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Les bus de campagne du RN sont-ils illégaux?

Samedi matin sur France-Inter, une journaliste évoquait le fait que les frais liés à la douzaine de bus de campagne du RN ne seraient certainement pas remboursés par l’État (Commission nationale des comptes de campagne). Ce fut apparemment le cas lors d’autres campagnes électorales, car selon la Commission, les bus n’entrent dans « aucune case » prévue dans le code électoral et pourraient s’apparenter à de l’affichage sauvage.

La journaliste employa alors peut-être à tort (?) le terme d’illégal pour désigner ce type d’outil de propagande.

Ce n’est pas parce qu’il n’est pas répertorié dans les outils classiques de propagande qu’il en devient illégal.

Fouillons un peu la législation et on s’apercevra vite que plusieurs entorses à la loi sont flagrantes concernant les bus de campagne du RN…

De quel type de véhicules s’agit-il ?

Si le but est essentiellement de transporter des militants vers un congrès, ou une manifestation organisés par le RN, ce bus doit être considéré comme transport en commun et est soumis à l’ article L581-15 du code de l’environnement :

La publicité sur les véhicules terrestres, sur l’eau ou dans les airs peut être réglementée, subordonnée à autorisation ou interdite, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.

Toutefois, les dispositions de l’alinéa précédent ne sont pas applicables à la publicité relative à l’activité exercée par le propriétaire ou l’usager d’un véhicule, sous réserve que ce véhicule ne soit pas utilisé ou équipé à des fins essentiellement publicitaires.

Par exemple, le bus d’une équipe de foot sert en premier au transport de l’équipe, de son personnel technique, entraineurs, soigneurs, etc. La décoration du bus au couleur de l’équipe (donc sa publicité) n’est que secondaire. Il en va de même pour les camionnettes ou autres véhicules professionnels. Donc la publicité apposée sur ces véhicules n’est pas subordonnée à autorisation.

Par contre si la fonction des bus de campagne est de véhiculer les militants RN pour aller d’un lieu de tractage à un autre -les bus ne déplaçant pas plus d’une dizaine de militant-e-s à la fois, alors qu’un mini-bus aurait suffit – il ne s’agit plus de véhicules de transport en commun, mais bien de véhicules publicitaires. D’ailleurs le choix de la taille du bus n’est pas lié à un aspect pratique (ce sont des bus d’une contenance de 50 à 60 sièges environ) , mais correspond à une volonté d’en imposer, d’être le plus visible possible…ce qui est tout à fait logique pour un outil de campagne électorale.

Il s’agit donc bien d’un véhicule publicitaire.

Que dit la loi concernant les véhicules publicitaires?

Il faut aller chercher dans le code de l’environnement, c’est lui qui gère tout ce qui est surface et autres moyens publicitaires sur l’espace public… (on peut aussi consulter Le guide pratique de la réglementation de la publicité extérieure).

Le bus de campagne est soumis à l’article R581-48 du code de l’environnement: Paragraphe 1 : Véhicules terrestres : (les parties concernées sont soulignées)

Les véhicules terrestres utilisés ou équipés aux fins essentiellement de servir de support à de la publicité ou à des préenseignes ne peuvent stationner ou séjourner en des lieux où celles-ci sont visibles d’une voie ouverte à la circulation publique.

Ils ne peuvent ni circuler en convoi de deux ou plusieurs véhicules, ni à vitesse anormalement réduite.

En outre, ils ne peuvent pas circuler dans les lieux interdits à la publicité en application des articles L. 581-4 et L. 581-8. La surface totale des publicités apposées sur chaque véhicule ne peut excéder 12 mètres carrés.

Des dérogations à ces interdictions peuvent être accordées, à titre exceptionnel, par l’autorité de police à l’occasion de manifestations particulières.

La publicité lumineuse est interdite sur les véhicules terrestres.

Donc quand un bus du RN s’arrête comme il l’a fait à Besançon boulevard Général De Gaulle vendredi passé, il est en infraction.

De plus la surface totale de la carlingue et vitrage du bus concernée par la publicité dépasse largement les 12m² , seconde infraction.

Nota : Bien sûr, le RN a pu demander une dérogation. Ce qui peut être rapide dans certaines communes mais qui est plus compliqué dans des communes plus importantes possédant un RLP (un Plan Local de Publicité), ou en zone historique concernées par un PSMV (Plans de Sauvegarde et de Mise en Valeur) comme c’est le cas pour le centre historique de Besançon. Mais les délais imposés par l’administration nous semblent incompatibles avec le tempo qu’impose une campagne électorale. Nous avons donc un fort doute sur le fait que cette demande a été faite par le RN (mais nous avons peut être tort, allez savoir!)

