de mettre la main sur de nombreux autocollants « VDL BSK » (sigle des « Vandal Besak »), un brassard à croix gammée. Mais au tribunal, A.M. le mise en cause, va nier être néonazi : « Je suis un collectionneur, Je n’ai pas de sympathie pour le mouvement néonazi  » (source Est républicain). Bref, il n’assume pas … qui s’en étonnera? Personne, même le procureur et le juge ne sont pas dupes.

A.M. Évitera la prison ferme, mais écopera de 8 mois avec sursis et interdiction de fréquenter les débits de boissons durant la même période.

Toufik de Planoise est dans la salle de tribunal. En tant que correspondant de la presse locale, il est doublement concerné par ce procès. Premièrement parce que ça fait longtemps qu’il a fait de la lutte contre l’extrême droite et contre toutes les discrimination son cheval de bataille. Mais aussi parce qu’il était présent au Kursaal lors du meeting de Philippe Poutou et qu’il a été le premier journaliste à relayer l’information sur les réseaux sociaux.

Toufik de Planoise …

Toufik de Planoise est une figure connue à Besançon. En tant que blogueur (c’est à ce moment que son pseudo « Toufik de Planoise » apparait), il commet plusieurs articles détaillés sur les mouvements fascistes en Franche-Comté et en Bourgogne, on se souviendra de ses articles sur la Caborne (le local identitaire près de Besançon) et sur la Dessouchière en Bourgogne.

Par la suite, il collabore à plusieurs médias locaux : Factuel.com, RadioBip puis actuellement Kawa-TV-info. Ce sont des médias indépendants et militants, qui ont su créer à Besançon une véritable alternative aux médias dits « traditionnels » tel que l’Est Républicain ou Le Progrès, rendant les luttes sociales plus visibles.

Alors qu’il était correspondant de presse pour Factuel.com puis pour Radio Bip (la plus vieille radio indépendante de Besançon), il couvre toutes les semaines les manifestations de Gilets Jaunes. Mais il effectue également de véritables enquêtes d’investigation là où les médias traditionnels ne se contentent que de recopier la version institutionnelle (police, préfecture, mairie…). En conséquence, il est, tout comme d’autres journalistes de la presse alternative locale, la cible régulière d’intimidations policières (1)(2)(3).

D’un physique imposant, présent à chaque manifestations ou rassemblements en tant que représentant de presse ou en tant que syndicaliste (Toufik est syndiqué CGT et y est très actif), il est connu et reconnu comme le loup-blanc à Besançon.

Un prénom arabe, provenant d’un quartier qualifié de « sensible » de Besançon, journaliste d’investigation, militant antifasciste, syndicaliste et se qualifiant d’anarcho-mahométan, il va s’en dire que l’extrême droite locale ne lui jettera jamais des fleurs.

A la fin du procès …

Le verdict tombé, Toufik sort naturellement du tribunal par la sortie rue Mégevand. Là sur le trottoir d’en face, attendent quatres personnages, il reconnait directement T.G. Le leader local du « syndicat » étudiant La Cocarde.

Suite à divers articles (sur Dijoncter,info (4) et sur Fafwatch (5)), T.G. n’est plus un inconnu. T.G. a du quitter en début d’année le Rassemblement National (il avait été candidat Rassemblement National aux élections municipales de mars 2020 à Besançon). Poussé à la porte du RN, il adhère de suite à Génération Z, la section jeunesse de Reconquête, le parti zemmouroïde. Mais il continue de militer et d’être le leader de la Cocarde Étudiante à Besançon.

Mené par T.G. le groupe bisontin de génération Z, colle massivement à Besançon (aussi massivement que la Cocarde, et ce n’est guère étonnant). mais comme le montre cette photo issue d’un réseau social, T.G. initie son groupe a une toute autre façon de faire de la politique de terrain. Ce qui c’est passé avec Toufik devant le tribunal, démontre que T.G. sait passer de la théorie à la pratique.

Publication du compte « Instagram » de T.G. le 20 mars 2022. Avec ses comparses, il se met en scène dans un bois transformé en camps d’entraînement près du fort de Montfaucon – capture d’écran.

Toufik de Planoise écrit un texte paru sur kawaTV sur « les syndicats étudiants vent debout contre l’implantation d’une formation d’extrême-droite à l’UFC » (6), et qui fait une part belle au syndicat mené par T.G. et ses liaisons avec les néonazis des Vandal Besak.

Il récidive en publiant le témoignage d’un militant repenti de Reconquête : Chants racistes croix-gammées, expéditions punitives, immersion dans les rangs de Génération Zemmour en Bourgogne-Franche-Comté (7).

Avec la parution de cet article, qui sera repris dans la presse nationale, T.G. voit son nom et ses relations avec les la mouvance néonazie exposés un peu partout sur les réseaux sociaux.

Tout ça pour dire que T.G. n’apprécie vraiment pas Toufik. Et Besançon étant une petite ville, les occasions de croiser des personnes que l’on n’apprécie pas sont fréquentes… d’où insultes et menaces de cassage de gueule… Toufik portera à chaque fois plainte auprès du commissariat (cinq plaintes sont déjà déposées).

L’agression …

Donc en apercevant T.G. et ses acolytes, et voyant que cela pouvait être tendu, Toufik décide d’utiliser son appareil photo et de filmer la rencontre par autodéfense. L’appareil photo utilisé comme moyen de protection est l’une des leçons tirées des manifs de Gilets Jaunes : filmer ostensiblement pour parer une possible agression (policière ou autre), la vidéo pouvant servir comme preuve devant un tribunal, ou devant l’opinion publique via les réseaux sociaux. C’est devenu quasiment un réflexe pour beaucoup.

Après quelques civilités venant de la part de T.G. et consorts (« On t’attendais, qu’est ce que tu foutais là gros tas? »…) chacun sur son bout de trottoir. T.G. Et un de ses copains traversent la rue, viennent directement au contact de Toufik. Le blondinet est particulièrement énervé et hargneux, demande à Toufik d’arrêter de filmer, tourne autour de lui. T.G. est plus stoïque, et visiblement plus sûr de lui. C’est de lui que partira le coup qui fera chuter l’appareil photo numérique de notre camarade.

Ci-après le Twitt avec la vidéo

Extrait de la vidéo
Extrait de la vidéo : Après avoir traverser la rue, le personnage de gauche est toujours très énervé, mais T.G. reste stoïque. Il n’a plus sa main droite sur la hanche. Il attend calmement que Toufik revienne face à lui pour lui en coller une.
Extrait de la vidéo : T.G. portant son coup, regardant Toufik droit dans les yeux

La police présente à proximité (on est devant le tribunal) arrive en moins d’une minute et effectue un contrôle d’identité sur les quatre fachos.

A noter que s’ils se sentaient réellement importunés par l’appareil photo, ils auraient pu quémander les policiers présents (une fourgon était garé à moins de vingt mètres) afin que ces derniers demandent à Toufik d’arrêter de filmer. Ils ont décidés de régler le « problème » à leur façon, par la menace et par la violence physique.

Le mercredi 24 août, Toufik de Planoise ira déposer sa plainte au commissariat de son quartier pour dégradation de biens avec violences.

