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Les bus de campagne du RN sont-ils illégaux?

Samedi matin sur France-Inter, une journaliste évoquait le fait que les frais liés à la douzaine de bus de campagne du RN ne seraient certainement pas remboursés par l’État (Commission nationale des comptes de campagne). Ce fut apparemment le cas lors d’autres campagnes électorales, car selon la Commission, les bus n’entrent dans « aucune case » prévue dans le code électoral et pourraient s’apparenter à de l’affichage sauvage.

La journaliste employa alors peut-être à tort (?) le terme d’illégal pour désigner ce type d’outil de propagande.

Ce n’est pas parce qu’il n’est pas répertorié dans les outils classiques de propagande qu’il en devient illégal.

Fouillons un peu la législation et on s’apercevra vite que plusieurs entorses à la loi sont flagrantes concernant les bus de campagne du RN…

De quel type de véhicules s’agit-il ?

Si le but est essentiellement de transporter des militants vers un congrès, ou une manifestation organisés par le RN, ce bus doit être considéré comme transport en commun et est soumis à l’ article L581-15 du code de l’environnement :

La publicité sur les véhicules terrestres, sur l’eau ou dans les airs peut être réglementée, subordonnée à autorisation ou interdite, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.

Toutefois, les dispositions de l’alinéa précédent ne sont pas applicables à la publicité relative à l’activité exercée par le propriétaire ou l’usager d’un véhicule, sous réserve que ce véhicule ne soit pas utilisé ou équipé à des fins essentiellement publicitaires.

Par exemple, le bus d’une équipe de foot sert en premier au transport de l’équipe, de son personnel technique, entraineurs, soigneurs, etc. La décoration du bus au couleur de l’équipe (donc sa publicité) n’est que secondaire. Il en va de même pour les camionnettes ou autres véhicules professionnels. Donc la publicité apposée sur ces véhicules n’est pas subordonnée à autorisation.

Par contre si la fonction des bus de campagne est de véhiculer les militants RN pour aller d’un lieu de tractage à un autre -les bus ne déplaçant pas plus d’une dizaine de militant-e-s à la fois, alors qu’un mini-bus aurait suffit – il ne s’agit plus de véhicules de transport en commun, mais bien de véhicules publicitaires. D’ailleurs le choix de la taille du bus n’est pas lié à un aspect pratique (ce sont des bus d’une contenance de 50 à 60 sièges environ) , mais correspond à une volonté d’en imposer, d’être le plus visible possible…ce qui est tout à fait logique pour un outil de campagne électorale.

Il s’agit donc bien d’un véhicule publicitaire.

Que dit la loi concernant les véhicules publicitaires?

Il faut aller chercher dans le code de l’environnement, c’est lui qui gère tout ce qui est surface et autres moyens publicitaires sur l’espace public… (on peut aussi consulter Le guide pratique de la réglementation de la publicité extérieure).

Le bus de campagne est soumis à l’article R581-48 du code de l’environnement: Paragraphe 1 : Véhicules terrestres : (les parties concernées sont soulignées)

Les véhicules terrestres utilisés ou équipés aux fins essentiellement de servir de support à de la publicité ou à des préenseignes ne peuvent stationner ou séjourner en des lieux où celles-ci sont visibles d’une voie ouverte à la circulation publique.

Ils ne peuvent ni circuler en convoi de deux ou plusieurs véhicules, ni à vitesse anormalement réduite.

En outre, ils ne peuvent pas circuler dans les lieux interdits à la publicité en application des articles L. 581-4 et L. 581-8. La surface totale des publicités apposées sur chaque véhicule ne peut excéder 12 mètres carrés.

Des dérogations à ces interdictions peuvent être accordées, à titre exceptionnel, par l’autorité de police à l’occasion de manifestations particulières.

La publicité lumineuse est interdite sur les véhicules terrestres.

Donc quand un bus du RN s’arrête comme il l’a fait à Besançon boulevard Général De Gaulle vendredi passé, il est en infraction.

De plus la surface totale de la carlingue et vitrage du bus concernée par la publicité dépasse largement les 12m² , seconde infraction.