Concernant l’utilisation des couleurs du drapeau national et de l’affichage électoral :

Concernant l’utilisation des trois couleurs du drapeau sur le matériel électoral (tracts, affiches, programmes…), il s’agissait jusqu’à peu d’une controverse récurrente durant les périodes électorales. Mais depuis décembre 2019, un nouveau décret allège les restrictions concernant l’utilisation de ces couleurs.

Article R27 du code électoralVersion en vigueur depuis le 01 janvier 2020 – Modifié par Décret n°2019-1494 du 27 décembre 2019 – art. 1

Sont interdites, sur les affiches et circulaires ayant un but ou un caractère électoral, l’utilisation de l’emblème national ainsi que la juxtaposition des trois couleurs : bleu, blanc et rouge dès lors qu’elle est de nature à entretenir la confusion avec l’emblème national, à l’exception de la reproduction de l’emblème d’un parti ou groupement politique.

Les affiches doivent avoir une largeur maximale de 594 mm et une hauteur maximale de 841 mm.

Donc la flamme tricolore du RN est autorisée, le logo de campagne de Marine Lepen (M la France) est lui aussi autorisé, …

mais le bandeau bleu-blanc-rouge bien droit et bien large sur la partie avant du bus, de chaque coté, semble être totalement illégal : Encore une infraction.

De plus dans un esprit d’équité entre candidats, le législateur a fixé la dimension maximale du support de propagande traditionnel (l’affiche) à un format A1. La surface publicitaire (surface adhésive appelée covering, il s’agit d’un support imprimé qui est collé sur un support, comme une affiche papier) couvrant les flancs du bus semblent faire fi de cette obligation…. 4ème infraction.

Sur ces derniers points aucune dérogation n’est possible, ce qui conforte l’illégalité de ce type d’outil publicitaire lors d’une campagne électorale.

4 infractions constatées, 4 délits… étonnant pour un parti autant moralisateur que le RN !

Résumé graphique de ce qui s’est passé à Besançon Vendredi après-midi :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Conclusion

Si le RN ne dispose pas d’une autorisation de stationnement temporaire concernant un véhicule publicitaire hors norme, il est alors tout à fait autoriser (lors d’une mobilisation anti-RN par exemple) de demander au bus de campagne de « dégager ! » ou de « circuler! » quand celui-ci pointe son pare-choc dans votre ville.

Le RN ne sera jamais le bienvenu à Besançon !

Cela n’étonnera personne si on avoue que le CAB s’est un peu endormi ces derniers temps. Mais fort heureusement à Besac, des personnes savent encore s’organiser (éh oui, sans nous) pour combattre l’extrême-droite. Preuve en est l’accueil réservé au bus de campagne du Rassemblement National ce vendredi après-midi…

Comme à son habitude le RN a annoncé presque à la dernière minute (mercredi 16 février) que l’un des bus de campagne allait parcourir le département ce vendredi 18 février, de Pontarlier à Besançon avec une halte au Valdahon à mi-parcours.

Nous sommes en fin de vacances scolaires de février. Beaucoup d’étudiant-e-s font une pause et ne sont plus sur le campus. Et pour le reste des militant-e-s, on ressent dans l’atmosphère un petit esprit de vacances.

Rien ne pouvait annoncer un tel accueil pour l’un des bus de campagne de la candidate Marine Lepen.

Vendredi matin : rétrospective de l’historique local du FN/RN :

Superbe initiative… En cours de matinée les murs du centre-ville se couvrent de plusieurs affiches rappelant aux Bisontin-ne-s le passif local du parti Lepeniste:

  • Roland Gaucher, conseiller régional FN de 1992 à 1998, co-fondateur du parti en 1972 mais il fut également un ancien responsable du Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel Déat et un collaborateur zélé sous le régime de Vichy (wikipedia.org : Roland Gaucher)
  • Attentat à la bombe incendiaire contre le cinéma bisontin « Le Building », rue Proudhon, le 3 octobre 1988. L’auteur de l’attentat est un militaire de réserve, catholique intégriste et candidat local Front national qui souhaitait agir contre la projection du film « La Dernière Tentation du Christ « , film qu’il jugeait blasphématoire (wikipedia.org : Attentat du cinéma Le Building)
  • En 1996, Sophie Montel, conseillère municipale de Besançon et qui sera à la tête du FN jusqu’en 2017, avait alors justifié « l’évidente inégalité des races » en opposant « la civilisation des Pygmées à celle des Athéniens de Périclès » (wikipedia.org : Sophie Montel)
  • En 2015, Florent-Pierrick Baumer ancien candidat FN aux cantonales de 2015 est exclu du parti suite à un selfie sur lequel il porte un t-shirt néonazi (fafwatch2 : le joli t-shirt néo-nazi de Florent-Pierrick Baumer). Par la suite il fondera son propre parti néonazi : l’UNIP (fafwatch2 : UNIP, historique d’un groupuscule déjà disparu).
  • En 2014 -2015, un colleur d’affiches FN , faisant parti d’une famille connue pour ses positions d’extrême droite, installe un bar clandestin dans son garage et dans sa cave. « Le Bunker » sera le rendez-vous de tous les néonazis du coin (fafwatch2 : Le Bunker, association nazie à Besançon)
  • Fin 2021, Théo Giacone, membre du bureau et militant à la Cocarde Étudiante, se prend en selfie et dévoile malencontreusement ses amitiés néonazies avec les «Vandal Besak» (fafwatch2.noblogs : le selfie de trop…).
  • Janvier 2022, Quentin le Derout, responsable-adjoint de la branche jeunesse jusqu’à l’été 2021 (Génération Nation 25) candidat RN lors des dernières départementales, condamné alors qu’il n’avait que 23 ans pour détention d’armes et violences conjugales, sera jugé le 25 mai prochain après avoir reconnu la dégradation de quatre mosquées dans le Doubs en 2021 (cabesancon : un ex-cadre du RN reconnait avoir profané trois mosquées).

Baumer, Giacone et Le Derout ont été exclus du RN quand leurs dérives ont été trop médiatisées. Mais ce n’est pas le cas des leaders tels Sophie Montel ou Roland Gaucher dont les positions hiérarchiques leurs ont évité ce genre de sanction. Tout comme Julien Odoul qui en juin 2021 ironise sur le suicide d’un agriculteur en demandant à d’autres militants RN présents « Est-ce que la corde est française ? ».(Est Républicain.fr : est-ce que la corde est française ?…)

Les comportements des responsables locaux, actuels et passés, reflètent pleinement les thèses de ce mouvement : fanatisme national, destruction des acquis sociaux, haine et rejet de l’autre. Comme toutes les idéologies et formations issues de l’extrême-droite, le Rassemblement National demeure un ennemi de nos intérêts et de nos luttes d’émancipation et de progrès.

Vendredi après-midi : accueil du bus

Bien avant l’arrivée du bus venant de Pontarlier, un petit groupe d’une vingtaine de personnes est déjà présent parking Chamars pour accueillir comme il se doit le bus de propagande du RN.

Évidement les policiers sont également présents en nombre, le commissariat se trouvant presque sur le même trottoir. On peut tout de même déplorer que pour un aussi court trajet, ils ont cru bon de se déplacer en véhicules de service.

16h30 environ, ce sont plus de trente personnes qui sont là pour huer à la descente du bus, Julien Odoul responsable régional du RN et les quelques militant-e-s qui l’ont accompagné depuis Pontarlier.

Parmi les protestataires mobilisé-e-s, étaient présent-e-s beaucoup de jeunes, des militant-e-s politiques (Parti Communiste Français, La France Insoumise, des anarchistes), des militant-e-s syndicalistes, mais également des figures connues des Gilets Jaunes. Toutes et tous regroupées derrière une banderole « Zemmour, Le Pen, Macron… hors de nos vies, hors de nos rues, hors de nos esprits »

Bien sûr comme à leur habitude, certains policiers ont provoqué les militants et surtout les militantes anti-RN.

Malgré ces intimidations le cordon de militant-e-s anti-RN doublé par le cordon de policiers qui entouraient le bus et la dizaine de militant-e-s du Rassemblement National, a été assez dissuasif pour que la rencontre souhaitée par le RN avec « son » public ne puisse pas avoir lieu.

Bref, à Besançon, l’opération de communication du RN a été un FLOP.

Suite à cette mobilisation anti-RN, au-dessous des articles parus sur les réseaux sociaux de la presse locale, on a pu lire les commentaires habituels critiquant les « gauchistes… » et leur « fameux non-respect » de la liberté d’expression. Pourtant c’est bien cette liberté d’expression qui fut au centre de cette mobilisation. Des militant-e-s antifascistes ont depuis le matin rappelé à toutes et tous ce qu’est réellement le RN/FN, notamment en remuant la merde frontiste grâce aux affiches citées plus haut.