Trois quart d’heures avant…

A quelques dizaines de mètre du tribunal, rue Mégevand, mais trois quart d’heure plus tôt, deux camarades collaient des affiches de la Rentrée Libertaire (cycle de débats, de conférences… organisés par les collectifs libertaires de Besançon en septembre et octobre). Mal leur en a pris, le A cerclé de l’affiche n’est pas au goût de tout le monde. Ils se font alors apostropher vivement par trois jeunes individus. Le ton n’a pas à monter, il est hargneux dès le début.

L’un des camarades reconnait T.G. dont il avait déjà vu le visage en photo dans les différents articles de blogs traitant de la Cocarde Étudiante. Il sait qu’il a donc affaire à des fachos. Et comme ces derniers cherchent ostensiblement la bagarre, les deux camarades peu enclin à ce genre d’activité décident de continuer leur collage dans d’autres rues.

En quittant les lieux, ils entendrons derrière eux l’un des fachos leur dire : « si on vous recroise de nuit, ce ne sera pas la même histoire« … une véritable menace à peine voilée de cassage de gueules.

Suite à la diffusion de la vidéo que Toufik à faite lors de son agression, les deux camarades identifieront les trois personnes qui les ont menacés parmi les quatre personnes présentes face au tribunal lors de la sortie de Toufik.

Alors qu’un membre des Vandal Besak passe en jugement pour agression, on aurait pu espérer que cela aurait pu calmer les ardeurs belliqueuses des ses copains… Eh bien non… menaces, insultes, violence font encore partie de leurs habitudes.

Solidarité

Nous apportons notre soutien aux camarades libertaires qui ont été menacés, et à Toufik camarade et journaliste militant qui a été agressé.

Nous souhaitons être également être solidaires envers les médias indépendants locaux auxquels Toufik a déjà participés.

Militant-e-s de gauche ou journalistes indépendant-e-s, nous avons toujours eu à subir les forces répressives de l’État et de la bourgeoisie. Depuis plusieurs années, cette répression s’est accrue en devenant systémique et de plus en plus violente pour atteindre son paroxysme lors des manifestations Gilets Jaunes. En parallèle, le discours identitaire s’est libéré devenant de plus en plus haineux à l’occasion de la campagne présidentielle de cette année. Alors quoi de plus logique de voir des groupuscules fascistes fleurir un peu partout (voir article) sans être réellement inquiétés et devenir les « idiots utiles » du gouvernement et du capitalisme ?

Évidement nous ne baisserons pas la tête, et nous continuerons à lutter contre le capital et l’extrême-droite. Les média locaux indépendants ont un rôle essentiel dans cette lutte, alors lisons et soutenons-les :

Ainsi que les média bénévoles : Disjoncter-info et les autres

Besançon – Cortège du 1er mai brièvement perturbé par la Cocarde Étudiante alliée avec un petit groupe de néonazis.

Dimanche 1er Mai, fête des travailleurs et des travailleuses, jour de commémoration des évènements de Haymarket, le défilé revendicatif traditionnel a quitté la place de la Révolution depuis 30 minutes, quand par SMS, nous sommes informés qu’un petit groupe de 12 à 15 individus identifiés comme néonazis looké  » casual » a été aperçu se dirigeant vers le centre-ville.

Nous faisons donc remontrer l’information dans la manif afin que chacun-e reste vigilant-e. Nous avons tous et toutes conscience que ce genre d’individus en groupe peuvent être dangereux, l’actualité récente l’a maintes fois prouvé.

Remontant par la Grande-Rue, les individus en question ont devancé le cortège du 1er mai pour se scinder en deux groupes au niveau de la place du 8 Septembre (devant l’Hôtel de Ville).

Juste avant midi, alors que la manifestation arrive sur la place, un premier groupe, composé essentiellement des militants du syndicat étudiant la Cocarde (et certainement de militants de Génération Z), mené par le responsable local Théo Giacone (1), déploie une banderole « GAUCHOS COLLABOS » et allume des fumigènes. Mais très rapidement, il se replie vers la Grande-Rue suivi par les motards de la Police nationale, ce qui le rendra invisible de bon nombre de manifestant-e-s. Ils continueront néanmoins d’y gueuler pendant un temps leurs slogans : « Montjoie! Saint Denis! à bas la Macronie! » (2) et le toujours très classique xénophobe et raciste « On est chez nous! ». Mais la Police procède alors à un contrôle d’identité ce qui stoppera leur ardeur « anti-gauchistes ».

Théo Giacone allumant un fumigène devant la banderole déployée en façade de l’Hôtel de ville – image issue de la vidéo postée sur le net par la Cocarde Étudiante Franche-Comté
Les Militants de la Cocarde mis en retrait de la place du 8 Septembre, et encadrés par la police – en Harrington et T-shirt rouge : Théo Giacone
Contrôle d’identité des militants de la Cocarde – la banderole a disparu

Le second groupe dont on a reconnu certains des membres du groupuscule néonazi Vandal Besak, et qui devait certainement assurer la protection du premier groupe en cas d’agression « gauchiste », est resté sur la place quand ce dernier s’est replié Grande-Rue (contraint par la police?). Ils se sont alors rapprochés du cortège pour provoquer et menacer syndicalistes et militant-e-s d’extrême-gauche, prenant également en vidéo et en photo les personnes présentes dans le cortège… alors même que les policiers de la BAC n’étaient qu’à quelques mètres.

Indiqués par les flèches rouges, les membres des Vandal Besak et certainement aussi des membres des Infréquentables de Dijon

Prenant la confiance, trois d’entre-eux s’infiltrent dans le cortège et commencent à scander « Europe, Jeunesse, Révolution »… Leur délire n’a pas duré que quelques mètres (jusqu’à l’intersection de la Grande-Rue et de la rue du Palais de Justice) : ils se sont fait huer… Le cortège a hurlé « Dégagez! » et « Pas de fachos dans nos quartiers! Pas de quartier pour les fachos! ». Une partie du cortège s’arrête pour contraindre à quitter le cortège les trois néonazis qui jouaient la provoc’. Des insultes ont fusé, l’Internationale fut chantée, »Siamo tutti antifascisti ! » scandé en chœur , et en point final : un crachat fut lancé sur la gueule de l’un des néonazis (apparemment un membre des Infréquentable de Dijon). Aucune violence sinon verbale.

A gauche les néonazis continuant à provoquer alors qu’ils se font refouler du cortège, l’un d’eux continue à filmer les manifestant-e-s – A droite, les résultats du crachat

C’est à ce moment que la Police déjà présente sur place depuis plusieurs minutes décide d’intervenir et d’écarter les néonazis loin de la manif. Une fois ces indésirables dégagés, le cortège put reprendre son cours.

Les policiers s’occupent de raccompagner les néonazis loin du cortège. Sur cette photo publiée dans l’Est républicain, on remarque que le militant néonazi porte sur son pull un autocollant des Infréquentables-Dijon Offender représentant l’insigne de la 3e division Waffen SS Totenkopf, tristement connue comme étant celle s’occupant des camps de concentration et d’extermination nazis.