Nota : Bien sûr, le RN a pu demander une dérogation. Ce qui peut être rapide dans certaines communes mais qui est plus compliqué dans des communes plus importantes possédant un RLP (un Plan Local de Publicité), ou en zone historique concernées par un PSMV (Plans de Sauvegarde et de Mise en Valeur) comme c’est le cas pour le centre historique de Besançon. Mais les délais imposés par l’administration nous semblent incompatibles avec le tempo qu’impose une campagne électorale. Nous avons donc un fort doute sur le fait que cette demande a été faite par le RN (mais nous avons peut être tort, allez savoir!)

Concernant l’utilisation des couleurs du drapeau national et de l’affichage électoral :

Concernant l’utilisation des trois couleurs du drapeau sur le matériel électoral (tracts, affiches, programmes…), il s’agissait jusqu’à peu d’une controverse récurrente durant les périodes électorales. Mais depuis décembre 2019, un nouveau décret allège les restrictions concernant l’utilisation de ces couleurs.

Article R27 du code électoralVersion en vigueur depuis le 01 janvier 2020 – Modifié par Décret n°2019-1494 du 27 décembre 2019 – art. 1

Sont interdites, sur les affiches et circulaires ayant un but ou un caractère électoral, l’utilisation de l’emblème national ainsi que la juxtaposition des trois couleurs : bleu, blanc et rouge dès lors qu’elle est de nature à entretenir la confusion avec l’emblème national, à l’exception de la reproduction de l’emblème d’un parti ou groupement politique.

Les affiches doivent avoir une largeur maximale de 594 mm et une hauteur maximale de 841 mm.

Donc la flamme tricolore du RN est autorisée, le logo de campagne de Marine Lepen (M la France) est lui aussi autorisé, …

mais le bandeau bleu-blanc-rouge bien droit et bien large sur la partie avant du bus, de chaque coté, semble être totalement illégal : Encore une infraction.

De plus dans un esprit d’équité entre candidats, le législateur a fixé la dimension maximale du support de propagande traditionnel (l’affiche) à un format A1. La surface publicitaire (surface adhésive appelée covering, il s’agit d’un support imprimé qui est collé sur un support, comme une affiche papier) couvrant les flancs du bus semblent faire fi de cette obligation…. 4ème infraction.

Sur ces derniers points aucune dérogation n’est possible, ce qui conforte l’illégalité de ce type d’outil publicitaire lors d’une campagne électorale.

4 infractions constatées, 4 délits… étonnant pour un parti autant moralisateur que le RN !

Résumé graphique de ce qui s’est passé à Besançon Vendredi après-midi :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Conclusion

Si le RN ne dispose pas d’une autorisation de stationnement temporaire concernant un véhicule publicitaire hors norme, il est alors tout à fait autoriser (lors d’une mobilisation anti-RN par exemple) de demander au bus de campagne de « dégager ! » ou de « circuler! » quand celui-ci pointe son pare-choc dans votre ville.

Le RN ne sera jamais le bienvenu à Besançon !

Cela n’étonnera personne si on avoue que le CAB s’est un peu endormi ces derniers temps. Mais fort heureusement à Besac, des personnes savent encore s’organiser (éh oui, sans nous) pour combattre l’extrême-droite. Preuve en est l’accueil réservé au bus de campagne du Rassemblement National ce vendredi après-midi…

Comme à son habitude le RN a annoncé presque à la dernière minute (mercredi 16 février) que l’un des bus de campagne allait parcourir le département ce vendredi 18 février, de Pontarlier à Besançon avec une halte au Valdahon à mi-parcours.

Nous sommes en fin de vacances scolaires de février. Beaucoup d’étudiant-e-s font une pause et ne sont plus sur le campus. Et pour le reste des militant-e-s, on ressent dans l’atmosphère un petit esprit de vacances.

Rien ne pouvait annoncer un tel accueil pour l’un des bus de campagne de la candidate Marine Lepen.