Alors? Qui sont réellement les censeurs? Celleux qui nous rappellent la vérité? Où ceux (le RN et leurs amis) qui souhaiteraient bien que certains faits restent bien cachés sous le tapis?

Et même si cette mobilisation n’a regroupé qu’une trentaine de personnes (ce qui n’est pas mal pour un vendredi après-midi en période de vacances)… BRAVO et MERCI pour cette action salutaire !

Racistes, sexistes, antisémites, anti-LGBTQIAP+, putophobes, islamophobes, anti-tsiganes, validistes et prêcheurs de haine de tous genres ne seront jamais les bienvenus à Besac.

Prévu à la Maison du Peuple, le meeting RN en est finalement refoulé

(source : article publié sur Dijoncter.info)

Le Rassemblement National (RN) venait d’annoncer la tenue d’un « apéritif-débat », prévu ce dimanche 21 novembre à Besançon. Visiblement téméraire, la formation d’extrême-droite n’avait pas hésité à afficher le site où devait se tenir cette date : la Maison du Peuple. Une donnée qui a immédiatement suscité une levée de boucliers, et des velléités de contre-rassemblement. Car outre des thèses réactionnaires, le parti Lepéniste assume ses positions jugées contraires à l’intérêt des travailleurs. La polémique émergeant, l’UD-CGT du Doubs vient d’indiquer que les organisateurs ont finalement été refoulés des lieux.

Ces derniers jours, l’information s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Deux cadres nationaux du RN ont récemment annoncé la tenue d’un meeting à Besançon, escompté le dimanche 21 novembre prochain à 11h00 sur Battant. Si la concordance avec la messe traditionaliste de la Madeleine sautait déjà aux yeux selon certains, c’est surtout la précision du lieu qui a alors soulevé indignation et colère. C’est en effet la salle Octave David qui avait été premièrement choisie, au cœur de la Maison du Peuple en partie gérée par la Municipalité. Pour beaucoup, une véritable provocation.

Il faut dire que le casting laisse songeur. Laurent Jacobelli est porte-parole du RN, après être passé par TF1 et Debout la France. Préférence nationale, thèse du « changement de population », ensauvagement de la société, durcissement de la répression, mais aussi parachutages électoraux, il cumule toutes les valeurs de sa mouvance. Quant à la députée européenne Virginie Joron, elle est connue pour ses positions hostiles à l’immigration, sa défense de Bachar el-Assad et de Narendra Modi, et ses nombreuses fakes-news en particulier depuis la crise sanitaire dont elle qualifie la pandémie de « virus artificiel. »

Cette semaine, les réactions se sont enchaînées dans le milieu comtois. En apprenant la nouvelle, collectifs, organisations politiques, sections syndicales, et militant·es de tous bords, ont spontanément posés les jalons d’un front unitaire antifasciste. Si les appels n’étaient donc pas formalisés, l’issue semblait toutefois déjà clairement tranchée : pas d’arrangement possible avec ce mouvement, dont le racisme et la haine des travailleurs n’est plus à prouver. Alors que la venue d’Éric Zemmour a dû être annulée à Dijon, l’opposition entendait naturellement faire tâche d’huile dans la ville de Proudhon et de LIP.

Mais c’était sans compter sur l’UD-CGT du Doubs, qui mise devant le fait accompli n’a pas mâché sa réponse : « Nous n’acceptons pas que nos lieux, chargés d’histoire sociale et fondés par des travailleurs qui étaient pour certains des réfugiés politiques issus de l’immigration, soient la tribune d’idées nauséabondes. » Une controverse naissante qui aura suffit à faire basculer la situation, apprenant dans la foulée que le RN n’aurait plus accès à la Maison du Peuple. Selon nos informations l’apéritif-débat d’extrême-droite est en revanche maintenu, trouvant refuge salle de la Malcombe à Planoise… pour l’instant.

Création du collectif « Besançon Solidarité Kurdistan »

Kurdish people attend a celebration rally near the Turkish-Syrian border at Suruc, in Sanliurfa province on January 27, 2015. Kurdish fighters have expelled Islamic State group militants from the Syrian border town of Kobane, a monitor and spokesman said today, dealing a key symbolic blow to the jihadists' ambitions. AFP PHOTO/BULENT KILIC        (Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images)

(Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images)

Communiqué de presse – 4 janvier 2015

En Syrie et en Irak, les forces progressistes et révolutionnaires kurdes – en particulier le PKK, les YPG et YPJ – constituent l’une des principales forces de résistance face aux terroristes obscurantistes de Daesh. En première ligne dans les combats, elles parviennent à faire reculer les positions de l’Organisation de l’Etat Islamique, comme à Kobané, Sinjar ou Tel Abyad.