Suite à cette perturbation, dont beaucoup de manifestant-e-s n’ont appris le déroulement qu’en lisant la presse locale du lendemain (il y avait entre 1500 et 2000 personnes pour ce défilé du 1er mai, la perturbation n’a concerné qu’une toute petite partie du cortège), certaines cellules syndicales se posent désormais la question de la nécessité ou non d’un service d’ordre lors des prochaines manifestations. Effectivement, la dernière campagne électorale a été marquée par de nombreuses agressions provenant de militants d’extrême-droite (Reconquête ou Cocarde Étudiante) souvent alliés à des groupuscules néonazis. On peut citer en exemple les Zouaves Paris qui ont agressé le militant-e-s de SOS Racisme à Villepinte lors du Meeting du candidat Zemmour (3), ou plus localement l’agression d’un sympathisant NPA lors du meeting de Philippe Poutou au Kursaal de Besançon (4),… d’ailleurs l’agresseur était présent ce dimanche parmi le groupe constitué des Vandal Besak. .

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu à Besançon des militants néonazis venir se confronter d’aussi près, en tant qu’opposants, à une manifestation sociale. La campagne pour la présidentielle a été marquée par les discours identitaires, racistes, xénophobes et haineux et malgré les résultats pitoyables de Marine Lepen et surtout d’Eric Zemmour à Besançon, les résultats nationaux ont fait pousser des ailes à ce genre de groupes radicaux pour qui la violence est une suite logique aux paroles de leur leader.

Si lors de notre article de janvier (voir ici), nous nous posions encore la question de savoir si la Cocarde Étudiante était en lien avec le groupuscule néonazi Vandal Besak, ce qui c’est passé ce 1er Mai nous en fournit la réponse (sans grande surprise).

Mais si l’action de ce groupe fasciste n’a été finalement qu’une perturbation presque anecdotique dans le déroulement globale de la journée, elle démontre bien que l’extrême-droite malgré les discours de propagande populiste dont les clans Zemmour et Lepen ont abreuvé les médias lors de ces derniers mois, ne sera jamais du coté de la classe ouvrière. Draguant en un temps le vote populaire, aigrie par les résultats des scrutins, la défaite lui redonne son vrai visage méprisant.

Attaquer le cortège de 1er Mai, c’est attaquer plus qu’un symbole. C’est remettre en cause tous les acquis sociaux que le peuple a conquis par la rue; c’est remettre en cause notre droit d’exprimer collectivement et librement nos colères, nos revendications et nos inspirations; c’est également attaquer notre droit de ne pas vouloir se plier aux choix des urnes. Bref c’est s’attaquer à notre volonté de ne jamais plier devant n’importe quel pouvoir même légitimement élu, et on comprend que cela gène l’extrême-droite dans son ensemble que nous ne soyons pas les moutons dociles qu’elle souhaiterait.

(1) A propos de la section Bisontine de la Cocarde : article de janvier 2022

A propos de Théo Giacone : Il fut également candidat Rassemblement National lors des dernières élections départementales, mais suite à divers articles le concernant dénonçant ses accointances avec la mouvance néo-nazie locale (voir article sur Fafwatch), il quitte le RN début 2021 et rejoint Reconquête, le parti d’Eric Zemmour.

(2) France Bleu : Emmanuel Macron giflé, que signifie Montjoie! Saint-Denis! l’expression criée par son agresseur?

(3) Streetpress.com : Qui sont les Zouaves, le « groupuscule de combat » derrière le lynchage des militants de SOS Racisme

(4) A propos de l’agression lors du meeting du NPA : article de mars 2022

Besançon – le meeting de Philippe Poutou attaqué par des néonazis

Depuis le meeting de Zemmour à Villepinte le 5 décembre, et l’agression menée par le groupuscule néo-nazi Les Zouaves envers les militant-e-s de SOS-Racisme, il semblerait que les milices d’extrême droite se sentent pousser des ailes; comme le prouvent les récentes agressions qui ont eu lieu ces deux dernières semaines : à la maison des syndicats de Strasbourg le 25 février (voir article Rue89 Strasbourg), à Rennes le 23 février (voir article d’ Expansive.info), le 22 février à Aix En Provence, un étudiant est attaqué lors d’une distribution alimentaire (voir article de La Marseillaise).

Hier soir, c’est à Besançon que nos fachos locaux ont frappés. Notre camarade Toufik de Planoise qui se trouvait sur place, au meeting électoral de Philippe Poutou candidat du NPA, décrit l’évènement dans un article paru sur le média Kawa TV (Besançon – le meeting de Philippe Poutou attaqué par des néonazis), et que nous reprenons ci-dessous…

Alors que candidat anticapitaliste haranguait les foules ce mardi 9 mars à Besançon, une formation ultranationaliste a tenté de s’attaquer à son meeting. La soirée n’aura finalement pas souffert de l’incident : les mis en cause, peinant à violenter un participant plus résistant que prévu, ont préféré fuir à l’arrivée de la sécurité. Deux suspects ont toutefois été identifiés, le premier étant membre d’un groupuscule néonazi et le second militant actif de Génération Zemmour. Un assaut qui survient quelques jours après un précédent, impliquant les mêmes individus cette fois à la sortie d’une réunion Mélenchoniste… quid d’une chasse aux « gauchistes » dans la capitale comtoise ?

« Ils étaient venus pour en découdre. »

Hier au kursaal de Besançon, l’effervescence était de mise. Plusieurs centaines de personnes se sont massées au sein du bâtiment, afin de vibrer avec Philippe Poutou. Discours, applaudissements, rigolades, tout se passe pour le mieux. Jusqu’au moment où Alex sort quelques instants afin de téléphoner, aux environs de 21h30. Sept individus font subitement irruption et s’approchent du parvis principal, commençant à arracher les visuels disposés pour baliser l’événement. Le jeune homme, surpris, leur demande ce qu’il leur prends d’agir ainsi. Un protagoniste se détache en lui demandant «t’aimes Poutou ?», ce à quoi il réponds par la positive.

Pour seule réaction, il recevra des menaces et l’ordre de «manger l’affiche.» Il refuse. Immédiatement, les coups pleuvent. «J’ai réussi à me reculer, à enlever mon manteau, puis à me mettre en position de garde. Mon agresseur m’a alors exhorté à poursuivre le combat dans un coin isolé des caméras et des regards, m’indiquant qu’il ne voulait pas être filmé ou dérangé. Bien sur, j’ai décliné. Il a poursuivi les crochets, a tenté de me faire tomber. Sans succès. C’est à ce moment là que la sécurité est arrivée, et qu’il a fuit avec le reste de sa bande. Ils étaient venus pour en découdre.» Sollicités, les services de police sont dépêchés pour prendre les fuyards en chasse.

Cocarde Étudiante, Génération Zemmour, Vandal Besak…

Un membre du NPA raconte : «Dès que nous avons compris ce qu’il se passait, nous sommes intervenus. Fidèles à leur réputation, les nazillons ont pris leurs jambes à leur cou. Nous avons pris en charge le camarade, et nous nous sommes assurés qu’il allait bien.» Alex pâtit d’hématomes et de tuméfactions, mais n’est pas gravement blessé. À l’intérieur rien ne filtre de ce qui vient de se produire, beaucoup n’apprenant les tenants et aboutissants de cet incident que bien après. Une actualité qui choque et scandalise, même chez les soutiens les moins fervents du trotskysme. «C’est la démocratie qu’on attaque», lance par exemple un social-démocrate.