Vendredi matin : rétrospective de l’historique local du FN/RN :

Superbe initiative… En cours de matinée les murs du centre-ville se couvrent de plusieurs affiches rappelant aux Bisontin-ne-s le passif local du parti Lepeniste:

  • Roland Gaucher, conseiller régional FN de 1992 à 1998, co-fondateur du parti en 1972 mais il fut également un ancien responsable du Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel Déat et un collaborateur zélé sous le régime de Vichy (wikipedia.org : Roland Gaucher)
  • Attentat à la bombe incendiaire contre le cinéma bisontin « Le Building », rue Proudhon, le 3 octobre 1988. L’auteur de l’attentat est un militaire de réserve, catholique intégriste et candidat local Front national qui souhaitait agir contre la projection du film « La Dernière Tentation du Christ « , film qu’il jugeait blasphématoire (wikipedia.org : Attentat du cinéma Le Building)
  • En 1996, Sophie Montel, conseillère municipale de Besançon et qui sera à la tête du FN jusqu’en 2017, avait alors justifié « l’évidente inégalité des races » en opposant « la civilisation des Pygmées à celle des Athéniens de Périclès » (wikipedia.org : Sophie Montel)
  • En 2015, Florent-Pierrick Baumer ancien candidat FN aux cantonales de 2015 est exclu du parti suite à un selfie sur lequel il porte un t-shirt néonazi (fafwatch2 : le joli t-shirt néo-nazi de Florent-Pierrick Baumer). Par la suite il fondera son propre parti néonazi : l’UNIP (fafwatch2 : UNIP, historique d’un groupuscule déjà disparu).
  • En 2014 -2015, un colleur d’affiches FN , faisant parti d’une famille connue pour ses positions d’extrême droite, installe un bar clandestin dans son garage et dans sa cave. « Le Bunker » sera le rendez-vous de tous les néonazis du coin (fafwatch2 : Le Bunker, association nazie à Besançon)
  • Fin 2021, Théo Giacone, membre du bureau et militant à la Cocarde Étudiante, se prend en selfie et dévoile malencontreusement ses amitiés néonazies avec les «Vandal Besak» (fafwatch2.noblogs : le selfie de trop…).
  • Janvier 2022, Quentin le Derout, responsable-adjoint de la branche jeunesse jusqu’à l’été 2021 (Génération Nation 25) candidat RN lors des dernières départementales, condamné alors qu’il n’avait que 23 ans pour détention d’armes et violences conjugales, sera jugé le 25 mai prochain après avoir reconnu la dégradation de quatre mosquées dans le Doubs en 2021 (cabesancon : un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées).

Baumer, Giacone et Le Derout ont été exclus du RN quand leurs dérives ont été trop médiatisées. Mais ce n’est pas le cas des leaders tels Sophie Montel ou Roland Gaucher dont les positions hiérarchiques leurs ont évité ce genre de sanction. Tout comme Julien Odoul qui en juin 2021 ironise sur le suicide d’un agriculteur en demandant à d’autres militants RN présents « Est-ce que la corde est française ? ».(Est Républicain.fr : est-ce que la corde est française ?…)

Les comportements des responsables locaux, actuels et passés, reflètent pleinement les thèses de ce mouvement : fanatisme national, destruction des acquis sociaux, haine et rejet de l’autre. Comme toutes les idéologies et formations issues de l’extrême-droite, le Rassemblement National demeure un ennemi de nos intérêts et de nos luttes d’émancipation et de progrès.

Vendredi après-midi : accueil du bus

Bien avant l’arrivée du bus venant de Pontarlier, un petit groupe d’une vingtaine de personnes est déjà présent parking Chamars pour accueillir comme il se doit le bus de propagande du RN.

Évidement les policiers sont également présents en nombre, le commissariat se trouvant presque sur le même trottoir. On peut tout de même déplorer que pour un aussi court trajet, ils ont cru bon de se déplacer en véhicules de service.

16h30 environ, ce sont plus de trente personnes qui sont là pour huer à la descente du bus, Julien Odoul responsable régional du RN et les quelques militant-e-s qui l’ont accompagné depuis Pontarlier.

Parmi les protestataires mobilisé-e-s, étaient présent-e-s beaucoup de jeunes, des militant-e-s politiques (Parti Communiste Français, La France Insoumise, des anarchistes), des militant-e-s syndicalistes, mais également des figures connues des Gilets Jaunes. Toutes et tous regroupées derrière une banderole « Zemmour, Le Pen, Macron… hors de nos vies, hors de nos rues, hors de nos esprits »

Bien sûr comme à leur habitude, certains policiers ont provoqué les militants et surtout les militantes anti-RN.