Dans les territoires du Rojava (Kurdistan syrien), libérés par les YPG et YPJ, les peuples de la région ont proclamé en 2013 « l’autonomie démocratique », indépendante du régime dictatorial de Bashar Al-Assad. Ils ont créé un système d’auto-gouvernement contrôlé par des assemblées populaires et basé sur l’égalité des sexes, la défense des minorités ethniques et religieuses, des principes écologistes et anticapitalistes. Ainsi, à travers le combat armé qui oppose dans le Rojava les progressistes kurdes aux soldats de Daesh, ce sont deux projets de société antagonistes qui s’affrontent : l’un obscurantiste, fasciste et totalitaire, l’autre révolutionnaire, démocratique, égalitaire et féministe.

Depuis le début du conflit, les Kurdes doivent cependant faire face à un autre adversaire de taille : l’Etat turc, présidé par Erdogan et son parti l’AKP, qui préfèrent soutenir Daesh plutôt que de voir les forces progressistes kurdes gagner en influence et en autonomie.

Depuis cet été, l’Etat turc a repris ses bombardements contre les positions du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et mène une politique de terreur et de répression sanglante contre les forces progressistes et révolutionnaires. Les journalistes et la presse d’opposition sont muselés, les manifestations hostiles au pouvoir sont attaquées par la police, des milliers de militant.e.s de gauche ou syndicalistes sont emprisonné.e.s, de nombreuses villes et villages kurdes sont assiégés par l’armée et plusieurs centaines de civils ont été assassinés.

Malgré cela, ni la France, ni l’Union Européenne ne s’élèvent contre les multiples crimes et atteintes aux droits humains perpétrés par la Turquie (pays pourtant membre comme la France de l’OTAN et de la coalition militaire internationale en Syrie). Au contraire, en maintenant le PKK sur la liste des organisations terroristes, le gouvernement français est complice de la répression qui frappe les progressistes en Turquie et qui affaiblit la résistance à Daesh. Un accord de coopération policière signé en 2011 entre la France et la Turquie facilite même l’extradition de militant.e.s kurdes réfugié.e.s en France.

A Besançon, plusieurs organisations, qu’elles soient politiques, syndicales ou associatives, ont manifesté ces derniers mois leur solidarité avec les forces progressistes qui combattent l’obscurantisme et le fascisme et qui œuvrent pour la paix au Moyen-Orient. Elles ont décidé de se rassembler pour constituer le collectif Besançon Solidarité Kurdistan, qui se donne comme objectifs de :

  • manifester notre solidarité et apporter une aide concrète aux forces progressistes qui luttent au Moyen-Orient,

  • obtenir le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes et l’abrogation de l’accord de coopération policière entre la France et la Turquie.

Ce collectif, ouvert à toutes les forces progressistes de Besançon et de sa région, rassemble des membres de diverses organisations (voir signataires ci-dessous) et des individu.e.s et citoyen.ne.s non encarté.e.s.

Le collectif appelle d’ores et déjà à un rassemblement de solidarité avec le peuple kurde pour dénoncer les massacres en Turquie, samedi 16 janvier à 15 heures place du 8 septembre.

Premiers signataires :

Parti Communiste Français (PCF), Initiative Communiste Ouvrière (ICO), Fédération Anarchiste (FA), Action Populaire (AP), AMEB Solidaires Étudiant.e.s, Collectif Antifasciste de Besançon (CAB), Union de la Jeunesse de Mésopotamie (UJM), …

Compte-rendu de la manifestation du 31 octobre – Besançon

Ce samedi 31 octobre à 14h, presque 300 personnes se sont retrouvées place Marulaz devant la Librairie l’Autodidacte.

En une vingtaine de minutes la petite rue face à la librairie est noire de monde. Les banderoles sont dépliées. Et après un cours discours d’un membre du groupe Proudhon de la Fédération Anarchiste rappelant l’attaque, les agressions commises dans la nuit du 17 au 18 octobre et le pourquoi de se rassemblement (voir ici et ), le cortège se met en route vers le centre-ville puis direction la colline de Brégille, le quartier bisontin où se trouve le « bunker » (voir l’article de fafwatch Franche-Comté : le bunker association nazie à Besançon).