Mais place du Théâtre, on s’active sans tarder à recouper les premiers éléments disponibles. Il s’avère que les auteurs présumés n’ont pas hésité à signer ostensiblement leur opération, des autocollants de la Cocarde Étudiante, de Génération Zemmour, et des Vandals Besak ayant été collés dans les parages par leurs soins. Surtout les deux principaux auteurs ont été rapidement identifiés par un témoin direct, vite corroboré par plusieurs autres : il s’agit d’Alexandre Meuret et de Théo Giacone, le premier ayant été interpellé et placé en garde-à-vue, quand le second s’était vanté le jour-même de son futur forfait dans une allusion à peine voilée sur Instagram.

Une agression similaire quelques jours plus tôt.

Néanmoins ces brutalités ne sont pas inédites. Le mardi 1er mars sur le même site, c’est « l’Union Populaire » qui proposait un rendez-vous électoral, notamment avec François Ruffin, Leïla Chaibi et Sébastien Jumel. Accompagné de plusieurs connaissances, j’étais aussi parmi les spectateurs. Si dés le début j’ai remarqué et signalé l’entrée de trois partisans d’ultra-droite, ceux-ci se sont engagés à ne pas faire d’esclandres et s’y sont tenus. Je suis parti à la fin de soirée vers 22h45, accompagné d’une amie. Quinze minutes plus tard place Louis Pasteur, nous avons croisé une formation de cinq personnes. C’est là que cris, pistage, puis menaces se sont abattus.

En tant qu’instigateurs, on retrouvait, enivrés, Alexandre Meuret et Théo Giacone. Ils promettent, longuement, de me « péter la gueule » lorsque les circonstances le permettront. En étant au cœur de la Grande-Rue, le réseau de vidéosurveillance a sans doute calmé l’ardeur des intéressés. Pour cette fois. Mais ceux-ci furent visiblement très au fait des mes allées et venues, comme le confirme un tiers. « Je connais un des membres du trio qui était dans la salle, il m’a demandé dans l’après-midi si tu allais venir. » Tous naviguent dans la fachosphère, des clichés les faisant apparaître avec… Meuret et Giacone. Préméditation et guet-apens ne font guère de doute.

Meuret et Giacone, bis repetita.

Concernant le parcours des lieutenants, il s’inscrit pleinement dans ce panorama. Alexandre Meuret, vingt-quatre ans, est un militant des « Vandal Besak », groupuscule paramilitaire néonazi impliqué dans de nombreuses exactions dans la région. Sur les réseaux sociaux, ses photographies alternent poses avec une réplique d’arme de guerre et archives bucoliques de soldats nazis en détente dans la capitale comtoise (voir ici). Quant à Théo Giacone, vingt-deux ans, il fut un cadre du Rassemblement National, avant d’en être viré pour ses amitiés sulfureuses, dont avec le précédent. Il a depuis rallié Zemmour et la Cocarde Étudiante, suscitant la controverse au sein de l’Université de Franche-Comté.

Ces deux affaires illustrent-elles les balbutiements de commandos, structurés, organisés, préparés, visant à instituer des « expéditions punitives » et autres « chasses aux gauchistes » sur Besançon ? En tout cas, les velléités en la matière ne sont malheureusement pas nouvelles. Les « Vandal Besak » étaient dernièrement engagés dans le mouvement d’opposition au passe sanitaire, avec des dossiers déjà entamés les 17 juillet et 14 août 2021. L’instruction, toujours ouverte, court depuis désormais près de huit mois, malgré les preuves flagrantes et multiples. Le Procureur de la République, Étienne Manteaux, veut t-il seulement considérer ces infractions avec gravité ?

Les bus de campagne du RN sont-ils illégaux?

Samedi matin sur France-Inter, une journaliste évoquait le fait que les frais liés à la douzaine de bus de campagne du RN ne seraient certainement pas remboursés par l’État (Commission nationale des comptes de campagne). Ce fut apparemment le cas lors d’autres campagnes électorales, car selon la Commission, les bus n’entrent dans « aucune case » prévue dans le code électoral et pourraient s’apparenter à de l’affichage sauvage.

La journaliste employa alors peut-être à tort (?) le terme d’illégal pour désigner ce type d’outil de propagande.

Ce n’est pas parce qu’il n’est pas répertorié dans les outils classiques de propagande qu’il en devient illégal.

Fouillons un peu la législation et on s’apercevra vite que plusieurs entorses à la loi sont flagrantes concernant les bus de campagne du RN…

De quel type de véhicules s’agit-il ?

Si le but est essentiellement de transporter des militants vers un congrès, ou une manifestation organisés par le RN, ce bus doit être considéré comme transport en commun et est soumis à l’ article L581-15 du code de l’environnement :

La publicité sur les véhicules terrestres, sur l’eau ou dans les airs peut être réglementée, subordonnée à autorisation ou interdite, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.

Toutefois, les dispositions de l’alinéa précédent ne sont pas applicables à la publicité relative à l’activité exercée par le propriétaire ou l’usager d’un véhicule, sous réserve que ce véhicule ne soit pas utilisé ou équipé à des fins essentiellement publicitaires.

Par exemple, le bus d’une équipe de foot sert en premier au transport de l’équipe, de son personnel technique, entraineurs, soigneurs, etc. La décoration du bus au couleur de l’équipe (donc sa publicité) n’est que secondaire. Il en va de même pour les camionnettes ou autres véhicules professionnels. Donc la publicité apposée sur ces véhicules n’est pas subordonnée à autorisation.

Par contre si la fonction des bus de campagne est de véhiculer les militants RN pour aller d’un lieu de tractage à un autre -les bus ne déplaçant pas plus d’une dizaine de militant-e-s à la fois, alors qu’un mini-bus aurait suffit – il ne s’agit plus de véhicules de transport en commun, mais bien de véhicules publicitaires. D’ailleurs le choix de la taille du bus n’est pas lié à un aspect pratique (ce sont des bus d’une contenance de 50 à 60 sièges environ) , mais correspond à une volonté d’en imposer, d’être le plus visible possible…ce qui est tout à fait logique pour un outil de campagne électorale.

Il s’agit donc bien d’un véhicule publicitaire.

Que dit la loi concernant les véhicules publicitaires?

Il faut aller chercher dans le code de l’environnement, c’est lui qui gère tout ce qui est surface et autres moyens publicitaires sur l’espace public… (on peut aussi consulter Le guide pratique de la réglementation de la publicité extérieure).

Le bus de campagne est soumis à l’article R581-48 du code de l’environnement: Paragraphe 1 : Véhicules terrestres : (les parties concernées sont soulignées)

Les véhicules terrestres utilisés ou équipés aux fins essentiellement de servir de support à de la publicité ou à des préenseignes ne peuvent stationner ou séjourner en des lieux où celles-ci sont visibles d’une voie ouverte à la circulation publique.

Ils ne peuvent ni circuler en convoi de deux ou plusieurs véhicules, ni à vitesse anormalement réduite.

En outre, ils ne peuvent pas circuler dans les lieux interdits à la publicité en application des articles L. 581-4 et L. 581-8. La surface totale des publicités apposées sur chaque véhicule ne peut excéder 12 mètres carrés.

Des dérogations à ces interdictions peuvent être accordées, à titre exceptionnel, par l’autorité de police à l’occasion de manifestations particulières.

La publicité lumineuse est interdite sur les véhicules terrestres.