Malgré ces intimidations le cordon de militant-e-s anti-RN doublé par le cordon de policiers qui entouraient le bus et la dizaine de militant-e-s du Rassemblement National, a été assez dissuasif pour que la rencontre souhaitée par le RN avec « son » public ne puisse pas avoir lieu.

Bref, à Besançon, l’opération de communication du RN a été un FLOP.

Suite à cette mobilisation anti-RN, au-dessous des articles parus sur les réseaux sociaux de la presse locale, on a pu lire les commentaires habituels critiquant les « gauchistes… » et leur « fameux non-respect » de la liberté d’expression. Pourtant c’est bien cette liberté d’expression qui fut au centre de cette mobilisation. Des militant-e-s antifascistes ont depuis le matin rappelé à toutes et tous ce qu’est réellement le RN/FN, notamment en remuant la merde frontiste grâce aux affiches citées plus haut.

Alors? Qui sont réellement les censeurs? Celleux qui nous rappellent la vérité? Où ceux (le RN et leurs amis) qui souhaiteraient bien que certains faits restent bien cachés sous le tapis?

Et même si cette mobilisation n’a regroupé qu’une trentaine de personnes (ce qui n’est pas mal pour un vendredi après-midi en période de vacances)… BRAVO et MERCI pour cette action salutaire !

Racistes, sexistes, antisémites, anti-LGBTQIAP+, putophobes, islamophobes, anti-tsiganes, validistes et prêcheurs de haine de tous genres ne seront jamais les bienvenus à Besac.

Un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées.

Article paru initialement sur Dijoncter.info : [Franche-Comté] Un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées

Fin novembre dernier, plusieurs lieux de cultes musulmans avaient été dégradés par des graffiti de croix de Lorraine. L’auteur des tags a été récemment identifié, il s’agit d’un ancien responsable-adjoint de l’organisation de jeunesse du RN et candidat aux dernières départementales. Un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé a son domicile.

21 novembre 2021 – Besançon – Des croix de Lorraine taguées sur deux mosquées (lire l’article sur Dijoncter.info ici)

Semaine difficile pour le Rassemblement National du Doubs. Après la sortie d’un dossier mettant en cause un membre de son bureau pour ses proximités néonazies, le parquet a confirmé l’identité du profanateur de trois mosquées. Il s’agit de Quentin le Derout, ancien responsable-adjoint de l’organisation de jeunesse et candidat aux dernières départementales. Déjà condamné pour violences conjugales et détention illégale d’armes, un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé à son domicile. Il a reconnu les faits, et sera jugé le mercredi 9 février à 14h00 au TGI de Besançon.

Profanations, Mein Kampf et violences conjugales.

Lundi nous révélions les proximités affichées entre un cadre du parti, Théo Giacone, et la mouvance néonazie, les « Vandals Besak » [voir ici]. Hier jeudi, c’est le Procureur de la République Étienne Manteaux qui enfonçait le clou : le magistrat a annoncé qu’un suspect a été arrêté dans l’affaire des mosquées profanées [voir ici]. Entre le 6 et le 20 novembre dernier, plusieurs lieux de cultes avaient en effet été visés par des inscriptions à croix de Lorraine sur Pontarlier, Montlebon et Besançon.

L’auteur présumé a depuis été interpellé, reconnaissant immédiatement et intégralement les accusations en indiquant qu’il voulait par ces actes « signifier que la France appartient aux Français. » Lors d’une perquisition menée à son domicile, un exemplaire de Mein Kampf a notamment été retrouvé… alors que l’analyse de son casier judiciaire rapporte deux condamnations pour « violences conjugales » et « détentions d’armes de catégorie D. » Un parcours bien loin du sans-faute.

Maxime Callois (premier plan) ; Jacques Ricciardetti et Géraldine Grangier (second plan) ; Quentin le Derout (troisième plan).

Un ancien cadre du Rassemblement National.

