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Besançon : tags nazis au Lycée Tristan Bernard

Durant le week-end du 30 novembre et 1er décembre, des croix gammées et des injures islamophobes ont été peintes sur les murs de l’accès parking du lycée professionnel Tristan Bernard à Besançon. Heureusement face à tant de bêtises des lycéens de cet établissement de Planoise ont spontanément organisé une manifestation afin d’exprimer leur colère.

article et vidéo France3 , article de l’Est Républicain

Il est malheureux de constater que depuis quelques mois hélas, les inscriptions racistes , croix gammées et croix celtiques, ainsi que des insultes islamophobes se multiplient sur les murs de Besançon. Après les inscriptions sur les murs des deux mosquées de Besançon (voir ici), sont apparues lors de la nuit du 14 novembre des svastikas sur les murs de l’atelier des Compagnons du Devoir rue Jean Wyrsh. Dans la nuit du samedi au dimanche suivant, un camion kebab stationné rue de l’Épitaphe a été lui aussi tagué de croix gammées rouge et noire et d’autant d’étoiles de David, accompagnées des inscriptions « Kebab 100 % porc » et « Bicot ».

Tristan Bernard qui avait été déporté avec sa femme à Drancy, car d’origine juive, fut libéré sous la pression d’artiste comme Sacha Guitry et Arletty, mais son petit fils ne revient jamais de Mauthausen. Il écrivit dans la préface de « Drancy la Juive » ( de Jacques Darville et Simon Wichene – 1945) :

Le genre humain, qui devrait avoir six mille ans de sagesse, retombe en enfance à chaque nouvelle génération

Hélas

DEGRADATIONS RACISTES

Les vacances sont finies, « ils » sont hélas de retour…

– DÉGRADATIONS A SAÔNE

La 9ème fête de l’Afrique aura lieu à Saône le 7 septembre  (Fête de l’Afrique).
Cette fête organisée par LACIM a pour but de « réunir pendant une journée les associations humanitaires de la région qui travaillent en Afrique afin qu’elles puissent exposer leurs projets à la population et proposer à la vente leurs éventuelles productions, afin de réunir des fonds pour financer leurs projets ». C’est aussi l’occasion pour chaque association « de se faire connaître et reconnaître des autres associations humanitaires qui travaillent sur le continent africain, afin de partager les idées, les soucis, les solutions, les manières de faire des uns et des autres et réfléchir ensemble à la question humanitaire ».

Certains d’entre vous auront certainement vu durant les vacances sur les bords des routes  les banderoles qui annonçaient cet événement.
Une première banderole avait été détériorée juste avant les vacances (voir article de l’Est Républicain)
De nouveau, plusieurs de ces banderoles ont été lacérées, ou graffitées à la bombe le week-end passé. Pas de signatures ni de signes distinctifs mais le caractère xénophobe de l’acte semble assez évident.

fete de l'afrique 1

Il semblerait que les liens d’entraide culturels et associatifs entre deux continents ne soient pas au gout de tout le monde.
LACIM (organisateur de la Fête de l’Afrique) a décidé de porter plainte.

– TAGS NAZIS SUR LA MOSQUÉE DE BESANÇON

Les nostalgiques de « tonton Adolf » sont également de retour de vacances. Dans la nuit de mercredi à jeudi un sigle SS, une croix celtique, et les mots « Vive la France » ainsi qu’une rune d’Odal, symbole des jeunesses hitlériennes sous le IIIe Reich ont été tagués à la peinture noire sur près de deux mètres sur les murs de la mosquée Es-Sunna de Besançon .(voir l’article de l’Est Républicain).
Les mosquées sont devenues des cibles régulières pour ceux qui dénoncent la soit-disant « islamisation » de la France.
On peut rappeler le vandalisme de la mosquée de Belfort en 2006 (voir ici) et plus récemment la tentative d’attentat sur la mosquée de Lyon (voir l’article du Monde).

Les démagogues de l’extrême droite, de la droite (et pas qu’eux) ne cessent de rejeter sur l' »autre », l’étranger, le « métèque » la responsabilité de tous les problèmes économiques, sociaux et culturels qu’ils sont incapables de résoudre (ou qu’ils n’ont aucune volonté de résoudre). L’islamophobie ambiante n’est qu’une composante de l’hostilité de plus en plus visible envers les étrangers et de préférences ceux venus d’Afrique et du Moyen-Orient, mais aussi certaines minorités européennes comme les Rroms et qui de part leurs présences « menaceraient » le mode de vie européen blanc.
Comme nous le rappellent les auteurs de ses tags répugnants: les arabes sont devenus ce que les juifs étaient avant guerre.