Donc quand un bus du RN s’arrête comme il l’a fait à Besançon boulevard Général De Gaulle vendredi passé, il est en infraction.

De plus la surface totale de la carlingue et vitrage du bus concernée par la publicité dépasse largement les 12m² , seconde infraction.

Nota : Bien sûr, le RN a pu demander une dérogation. Ce qui peut être rapide dans certaines communes mais qui est plus compliqué dans des communes plus importantes possédant un RLP (un Plan Local de Publicité), ou en zone historique concernées par un PSMV (Plans de Sauvegarde et de Mise en Valeur) comme c’est le cas pour le centre historique de Besançon. Mais les délais imposés par l’administration nous semblent incompatibles avec le tempo qu’impose une campagne électorale. Nous avons donc un fort doute sur le fait que cette demande a été faite par le RN (mais nous avons peut être tort, allez savoir!)

Concernant l’utilisation des couleurs du drapeau national et de l’affichage électoral :

Concernant l’utilisation des trois couleurs du drapeau sur le matériel électoral (tracts, affiches, programmes…), il s’agissait jusqu’à peu d’une controverse récurrente durant les périodes électorales. Mais depuis décembre 2019, un nouveau décret allège les restrictions concernant l’utilisation de ces couleurs.

Article R27 du code électoralVersion en vigueur depuis le 01 janvier 2020 – Modifié par Décret n°2019-1494 du 27 décembre 2019 – art. 1

Sont interdites, sur les affiches et circulaires ayant un but ou un caractère électoral, l’utilisation de l’emblème national ainsi que la juxtaposition des trois couleurs : bleu, blanc et rouge dès lors qu’elle est de nature à entretenir la confusion avec l’emblème national, à l’exception de la reproduction de l’emblème d’un parti ou groupement politique.

Les affiches doivent avoir une largeur maximale de 594 mm et une hauteur maximale de 841 mm.

Donc la flamme tricolore du RN est autorisée, le logo de campagne de Marine Lepen (M la France) est lui aussi autorisé, …

mais le bandeau bleu-blanc-rouge bien droit et bien large sur la partie avant du bus, de chaque coté, semble être totalement illégal : Encore une infraction.

De plus dans un esprit d’équité entre candidats, le législateur a fixé la dimension maximale du support de propagande traditionnel (l’affiche) à un format A1. La surface publicitaire (surface adhésive appelée covering, il s’agit d’un support imprimé qui est collé sur un support, comme une affiche papier) couvrant les flancs du bus semblent faire fi de cette obligation…. 4ème infraction.

Sur ces derniers points aucune dérogation n’est possible, ce qui conforte l’illégalité de ce type d’outil publicitaire lors d’une campagne électorale.

4 infractions constatées, 4 délits… étonnant pour un parti autant moralisateur que le RN !

Résumé graphique de ce qui s’est passé à Besançon Vendredi après-midi :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Conclusion

Si le RN ne dispose pas d’une autorisation de stationnement temporaire concernant un véhicule publicitaire hors norme, il est alors tout à fait autoriser (lors d’une mobilisation anti-RN par exemple) de demander au bus de campagne de « dégager ! » ou de « circuler! » quand celui-ci pointe son pare-choc dans votre ville.

Le RN ne sera jamais le bienvenu à Besançon !

Cela n’étonnera personne si on avoue que le CAB s’est un peu endormi ces derniers temps. Mais fort heureusement à Besac, des personnes savent encore s’organiser (éh oui, sans nous) pour combattre l’extrême-droite. Preuve en est l’accueil réservé au bus de campagne du Rassemblement National ce vendredi après-midi…

Comme à son habitude le RN a annoncé presque à la dernière minute (mercredi 16 février) que l’un des bus de campagne allait parcourir le département ce vendredi 18 février, de Pontarlier à Besançon avec une halte au Valdahon à mi-parcours.

Nous sommes en fin de vacances scolaires de février. Beaucoup d’étudiant-e-s font une pause et ne sont plus sur le campus. Et pour le reste des militant-e-s, on ressent dans l’atmosphère un petit esprit de vacances.

Rien ne pouvait annoncer un tel accueil pour l’un des bus de campagne de la candidate Marine Lepen.

Vendredi matin : rétrospective de l’historique local du FN/RN :

Superbe initiative… En cours de matinée les murs du centre-ville se couvrent de plusieurs affiches rappelant aux Bisontin-ne-s le passif local du parti Lepeniste:

  • Roland Gaucher, conseiller régional FN de 1992 à 1998, co-fondateur du parti en 1972 mais il fut également un ancien responsable du Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel Déat et un collaborateur zélé sous le régime de Vichy (wikipedia.org : Roland Gaucher)
  • Attentat à la bombe incendiaire contre le cinéma bisontin « Le Building », rue Proudhon, le 3 octobre 1988. L’auteur de l’attentat est un militaire de réserve, catholique intégriste et candidat local Front national qui souhaitait agir contre la projection du film « La Dernière Tentation du Christ « , film qu’il jugeait blasphématoire (wikipedia.org : Attentat du cinéma Le Building)
  • En 1996, Sophie Montel, conseillère municipale de Besançon et qui sera à la tête du FN jusqu’en 2017, avait alors justifié « l’évidente inégalité des races » en opposant « la civilisation des Pygmées à celle des Athéniens de Périclès » (wikipedia.org : Sophie Montel)
  • En 2015, Florent-Pierrick Baumer ancien candidat FN aux cantonales de 2015 est exclu du parti suite à un selfie sur lequel il porte un t-shirt néonazi (fafwatch2 : le joli t-shirt néo-nazi de Florent-Pierrick Baumer). Par la suite il fondera son propre parti néonazi : l’UNIP (fafwatch2 : UNIP, historique d’un groupuscule déjà disparu).
  • En 2014 -2015, un colleur d’affiches FN , faisant parti d’une famille connue pour ses positions d’extrême droite, installe un bar clandestin dans son garage et dans sa cave. « Le Bunker » sera le rendez-vous de tous les néonazis du coin (fafwatch2 : Le Bunker, association nazie à Besançon)
  • Fin 2021, Théo Giacone, membre du bureau et militant à la Cocarde Étudiante, se prend en selfie et dévoile malencontreusement ses amitiés néonazies avec les «Vandal Besak» (fafwatch2.noblogs : le selfie de trop…).
  • Janvier 2022, Quentin le Derout, responsable-adjoint de la branche jeunesse jusqu’à l’été 2021 (Génération Nation 25) candidat RN lors des dernières départementales, condamné alors qu’il n’avait que 23 ans pour détention d’armes et violences conjugales, sera jugé le 25 mai prochain après avoir reconnu la dégradation de quatre mosquées dans le Doubs en 2021 (cabesancon : un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées).

Baumer, Giacone et Le Derout ont été exclus du RN quand leurs dérives ont été trop médiatisées. Mais ce n’est pas le cas des leaders tels Sophie Montel ou Roland Gaucher dont les positions hiérarchiques leurs ont évité ce genre de sanction. Tout comme Julien Odoul qui en juin 2021 ironise sur le suicide d’un agriculteur en demandant à d’autres militants RN présents « Est-ce que la corde est française ? ».(Est Républicain.fr : est-ce que la corde est française ?…)

Les comportements des responsables locaux, actuels et passés, reflètent pleinement les thèses de ce mouvement : fanatisme national, destruction des acquis sociaux, haine et rejet de l’autre. Comme toutes les idéologies et formations issues de l’extrême-droite, le Rassemblement National demeure un ennemi de nos intérêts et de nos luttes d’émancipation et de progrès.