Ce fut une vraie manifestation dynamique et populaire qui a eu lieu, où tous les âges, tous les quartiers et des sensibilités politiques très diverses ont été représentés, dans une bonne ambiance évidente.

La manifestation a toujours été voulue non-violente : hors de question d’aller à l’affrontement avec les néonazis. Le but est avant tout d’informer les bisontins, de ne pas rester silencieux face aux agissements des nostalgiques du IIIe reich, de montrer notre solidarité auprès des habitants du quartier de Bregille, et de ne pas laisser un pouce de terrain à la bêtise nazie.

Parc Micaud, au pied de la colline de Bregille une pause est faite pour rappeler les agressions dont ont été récemment victimes homosexuels et transsexuel-le-s.

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La montée sur Bregille est conviviale, heureusement car la pente est longue. Arrivée à proximité de la Maison de Quartier, les dernières prises de paroles sont faites, et après une brève pause, le cortège redescend groupé jusqu’au centre-ville.

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Alors qu’il n’a jamais été question lors de l’appel à manifestation de se rendre devant le « bunker », les néonazis se sont réunis en nombre (peut être plus d’une vingtaine) pour défendre leur bout de terrain, prenant soin de décorer les lieux selon leurs gouts haineux. Mais ils ont attendu pour rien.

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Devant le Bunker

 

Cette manifestation est une réponse rapide et mobilisatrice face à l’attaque de la librairie et aux agressions qui ont suivies. Mais depuis ces événements, nombre de personnes se mobilisent et souhaitent mettre en place des projets pour lutter sur le long terme et plus efficacement contre la montée de l’extrême droite. Cela se fera petit à petit. Le CAB relaiera toutes les initiatives (dont il sera informé)…

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L’appel à manifester a également permis de redécorer la ville d’affiches « faites maison », tout en la nettoyant de celles laissées par le fn quelques jours plus tôt.

 

Pour rappel, la manifestation du 23 mars 2013 (voir ici) pointait déjà du doigt Bregille et ce qui désormais s’appelle le « bunker ».

Conférence/débat : Résistances, révolution et pédagogies alternatives au Rojava (Kurdistan syrien)

Après la campagne « Des libres pour Rojava », à laquelle l’AMEB a participé l’an dernier, le syndicat étudiant accueille cette année Yasin Duman, coordinateur de la campagne et témoin de la révolution dans le Rojava (Kurdistan syrien).

Quelques jours après l’odieux attentat d’Ankara, cette soirée sera placée sous le signe de la solidarité avec le peuple kurde et les syndicalistes et progressistes turcs, qui résistent héroïquement face aux fascistes de Daesh et qui subissent une terrible répression du pouvoir fascisant turc.

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Qu’est-ce que le Rojava et que s’y passe-t-il?

Le Kurdistan est une région qui s’étend sur le territoire de 4 États : la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. Ce qu’on appelle le « Rojava », l’Ouest en kurde, c’est le Kurdistan Syrien.

Pendant la guerre civile syrienne, en 2013, le Rojava a déclaré son autonomie. Depuis, les Rojaviens tentent de mettre en place un système politique et social basé sur l’autodétermination (les villages et cantons sont dirigés par les habitant-e-s, réuni-e-s en assemblées générales), l’égalité des sexes (principe d’élection de binômes homme/femme dans chaque assemblée), la défense des minorités ethniques et religieuses, des principes écologistes et la socialisation des moyens de production.

C’est notamment pour en finir avec ce modèle progressiste que les kurdes subissent des assauts répétés de DAESH (l’Etat islamique), tout comme une répression sanglante orchestrée par l’Etat turc.

 

Pédagogies alternatives

Dans ce contexte de guerre civile et de révolution, une « académie » (université) de sciences humaines, la première au Rojava, a été fondée. Elle se développe notamment grâce à une campagne de solidarité internationale, «Des livres pour Rojava», à laquelle nous avons participé. Cette académie fonctionne sur des bases pédagogiques alternatives à ce qu’on connaît dans nos universités occidentales. Elle s’inscrit en particulier dans le refus de la hiérarchie entre «sachant-e-s» et «non sachant-e-s».

Le syndicat AMEB Solidaires Etudiant-e-s organise une discussion avec Yasin Duman, qui a rédigé un mémoire sur le fonctionnement politique du Rojava et la résolution des conflits dans cet espace. Il nous expliquera l’organisation mise en place au Kurdistan syrien et nous pourrons ensemble parler de l’actualité dans les espaces kurdes du Moyen-Orient ainsi que des formes de soutien possibles.

affiche-1article sur le site de l’ameb : Conférence/débat : Résistances, révolution et pédagogies alternatives au Rojava (Kurdistan syrien)

Projection du documentaire : Acta non verba

Deux ans après la mort de Clément Méric. Nous vous proposons d’assister à la projection du documentaire « Acta non verba ».