Cet individu se nomme Quentin le Derout. Âgé de vingt-trois ans, salarié en Suisse, il fut aussi un lieutenant local du RN. Il avait ainsi été nommé « responsable-adjoint » du groupe de jeunesse « Génération-Nation » le 30 mai 2021, puis désigné candidat aux élections départementales des 20 et 27 juin 2021 pour le canton de Pontarlier. Plusieurs clichés le montrent avec Jacques Ricciardetti, Julien Oudoul, Géraldine Grangier, Maxime Callois, ou encore Théo Giacone.

Le jeune nationaliste aurait toutefois depuis quitté le parti Lepeniste, qu’il juge « trop laxiste. » Une radicalisation fulgurante, établie en seulement quelques mois. Il vient d’être mis en examen pour « destruction, dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui » (322-1 CP) avec la circonstance aggravante « de l’appartenance […] à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » (322-2 CP), et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès.

À propos de la section bisontine de la Cocarde Étudiante.

Nota : Cet article aurait du être publié en octobre 2021, mais il a été plusieurs fois remanié au fil de l’actualité. Et des mises à jours ou des corrections lui seront certainement apportées dans l’avenir.

Faisons un petit bond dans le passé…Début de matinée mouvementée pour quelques camarades ce jeudi 9 septembre… en partant au boulot, iels remarquent que durant la nuit des dizaines d’affiches et des centaines de stickers au couleurs Bleu-Blanc-Rouge signés « La Cocarde Étudiante » ont recouvert les murs du centre ville. Iels seront donc en retard à leur travail car iels prennent soin de nettoyer leurs rues et leurs quartiers. Évidement tout ne sera pas nettoyé en une seule matinée, plus tard dans l’après-midi d’autres camarades se chargeront de débusquer les stickers oubliés (des stickers de très bonne qualité qui ne se déchirent pas en plusieurs morceaux quand on les décolle… un vrai plaisir.)

Mais au moment où les militants cocardiens postent sur twitter (jeudi soir) les photos de leur collage nocturne, le centre ville de Besak a déjà tout oublié de leur passage.

Ce fut donc, au matin du 9 septembre que nous apprenions la création d’une section de la Cocarde Étudiante Bourgogne-Franche-Comté.

Qu’est ce que la Cocarde ?

Syndicat étudiant, la Cocarde Etudiante a été créée par des étudiants issus de la Droite Populaire (courant proche de l’UMP, puis du Front National). La Cocarde souhaitait rassembler les différents courants souverainistes au sein de l’université tout en refusant l’étiquette d’extrême droite.

Mais les conférences qu’elle organise en invitant des personnages tel que Jordan Bardella, Marion Maréchal, Jean-Frédéric Poisson, Alain de Benoist et Jean-Yves Le Gallou, démontrent rapidement son orientation affirmée vers une extrême droite plus radicale. De plus la Cocarde ne cache pas ses liens avec l’Action Française ou Génération Identitaire, puisque certains membres y sont/étaient également militants.

Tout comme l’UNI (autre syndicat étudiant proche de LR), La Cocarde Étudiante se positionne contre les blocages de facultés en allant jusqu’à la confrontation physique avec les militants adverses (UNEF, Solidaires Etudiant-e-s). La Cocarde milite pour la sélection à l’entrée à l’université en remettant en cause l’égalitarisme républicain. Elle met en opposition étrangers et « nationaux ». Elle souhaite en finir avec le « gauchisme culturel » dans les facultés, le « péril migratoire » et le « changement de peuple », termes qui renvoient à la théorie du « grand remplacement » très en vogue à l’extrême droite. Elle affirme également lutter contre « l’islamo-gauchisme », le « wokisme » et la « Cancel Culture ». On aperçoit aussi certains de ces militants auprès de ceux de la Manif-Pour-Tous lors des rassemblements anti-PMA/GPA.

Collage à Belfort contre l’ « islamo-gauchisme »

Créée en mai de cette année, à partir d’un noyau d’étudiants basés sur Belfort, la Cocarde Franche-Comté, comprend depuis septembre sa section bisontine. À la manœuvre, on retrouve deux membres notoires issus du Rassemblement National local, et de Génération Nation (la nouvelle formule des FNJ) : Théo. G et Jean-Baptiste B. Tous deux étaient sur les listes présentées par le RN lors des derniers scrutins municipaux, départementaux, et régionaux.