Vendredi après-midi : accueil du bus

Bien avant l’arrivée du bus venant de Pontarlier, un petit groupe d’une vingtaine de personnes est déjà présent parking Chamars pour accueillir comme il se doit le bus de propagande du RN.

Évidement les policiers sont également présents en nombre, le commissariat se trouvant presque sur le même trottoir. On peut tout de même déplorer que pour un aussi court trajet, ils ont cru bon de se déplacer en véhicules de service.

16h30 environ, ce sont plus de trente personnes qui sont là pour huer à la descente du bus, Julien Odoul responsable régional du RN et les quelques militant-e-s qui l’ont accompagné depuis Pontarlier.

Parmi les protestataires mobilisé-e-s, étaient présent-e-s beaucoup de jeunes, des militant-e-s politiques (Parti Communiste Français, La France Insoumise, des anarchistes), des militant-e-s syndicalistes, mais également des figures connues des Gilets Jaunes. Toutes et tous regroupées derrière une banderole « Zemmour, Le Pen, Macron… hors de nos vies, hors de nos rues, hors de nos esprits »

Bien sûr comme à leur habitude, certains policiers ont provoqué les militants et surtout les militantes anti-RN.

Malgré ces intimidations le cordon de militant-e-s anti-RN doublé par le cordon de policiers qui entouraient le bus et la dizaine de militant-e-s du Rassemblement National, a été assez dissuasif pour que la rencontre souhaitée par le RN avec « son » public ne puisse pas avoir lieu.

Bref, à Besançon, l’opération de communication du RN a été un FLOP.

Suite à cette mobilisation anti-RN, au-dessous des articles parus sur les réseaux sociaux de la presse locale, on a pu lire les commentaires habituels critiquant les « gauchistes… » et leur « fameux non-respect » de la liberté d’expression. Pourtant c’est bien cette liberté d’expression qui fut au centre de cette mobilisation. Des militant-e-s antifascistes ont depuis le matin rappelé à toutes et tous ce qu’est réellement le RN/FN, notamment en remuant la merde frontiste grâce aux affiches citées plus haut.

Alors? Qui sont réellement les censeurs? Celleux qui nous rappellent la vérité? Où ceux (le RN et leurs amis) qui souhaiteraient bien que certains faits restent bien cachés sous le tapis?

Et même si cette mobilisation n’a regroupé qu’une trentaine de personnes (ce qui n’est pas mal pour un vendredi après-midi en période de vacances)… BRAVO et MERCI pour cette action salutaire !

Racistes, sexistes, antisémites, anti-LGBTQIAP+, putophobes, islamophobes, anti-tsiganes, validistes et prêcheurs de haine de tous genres ne seront jamais les bienvenus à Besac.

Un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées.

Article paru initialement sur Dijoncter.info : [Franche-Comté] Un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées

Fin novembre dernier, plusieurs lieux de cultes musulmans avaient été dégradés par des graffiti de croix de Lorraine. L’auteur des tags a été récemment identifié, il s’agit d’un ancien responsable-adjoint de l’organisation de jeunesse du RN et candidat aux dernières départementales. Un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé a son domicile.

21 novembre 2021 – Besançon – Des croix de Lorraine taguées sur deux mosquées (lire l’article sur Dijoncter.info ici)

Semaine difficile pour le Rassemblement National du Doubs. Après la sortie d’un dossier mettant en cause un membre de son bureau pour ses proximités néonazies, le parquet a confirmé l’identité du profanateur de trois mosquées. Il s’agit de Quentin le Derout, ancien responsable-adjoint de l’organisation de jeunesse et candidat aux dernières départementales. Déjà condamné pour violences conjugales et détention illégale d’armes, un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé à son domicile. Il a reconnu les faits, et sera jugé le mercredi 9 février à 14h00 au TGI de Besançon.

Profanations, Mein Kampf et violences conjugales.

Lundi nous révélions les proximités affichées entre un cadre du parti, Théo Giacone, et la mouvance néonazie, les « Vandals Besak » [voir ici]. Hier jeudi, c’est le Procureur de la République Étienne Manteaux qui enfonçait le clou : le magistrat a annoncé qu’un suspect a été arrêté dans l’affaire des mosquées profanées [voir ici]. Entre le 6 et le 20 novembre dernier, plusieurs lieux de cultes avaient en effet été visés par des inscriptions à croix de Lorraine sur Pontarlier, Montlebon et Besançon.

L’auteur présumé a depuis été interpellé, reconnaissant immédiatement et intégralement les accusations en indiquant qu’il voulait par ces actes « signifier que la France appartient aux Français. » Lors d’une perquisition menée à son domicile, un exemplaire de Mein Kampf a notamment été retrouvé… alors que l’analyse de son casier judiciaire rapporte deux condamnations pour « violences conjugales » et « détentions d’armes de catégorie D. » Un parcours bien loin du sans-faute.

Maxime Callois (premier plan) ; Jacques Ricciardetti et Géraldine Grangier (second plan) ; Quentin le Derout (troisième plan).

Un ancien cadre du Rassemblement National.

Cet individu se nomme Quentin le Derout. Âgé de vingt-trois ans, salarié en Suisse, il fut aussi un lieutenant local du RN. Il avait ainsi été nommé « responsable-adjoint » du groupe de jeunesse « Génération-Nation » le 30 mai 2021, puis désigné candidat aux élections départementales des 20 et 27 juin 2021 pour le canton de Pontarlier. Plusieurs clichés le montrent avec Jacques Ricciardetti, Julien Oudoul, Géraldine Grangier, Maxime Callois, ou encore Théo Giacone.

Le jeune nationaliste aurait toutefois depuis quitté le parti Lepeniste, qu’il juge « trop laxiste. » Une radicalisation fulgurante, établie en seulement quelques mois. Il vient d’être mis en examen pour « destruction, dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui » (322-1 CP) avec la circonstance aggravante « de l’appartenance […] à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » (322-2 CP), et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès.

À propos de la section bisontine de la Cocarde Étudiante.

Nota : Cet article aurait du être publié en octobre 2021, mais il a été plusieurs fois remanié au fil de l’actualité. Et des mises à jours ou des corrections lui seront certainement apportées dans l’avenir.

Faisons un petit bond dans le passé…Début de matinée mouvementée pour quelques camarades ce jeudi 9 septembre… en partant au boulot, iels remarquent que durant la nuit des dizaines d’affiches et des centaines de stickers au couleurs Bleu-Blanc-Rouge signés « La Cocarde Étudiante » ont recouvert les murs du centre ville. Iels seront donc en retard à leur travail car iels prennent soin de nettoyer leurs rues et leurs quartiers. Évidement tout ne sera pas nettoyé en une seule matinée, plus tard dans l’après-midi d’autres camarades se chargeront de débusquer les stickers oubliés (des stickers de très bonne qualité qui ne se déchirent pas en plusieurs morceaux quand on les décolle… un vrai plaisir.)

Mais au moment où les militants cocardiens postent sur twitter (jeudi soir) les photos de leur collage nocturne, le centre ville de Besak a déjà tout oublié de leur passage.