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« Acta non verba » est un film documentaire présentant différentes initiatives antifascistes en France et à l’étranger. Il a été réalisé en 2014 par Hazem (militant antifasciste marseillais), il permet de faire un tour d’Europe de différents collectifs militants antifascistes, actifs dans différentes luttes et menant diverses expérimentations : défense des réfugiés de Lampedusa arrivés à Hambourg, lutte contre le TAV – train à grande vitesse – dans le Val de Suse (Italie), centres autogérés en Allemagne et à Turin, investissement dans les quartiers populaires et lutte contre l’islamophobie à Paris, soutien scolaire à Marseille…

19h – salle des Epoisses – 5 avenue de Bourgogne

(quartier de Planoise – Plan d’accès)

bande annonce

 

Deux ans après l’assassinat de Clément : mobilisation antifasciste !

Contre tous les racismes et le fascisme :

égalité totale et justice sociale !

Deux ans après la mort de Clément

assassiné par des fascistes :

combattons l’extrême-droite !

affiche

Le 5 juin 2013 Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste, était tué par des militants du groupuscule d’extrême droite Troisième Voie.

Son assassinat s’inscrit dans une longue suite d’agressions de l’extrême droite pour des raisons de préférences sexuelles, d’origines ethniques, d’opinion politiques ou de croyances religieuses.

Les actes homophobes et transphobes ont augmenté ces dernières années, tout comme la remise en cause des droits des femmes.

L’exclusion, le rejet de l’autre, la fermeture des frontières, la désignation des migrant-e-s quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent comme boucs émissaires sont des attitudes qui conduisent au pire. Des milliers de personnes meurent en Méditerranée au nom de la sécurisation des frontières.

Les idées nauséabondes du Front National ont contaminé la sphère médiatique et politique. Le gouvernement entretient un climat délétère en organisant des expulsions massives qui participent à la stigmatisation des migrant-e-s, en quadrillant les quartiers populaires et en adoptant des lois racistes et liberticides qui visent spécifiquement certaines catégories de la population.

À cela nous opposons notre volonté de vivre ensemble et notre exigence d’égalité des droits et de justice sociale.

20 ans après l’assassinat de Brahim Bouarram en marge d’un défilé du Front National, 20 ans après l’assassinat d’Ibrahim Ali par des colleurs d’affiches du Front National, le fascisme continue de tuer et reste un danger dans la rue comme dans les urnes.

Nous réclamons la tenue d’un procès pour les agresseurs de Clément, et pour poursuivre son engagement nous réclamons :

– la régularisation de tou-te-s les sans-papiers,

– l’accueil et la protection des migrant-e-s,

– la fermeture des centres de rétention,

– l’égalité totale.

Mobilisons-nous et défilons en mémoire de Clément et de toutes les victimes du racisme ou des agressions fascistes.

La richesse de l’humanité se construit par nos différences.

Premiers signataires : Action Populaire, AMEB-Solidaires Etudiant-e-s, CDDLE, CAB, Ensemble, FA, FSU, MRAP, NPA, PCF, PG, Resto-Trottoir, Solidaires…

tract-verso

Compte-rendu de l’hommage antifasciste pour Clément: 1 an déjà, à jamais dans nos coeurs

A l’appel du CAB et de l’AMEB-Solidaires Etudiant-e-s, une centaine de personnes s’est rassemblée à 18h place du 8 Septembre devant l’hôtel de ville de Besançon afin de commémorer la disparition tragique de Clément Méric militant associatif, syndical et révolutionnaire.
Après les prises de paroles de différents collectifs présents rappelant la montée des mouvements et des idées d’extrème droite, nous (une cinquantaine de personnes) sommes partis en manifestation dans le centre ville de Besançon improvisant un parcours ponctué par les slogans antifascistes et anticapitalistes:

 » Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos « 

« c’est pas les immigrés, c’est pas les sans-papiers qu’il faut virer; c’est la misère qu’il faut éliminer »

 » Clément!  Pavlos !  Antifa!  » ou  « Clément ! Pavlos ! on n’oublie pas on ne pardonne pas! »

« Derrière le fascisme se cache le capitale, la lutte antifasciste est internationale »

ou encore le traditionnel « Alerta! Alerta Antifascista! « 

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Le cortège s’est terminé devant les locaux du parti socialiste avec le slogan « Que ce soit Sarko ou Hollande, ceux qui expulsent sont tous de la même bande ! » afin de rappeler aux élites qui nous gouvernent que ce sont eux, leurs politiques migratoires, les centres de rétention qu’ils ont mis en place, leur racisme décomplexé, leurs volontés de réprimer les mouvements sociaux et de casser les droits acquis par nos luttes  qui font le lit de l’extrême droite.