Afin d’exister, la petite organisation a misé sur la communication basique d’un groupe dont les militant-e-s sont issu-e-s du RN : un compte Twitter et une page Facebook (déjà existante et liée à l’origine à la section de Belfort) qui seront alimentés par l’actualité du parti à défaut d’actions locales régulières, et quelques collages au centre-ville de Besançon (qui ne tiendront pas une journée).

Manœuvre électoraliste ?

Lors d’une première mouture de cet article début novembre, nous avions cru à une manœuvre électoraliste du RN. Puisque plus de 80% des jeunes (18-30 ans) ne se sont pas rendus aux urnes lors des dernières élections de 2020 et 2021 (ifop : abstention aux-régionales, manifestation spectaculaire de la crise de foi républicaine), et alors que les présidentielles approchent, la mise en place d’une section bisontine de la Cocarde par des étudiant-e-s encarté-e-s au Rassemblement National nous apparaissait comme une manœuvre du parti lepeniste pour essayer de séduire les primo-électeurs que sont les étudiant-e-s.

Avions nous tort de le penser ?

De prime abord, on pourrait le croire, car au moment où nous allions publier nous constatons que tout comme au niveau national, il y a au niveau local quelques bouleversements qui ébrèchent notre vision monolithique de la Cocarde bisontine. Et ce bouleversement s’appelle Zemmour…

Jean Baptiste B. qui était militant à Génération Nation (les jeunes du Rassemblement National) rejoint durant l’automne le camp Zémmourien (zémmouriste?!). Et il se peut qu’il ne soit pas le seul à faire défection dans le camp mariniste.

La section franc-comtoise de la Cocarde Étudiante ressemble donc à toutes les autres sections, elle rassemble des militant-e-s des différentes familles et partis de l’extrême droite…

Syndicat œcuménique ?

Cet automne, la lecture de la page twitter de la Cocarde Étudiante Bourgogne Franche-Comté (tout comme celle de la Cocarde parisienne) rendait compte de cet œcuménisme extrême-droitard. Des twits provenant des membres du RN se mélangeaient à ceux venant de Philippot ou de Debout La France, auxquels il faut désormais ajouter ceux de Zemmour, ainsi que ceux provenant d’anciens du FN mais toujours bien présents dans la fachosphère comme Marion Maréchal, Jean Messiha, ou Julien Rochedy.

Mais pour une association qui se réclame d’un syndicalisme étudiant, on y lit très peu d’articles concernant les étudiant-e-s, leurs problèmes, ou la vie universitaire en général… Par contre l’accent est mis sur les leitmotivs habituels de l’extrême-droite : sécurité, immigration et perte des valeurs civilisationnelles.

À la veille d’élections présidentielles, créer un groupe accueillant des personnes militant dans des organisations politiques qui refusent officiellement tout accord électoral entre elles (RN, les Patriotes et Zemmour) cela ne relève-t’il pas de la gageure?

C’est ce que laisserait supposer la suppression début décembre de la page twitter de la Cocarde Étudiante Bourgogne Franche-Comté (cocarde_bfc) et son remplacement par une page twitter Cocarde Franche-Comté (cocarde_fc) qui ressemble à la première page twitter mais purgée de tous les twits non-issus du RN ou de ses sympathisants.

Nous n’avions donc pas totalement tort concernant l’influence des militant-e-s RN sur ce syndicat.

Donc en ce début d’année, les militant-e-s RN ont, semble-t-il, repris le dessus dans la gestion de la section locale de la Cocarde. Ce qui reconfirmerait alors ce que l’on craignait en septembre : que le RN pourrait utiliser ce syndicat pour séduire les primo-électeurs que sont les étudiant-e-s durant les campagnes électorales à venir en diffusant sur les campus universitaire sa propagande nationaliste.

Et les élections universitaires ?

Évidement les élections universitaires sont dans la ligne de mire de n’importe quelle organisation étudiante. Mais le peu d’étudiant-e-s votants lors de ces élections handicape les syndicats peu connus et les nouvelles formations, laissant la FAGE et l’UNEF toujours sur le podium.