Ce fut donc, au matin du 9 septembre que nous apprenions la création d’une section de la Cocarde Étudiante Bourgogne-Franche-Comté.

Qu’est ce que la Cocarde ?

Syndicat étudiant, la Cocarde Etudiante a été créée par des étudiants issus de la Droite Populaire (courant proche de l’UMP, puis du Front National). La Cocarde souhaitait rassembler les différents courants souverainistes au sein de l’université tout en refusant l’étiquette d’extrême droite.

Mais les conférences qu’elle organise en invitant des personnages tel que Jordan Bardella, Marion Maréchal, Jean-Frédéric Poisson, Alain de Benoist et Jean-Yves Le Gallou, démontrent rapidement son orientation affirmée vers une extrême droite plus radicale. De plus la Cocarde ne cache pas ses liens avec l’Action Française ou Génération Identitaire, puisque certains membres y sont/étaient également militants.

Tout comme l’UNI (autre syndicat étudiant proche de LR), La Cocarde Étudiante se positionne contre les blocages de facultés en allant jusqu’à la confrontation physique avec les militants adverses (UNEF, Solidaires Etudiant-e-s). La Cocarde milite pour la sélection à l’entrée à l’université en remettant en cause l’égalitarisme républicain. Elle met en opposition étrangers et « nationaux ». Elle souhaite en finir avec le « gauchisme culturel » dans les facultés, le « péril migratoire » et le « changement de peuple », termes qui renvoient à la théorie du « grand remplacement » très en vogue à l’extrême droite. Elle affirme également lutter contre « l’islamo-gauchisme », le « wokisme » et la « Cancel Culture ». On aperçoit aussi certains de ces militants auprès de ceux de la Manif-Pour-Tous lors des rassemblements anti-PMA/GPA.

Collage à Belfort contre l’ « islamo-gauchisme »

Créée en mai de cette année, à partir d’un noyau d’étudiants basés sur Belfort, la Cocarde Franche-Comté, comprend depuis septembre sa section bisontine. À la manœuvre, on retrouve deux membres notoires issus du Rassemblement National local, et de Génération Nation (la nouvelle formule des FNJ) : Théo. G et Jean-Baptiste B. Tous deux étaient sur les listes présentées par le RN lors des derniers scrutins municipaux, départementaux, et régionaux.

Afin d’exister, la petite organisation a misé sur la communication basique d’un groupe dont les militant-e-s sont issu-e-s du RN : un compte Twitter et une page Facebook (déjà existante et liée à l’origine à la section de Belfort) qui seront alimentés par l’actualité du parti à défaut d’actions locales régulières, et quelques collages au centre-ville de Besançon (qui ne tiendront pas une journée).

Manœuvre électoraliste ?

Lors d’une première mouture de cet article début novembre, nous avions cru à une manœuvre électoraliste du RN. Puisque plus de 80% des jeunes (18-30 ans) ne se sont pas rendus aux urnes lors des dernières élections de 2020 et 2021 (ifop : abstention aux-régionales, manifestation spectaculaire de la crise de foi républicaine), et alors que les présidentielles approchent, la mise en place d’une section bisontine de la Cocarde par des étudiant-e-s encarté-e-s au Rassemblement National nous apparaissait comme une manœuvre du parti lepeniste pour essayer de séduire les primo-électeurs que sont les étudiant-e-s.

Avions nous tort de le penser ?

De prime abord, on pourrait le croire, car au moment où nous allions publier nous constatons que tout comme au niveau national, il y a au niveau local quelques bouleversements qui ébrèchent notre vision monolithique de la Cocarde bisontine. Et ce bouleversement s’appelle Zemmour…

Jean Baptiste B. qui était militant à Génération Nation (les jeunes du Rassemblement National) rejoint durant l’automne le camp Zémmourien (zémmouriste?!). Et il se peut qu’il ne soit pas le seul à faire défection dans le camp mariniste.

La section franc-comtoise de la Cocarde Étudiante ressemble donc à toutes les autres sections, elle rassemble des militant-e-s des différentes familles et partis de l’extrême droite…

Syndicat œcuménique ?

Cet automne, la lecture de la page twitter de la Cocarde Étudiante Bourgogne Franche-Comté (tout comme celle de la Cocarde parisienne) rendait compte de cet œcuménisme extrême-droitard. Des twits provenant des membres du RN se mélangeaient à ceux venant de Philippot ou de Debout La France, auxquels il faut désormais ajouter ceux de Zemmour, ainsi que ceux provenant d’anciens du FN mais toujours bien présents dans la fachosphère comme Marion Maréchal, Jean Messiha, ou Julien Rochedy.

Mais pour une association qui se réclame d’un syndicalisme étudiant, on y lit très peu d’articles concernant les étudiant-e-s, leurs problèmes, ou la vie universitaire en général… Par contre l’accent est mis sur les leitmotivs habituels de l’extrême-droite : sécurité, immigration et perte des valeurs civilisationnelles.

À la veille d’élections présidentielles, créer un groupe accueillant des personnes militant dans des organisations politiques qui refusent officiellement tout accord électoral entre elles (RN, les Patriotes et Zemmour) cela ne relève-t’il pas de la gageure?

C’est ce que laisserait supposer la suppression début décembre de la page twitter de la Cocarde Étudiante Bourgogne Franche-Comté (cocarde_bfc) et son remplacement par une page twitter Cocarde Franche-Comté (cocarde_fc) qui ressemble à la première page twitter mais purgée de tous les twits non-issus du RN ou de ses sympathisants.

Nous n’avions donc pas totalement tort concernant l’influence des militant-e-s RN sur ce syndicat.

Donc en ce début d’année, les militant-e-s RN ont, semble-t-il, repris le dessus dans la gestion de la section locale de la Cocarde. Ce qui reconfirmerait alors ce que l’on craignait en septembre : que le RN pourrait utiliser ce syndicat pour séduire les primo-électeurs que sont les étudiant-e-s durant les campagnes électorales à venir en diffusant sur les campus universitaire sa propagande nationaliste.

Et les élections universitaires ?

Évidement les élections universitaires sont dans la ligne de mire de n’importe quelle organisation étudiante. Mais le peu d’étudiant-e-s votants lors de ces élections handicape les syndicats peu connus et les nouvelles formations, laissant la FAGE et l’UNEF toujours sur le podium.

Présents dans plus d’une dizaine d’université, la Cocarde n’a pu présenter de listes qu’à Paris et à Lyon. Concernant l’Université Bourgogne Franche-Comté, la Cocarde n’a heureusement pas su (ou n’a pas voulu…?) mobiliser assez de militants pour déposer une liste (élections de décembre 2021). Et il ne fallait surtout pas compter sur la section dijonnaise qui malgré un effectif conséquent en 2020-2021, est aux abonnés absents depuis l’été 2021 (leur page Facebook et le compte Twitter ne sont plus alimentés.)