 

En soirée, le concert organisé au Maquis avec les groupe ASTAROJNA (chanson tragico-festive) et THE IMPRESSIVE BURRICOS DE LA PLAYA (groupe funk) a permis de terminer cette journée commémorative par une note festive.

Merci aux militants présents ce soir,
Merci aux membres des deux groupes,
Merci au Maquis

La lutte continue !
On n’oublie pas ! On ne pardonne pas !

Compte-rendu de « Jour de colère contre les fascistes ! Jour de fête pour toutes et tous ! », Dijon 5 avril

Comme prévu dans l’appel, nous nous sommes rassemblés (plus de 300 personnes) à partir de midi place Wilson. « Jour de colère 2 » avait espéré initialement se rassembler sur cette même place à 14h, mais face à la mobilisation grandissante de « Jour de colère contre les fascistes ! Jour de fête pour toutes et tous ! », la préfecture leur a demandé de changer le lieu  : ceux-ci se sont donc repliés au Palais des Sports.
Première victoire donc pour les antifascistes puisque « Jour de colère » n’a pas eu accès à cette place.
La place Wilson est donc occupée à partir de midi par les antifascistes, avec au programme des activités festives et bon-enfant : bouffe populaire, jeux de flechettes ou de chamboule-tout (avec des cibles représentant divers groupes d’extrême-droite) et concerts – voir l’article du SCALP 21.

Au palais des sports, « Jour de colère » fait un flop. Pourtant le rassemblement avait été prévu depuis plusieurs semaines et celui prévu à Besançon c’est reporté finalement sur celui de Dijon. Ils n’étaient pas plus d’une cinquantaine :  des royalistes, des anti-mariages gay, deux ou trois bonnets rouge et dernière une banderole du Parti de la France des skins fafs et des membres de Génération Identitaires qui ont pu parader sous protection policière et braire des slogans tels que « Jeunesse!, jeunesse nationaliste! », « Français relève toi, tu es ici chez toi », « Nous sommes tous des enfants d’hétéros », « Islam hors d’Europe – Sionnistes, hors de France » , « Rebsamen démission, Francs-maçons en prison » ou encore « Taubira, casse-toi, la France n’est pas à toi ».

Apprenant en début d’après-midi que « Jour de colère » avait reçu l’autorisation des autorités pour parader dans le centre-ville et déverser son flot de slogans haineux et fascistes, nous décidons de partir en manifestation pour ne pas leur laisser la rue. Cette journée se voulant un « jour de fête » contre les fascistes, la manif qui restera jusqu’à son terme festive (il y avait bien 300 personnes) se dirige à travers les rues de Dijon entraînée par le camion-sono.
Dijon. 5.4.Rue Berbisey
Très vite cependant, les rues sont bloquées par des dizaines de gendarmes mobiles et de CRS munis de tout leur attirail de guerre (flashballs, lacrymo…). La tension monte et les flics chargent quelques instants, blessant deux manifestant-e-s (une personne sera hospitalisée).

Dijon. 5.4. Place Bossuet

Dijon. 5.4.Place Bossuet (2)

Dijon. 5.4. Place de la Laïcité

Le cortège tente alors de passer par diverses rues pour atteindre le centre-ville, mais à chaque fois il se retrouve bloqué par la flicaille. En fin d’après-midi, la manifestation se termine au point de départ sur la place Wilson , tandis que plusieurs manifestant-e-s souhaitant s’en aller sont contrôlé-e-s par les forces de l’ordre qui entourent la place.

A Dijon comme ailleurs,  nous ne laisserons jamais la rue aux réactionnaires, et ils seront sûrs de nous trouver toujours sur leurs routes.

 

Compte-rendus des autres rassemblements anti-« Jour de Colère 2 »:

  • Tours :

Succès de la manif antifasciste du dimanche 06 avril 2014

  • Toulouse :

Jour de honte pour les réacs , antifascisme 1 / Jour de Colère 0

  • Montpellier :

Humiliation pour le jour de colère – Succès pour la manifestation antifasciste

  • Grenoble :
  • Lyon :