Présents dans plus d’une dizaine d’université, la Cocarde n’a pu présenter de listes qu’à Paris et à Lyon. Concernant l’Université Bourgogne Franche-Comté, la Cocarde n’a heureusement pas su (ou n’a pas voulu…?) mobiliser assez de militants pour déposer une liste (élections de décembre 2021). Et il ne fallait surtout pas compter sur la section dijonnaise qui malgré un effectif conséquent en 2020-2021, est aux abonnés absents depuis l’été 2021 (leur page Facebook et le compte Twitter ne sont plus alimentés.)

La Cocarde Bourgogne Franche-Comté c’est Besançon, Belfort et … Dijon

Localement (Besançon) le tapage ne semble pas porter ses fruits, malgré le soutien de Jacques Ricciardetti (le leader bisontin du RN et conseiller régional auprès de Julien Odoul). Les rares autres bras engagés (4 ou 5 personnes) sont, pour l’instant, tous issus du mouvement Lepeniste, et sont disséminés sur la région. Le recrutement de nouveaux militants semble être très laborieux, et la Cocarde Besançon semble stagner en effectif. Seule la section de Dijon, plus ancienne, était arrivée à faire modestement ses preuves, en étant ancrée depuis janvier 2020. Mais comme nous l’avons écrit à peine plus haut, et même si on a vu des militants dijonnais présents au meeting de Zemmour à Villepinte, on ne sait si la Cocarde Dijon est encore active.

Néanmoins, il est bon de rappeler que dans la capitale des Ducs, la Cocarde a entretenu avec d’autres groupes radicaux des liaisons dangereuses pas si étonnantes que cela :…

La Cocarde : Du RN aux néonazis

– Le 10 octobre 2020 lors d’une manifestation anti-PMA-GPA organisée par la Manif-Pour-Tous, on retrouve les militants de la Cocarde Dijon auprès des groupuscules néonazis Vandals Besak et Bourgogne Nationaliste. Plus tard dans la journée ils poseront ensemble pour une photo qui sera publiée sur la page Telegram de Ouest Casual.

10 octobre 2020 – Dijon : Les militants de la Cocarde Dijon avec un membre de Bourgogne Nationaliste à gauche
10 octobre 2020 – Dijon : Les militants de la Cocarde Dijon reconnaissables grâce aux stickers, et aux vêtements qu’ils portaient sur la photo précédente avec les membres de Bourgogne Nationaliste et des néonazis Bisontins Vandals Besak (VDL BSK)

– le 31 janvier 2021, également pour une manifestation anti-PMA-GPA, on retrouve Alexandre Hinger, le responsable de la Cocarde Dijonnaise, auprès de Benjamin Lematte, ancien du Front National, puis du PDF et désormais leader du groupuscule néonazi Bourgogne Nationaliste. Peu avant cette photo, Benjamin Lematte et ses sbires de Bourgogne Nationaliste aidés par les Vandal Besak ont agressé les militantes féministes du collectif 25 Novembre ( voir article du CAB à ce sujet).

31 janvier 2021 – Dijon – Les militants de la Cocarde posent avec Benjamin Lematte (en veste Lonsdale)

Mais cette relation entre Cocarde Étudiante et groupuscules néonazis violents est elle surprenante ?… Pas vraiment quand on regarde ce qui c’est déjà produit dans d’autres régions.

En effet, il se trouve que la Cocarde Étudiante est également connue à l’échelle nationale pour ses actions coups de poings en connivence avec des ultranationalistes, néonazis, identitaires, ou royalistes :

Il reste à savoir si de tels liens existent également localement entre la Cocarde Besançon et des groupes radicaux violents, même s’il semblerait que la violence est dans les gênes de ce syndicat, ou si l’organisation étudiante n’est qu’un outil de propagande du RN visant les étudiant-e-s en périodes électorales et que la création d’une section bisontine ne relève pas davantage du marche-pied électoraliste et médiatique que d’une véritable volonté d’implantation.