La Cocarde Bourgogne Franche-Comté c’est Besançon, Belfort et … Dijon

Localement (Besançon) le tapage ne semble pas porter ses fruits, malgré le soutien de Jacques Ricciardetti (le leader bisontin du RN et conseiller régional auprès de Julien Odoul). Les rares autres bras engagés (4 ou 5 personnes) sont, pour l’instant, tous issus du mouvement Lepeniste, et sont disséminés sur la région. Le recrutement de nouveaux militants semble être très laborieux, et la Cocarde Besançon semble stagner en effectif. Seule la section de Dijon, plus ancienne, était arrivée à faire modestement ses preuves, en étant ancrée depuis janvier 2020. Mais comme nous l’avons écrit à peine plus haut, et même si on a vu des militants dijonnais présents au meeting de Zemmour à Villepinte, on ne sait si la Cocarde Dijon est encore active.

Néanmoins, il est bon de rappeler que dans la capitale des Ducs, la Cocarde a entretenu avec d’autres groupes radicaux des liaisons dangereuses pas si étonnantes que cela :…

La Cocarde : Du RN aux néonazis

– Le 10 octobre 2020 lors d’une manifestation anti-PMA-GPA organisée par la Manif-Pour-Tous, on retrouve les militants de la Cocarde Dijon auprès des groupuscules néonazis Vandals Besak et Bourgogne Nationaliste. Plus tard dans la journée ils poseront ensemble pour une photo qui sera publiée sur la page Telegram de Ouest Casual.

10 octobre 2020 – Dijon : Les militants de la Cocarde Dijon avec un membre de Bourgogne Nationaliste à gauche
10 octobre 2020 – Dijon : Les militants de la Cocarde Dijon reconnaissables grâce aux stickers, et aux vêtements qu’ils portaient sur la photo précédente avec les membres de Bourgogne Nationaliste et des néonazis Bisontins Vandals Besak (VDL BSK)

– le 31 janvier 2021, également pour une manifestation anti-PMA-GPA, on retrouve Alexandre Hinger, le responsable de la Cocarde Dijonnaise, auprès de Benjamin Lematte, ancien du Front National, puis du PDF et désormais leader du groupuscule néonazi Bourgogne Nationaliste. Peu avant cette photo, Benjamin Lematte et ses sbires de Bourgogne Nationaliste aidés par les Vandal Besak ont agressé les militantes féministes du collectif 25 Novembre ( voir article du CAB à ce sujet).

31 janvier 2021 – Dijon – Les militants de la Cocarde posent avec Benjamin Lematte (en veste Lonsdale)

Mais cette relation entre Cocarde Étudiante et groupuscules néonazis violents est elle surprenante ?… Pas vraiment quand on regarde ce qui c’est déjà produit dans d’autres régions.

En effet, il se trouve que la Cocarde Étudiante est également connue à l’échelle nationale pour ses actions coups de poings en connivence avec des ultranationalistes, néonazis, identitaires, ou royalistes :

Il reste à savoir si de tels liens existent également localement entre la Cocarde Besançon et des groupes radicaux violents, même s’il semblerait que la violence est dans les gênes de ce syndicat, ou si l’organisation étudiante n’est qu’un outil de propagande du RN visant les étudiant-e-s en périodes électorales et que la création d’une section bisontine ne relève pas davantage du marche-pied électoraliste et médiatique que d’une véritable volonté d’implantation.

A quelques mois des élections présidentielles, entre tags racistes et homophobes, stickers de groupuscules d’extrême-droite violents, tentatives néonazies d’infiltrations dans les rassemblements contre le passe-sanitaire, les différents mouvements d’extrême-droite se font de plus en plus visibles à Besançon (voir article de France 3 région Bourgogne Franche-Comté).

Les loups sortent du bois, et la Cocarde Étudiante est un groupe parmi d’autres. A nous de rester vigilant-e-s.

En cette nouvelle année qui commence, nous souhaitons à la Cocarde Franche-Comté une prompte disparition, et un oubli rapide.

PS : Némésis Besançon

En parallèle à la création de la Cocarde Franc-Comtoise, est apparue une section locale du collectif Némésis, le groupe féministe d’extrême-droite (voir ici, et encore ) qui voit en chaque immigré un violeur ou un assassin potentiel. Pour l’instant, les deux militantes bisontines ne peuvent se vanter que de 3 stickers sur des gouttières…

Le buste d’Henriette de Crans vandalisé: Une violence faite à toutes les femmes !

Henriette de Crans fut la première femme condamnée pour sorcellerie et à avoir été brulée vive à Besançon. S’en est suivit jusqu’au XVIIIe siècle une vague de persécutions fortement misogynes.

Afin de se remémorer toutes les formes de violences sexuelles et sexistes et la nécessité de continuer à se dresser contre, une statue à l’image de Henriette de Crans a été érigé dans le parc Chamars, parc où avait été dressé le bûcher. C’est lors de la manifestation contre les violences faites aux femmes que son buste a été inauguré le 20 novembre dernier par la maire de Besançon (article France 3 Régions : Brulée vive pour sorcellerie Henriette de Crans aura sa statue à Besançon).

Dans la nuit de lundi à mardi (29 et 30 novembre), cette statue a été vandalisée. Son visage a été recouvert de peinture orange. Plusieurs croix gammées ont également été retrouvées gravées dans l’écorce des arbres à proximité de la statue.

La ville de Besançon a déposé plainte. Et lors de la conférence de presse organisée sur le parvis du commissariat ce mardi à 14h00, la maire de Besançon nous a apprit que d’autres croix gammées avaient déjà été inscrites sur le socle au moment de l’installation de la statue, et que d’autres avaient été gravées sur des arbres situés le long de la promenade Chamars.

Est-il étonnant de voir des fascistes vandaliser une statue, alors que condamnant « wokisme » ou « cancel culture », ils poussent des cris d’orfraies quand il s’agit de déboulonner la statue d’un esclavagiste? Est-il encore étonnant de les voir vandaliser la statue d’une femme condamnée au bûcher, alors qu’ils idolâtrent Jeanne d’Arc? De plus ces actes ne sont pas sans rappeler les graffitis faits sur les passages piétons arc-en-ciel au début de cet été (article MaCommune.info : Plainte d’Anne Vignot après la découverte d’une croix gammée sur le passage piéton arc-en-ciel LGBTQI+) et dont les auteurs n’ont toujours pas été identifiés.

Il n’y a malheureusement rien d’étonnant dans ces actes pitoyables. Les nervis extrêmes-droites (qu’ils soient issus du RN, des groupuscules néo-nazis ou représentants les petits caporaux défenseurs de l’identité nationale) démontrent une énième fois qu’ils ne seront jamais du côté des victimes et des luttes visant à l’égalité et à l’émancipation.

Car si le martyr d’Henriette de Crans fait écho à toutes les violences faites aux femmes à travers les siècles, vandaliser sa statue ne consiste pas simplement à vouloir nier cette violence, au contraire cette dégradation sexiste permet à ses auteurs d’assumer et de revendiquer ce droit à la violence traduisant ainsi leur vision archaïque car hiérarchique et patriarcale de la société, ce qui est intolérable.

Mais depuis plusieurs années, et surtout depuis les mouvements « Me Too » ou « Balance Ton Porc » en passant par le rapport Sauvé, c’est le masculinisme et le patriarcat qui vacillent sur leur piédestal millénaire. Et ce n’est pas un peu de peinture ou les éructations sexistes de nabots politiciens qui les sauveront. La lutte pour l’égalité et l’émancipation continue, et c’est en restant combatives, combatifs et solidaires que nous la mènerons à son terme inéluctable.