A quelques mois des élections présidentielles, entre tags racistes et homophobes, stickers de groupuscules d’extrême-droite violents, tentatives néonazies d’infiltrations dans les rassemblements contre le passe-sanitaire, les différents mouvements d’extrême-droite se font de plus en plus visibles à Besançon (voir article de France 3 région Bourgogne Franche-Comté).

Les loups sortent du bois, et la Cocarde Étudiante est un groupe parmi d’autres. A nous de rester vigilant-e-s.

En cette nouvelle année qui commence, nous souhaitons à la Cocarde Franche-Comté une prompte disparition, et un oubli rapide.

PS : Némésis Besançon

En parallèle à la création de la Cocarde Franc-Comtoise, est apparue une section locale du collectif Némésis, le groupe féministe d’extrême-droite (voir ici, et encore ) qui voit en chaque immigré un violeur ou un assassin potentiel. Pour l’instant, les deux militantes bisontines ne peuvent se vanter que de 3 stickers sur des gouttières…

Prévu à la Maison du Peuple, le meeting RN en est finalement refoulé

(source : article publié sur Dijoncter.info)

Le Rassemblement National (RN) venait d’annoncer la tenue d’un « apéritif-débat », prévu ce dimanche 21 novembre à Besançon. Visiblement téméraire, la formation d’extrême-droite n’avait pas hésité à afficher le site où devait se tenir cette date : la Maison du Peuple. Une donnée qui a immédiatement suscité une levée de boucliers, et des velléités de contre-rassemblement. Car outre des thèses réactionnaires, le parti Lepéniste assume ses positions jugées contraires à l’intérêt des travailleurs. La polémique émergeant, l’UD-CGT du Doubs vient d’indiquer que les organisateurs ont finalement été refoulés des lieux.

Ces derniers jours, l’information s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Deux cadres nationaux du RN ont récemment annoncé la tenue d’un meeting à Besançon, escompté le dimanche 21 novembre prochain à 11h00 sur Battant. Si la concordance avec la messe traditionaliste de la Madeleine sautait déjà aux yeux selon certains, c’est surtout la précision du lieu qui a alors soulevé indignation et colère. C’est en effet la salle Octave David qui avait été premièrement choisie, au cœur de la Maison du Peuple en partie gérée par la Municipalité. Pour beaucoup, une véritable provocation.

Il faut dire que le casting laisse songeur. Laurent Jacobelli est porte-parole du RN, après être passé par TF1 et Debout la France. Préférence nationale, thèse du « changement de population », ensauvagement de la société, durcissement de la répression, mais aussi parachutages électoraux, il cumule toutes les valeurs de sa mouvance. Quant à la députée européenne Virginie Joron, elle est connue pour ses positions hostiles à l’immigration, sa défense de Bachar el-Assad et de Narendra Modi, et ses nombreuses fakes-news en particulier depuis la crise sanitaire dont elle qualifie la pandémie de « virus artificiel. »

Cette semaine, les réactions se sont enchaînées dans le milieu comtois. En apprenant la nouvelle, collectifs, organisations politiques, sections syndicales, et militant·es de tous bords, ont spontanément posés les jalons d’un front unitaire antifasciste. Si les appels n’étaient donc pas formalisés, l’issue semblait toutefois déjà clairement tranchée : pas d’arrangement possible avec ce mouvement, dont le racisme et la haine des travailleurs n’est plus à prouver. Alors que la venue d’Éric Zemmour a dû être annulée à Dijon, l’opposition entendait naturellement faire tâche d’huile dans la ville de Proudhon et de LIP.

Mais c’était sans compter sur l’UD-CGT du Doubs, qui mise devant le fait accompli n’a pas mâché sa réponse : « Nous n’acceptons pas que nos lieux, chargés d’histoire sociale et fondés par des travailleurs qui étaient pour certains des réfugiés politiques issus de l’immigration, soient la tribune d’idées nauséabondes. » Une controverse naissante qui aura suffit à faire basculer la situation, apprenant dans la foulée que le RN n’aurait plus accès à la Maison du Peuple. Selon nos informations l’apéritif-débat d’extrême-droite est en revanche maintenu, trouvant refuge salle de la Malcombe à Planoise… pour l’instant.