Compte-rendu de la manifestation antiraciste et antifasciste

Plus de 400 personnes ont participé à la manifestation antiraciste et antifasciste à Besançon ce Samedi 23 mars 2013.

Le point de départ était fixé à 15h place de la révolution. C’est une vraie manifestation dynamique et populaire qui a eu lieu, où tous les âges, tous les quartiers et des sensibilités politiques très diverses ont été représentés, dans une bonne ambiance évidente.

La manifestation a entonné de nombreux slogans antifascistes, comme :

« Besançon est antifasciste », « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos » ou encore le traditionnel « Alerta antifascista ».

La banderole de tête reprenait le titre donné à la mobilisation « Stop aux agressions racistes et fascistes ! ». On aussi pu voir une autre banderole, syndicale, où était écrit : « le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève ».

Le cortège est passé par toutes les places du centre ville : révolution, huit septembre, pasteur, granvelle, victor hugo pour prendre fin à la porte de rivotte, quartier où ont eu lieue plusieurs des agressions nazies répertoriées.

Les passants et bisontin.e.s ont accueilli avec joie, sourires et encouragements la manifestation. Certains passants nous ont dit « Merci de réagir, il est enfin de temps que cela cesse » (en parlant des agressions racistes et de ceux qui font de la haine raciale leur fond de boutique).

A l’issue de la manifestation, des prises de parole ont eu lieu pour rappeler le contexte des agressions racistes et/ou fascistes (au moins 6 connues depuis début 2013), le quartier de résidence des néonazis (quartier Bregille), ou encore que le Collectif Antifasciste de Besançon a été créé pour proposer aux bisontin.e.s un espace d’organisation et de lutte contre le racisme et le fascisme.

Pour le Collectif Antifasciste de Besançon c’est une mobilisation forte et réussie qui a été largement partagée avec la population de Besançon et alentours. Une victoire politique et une démonstration de force que Besançon reste une ville qui refuse les idées racistes et puantes véhiculées par les groupuscules d’extrême-droite.

Dans les temps futurs, nous invitons les bisontin.e.s à se tenir informer sur notre blog, cette manifestation étant la première pierre d’une mobilisation et d’une résistance de plus longue haleine, à construire ensemble.

QUELQUES CORRECTIONS S’IMPOSENT

Il nous faut cependant démentir une information erronée, reprise par les journalistes de l’Est Républicain et de France 3.

Un groupe d’une dizaine de néonazis était effectivement présent en ville : ce qui a amené un groupe d’environ 30 antifascistes à aller sécuriser les abords de la manifestation. C’est au croisement de la rue pasteur et de la rue d’anvers que ce groupe d’antifascistes a décidé de sortir de la manifestation.

Pendant que la manifestation continuait son chemin rue mégevand puis rue granvelle, les antifascistes mobiles sont passés par la rue d’anvers pour rejoindre la grande rue, la place du huit septembre, puis rue de la république, rue proudhon et enfin rue bersot, rue des granges et rue de la bibliothèque, dans le but de rejoindre le cortège de la manifestation grande rue.

Ce qui aurait du se réaliser à ce moment là, c’est que les 2 groupes (la manifestation et le groupe qui en était sorti 10/15 min auparavant), à moins de 70 mètres l’un de l’autre, se retrouvent. Cela a été empêché par l’intervention policière : soit générée par de la malveillance, soit par une incompréhension de la situation, en tout cas dû au manque évident de coordination des forces de police.

A noter que tout au long de l’excursion du groupe d’antifascistes, 2 motards au moins de la police nationale ont suivi le groupe, entendant distinctement les slogans antifascistes chantés dans le centre ville.

Ce sont les 2 policiers en tête de manifestation qui semblent ne pas avoir compris la situation : croyant voir arriver en face des néonazis/opposants lorsque le groupe d’antifascistes a souhaité rejoindre le cortège, ils ont alors appelé les renforts très proches, qui ont déboulé en fourgon et ont chargé sans sommation le groupe d’antifascistes, appuyé par la BAC. Un camarade a alors pris un coup de matraque sur le bras, au niveau du poignet. Il n’y a pas eu d’arrestation. Toute une partie du groupe d’antifascistes n’a alors pas pu rejoindre le cortège, ce qui a été finalement fait rue Rivotte.

Les affirmations des journalistes de l’Est Républicain et de France 3 sont ainsi erronées : ce qui est manifestement une intervention maladroite (et/ou une provocation policière) s’est transformée en une attaque des néonazis, permettant ainsi de titrer « Manifestation antifasciste sous tension », alors que cette manifestation était parfaitement détendue et bon enfant.

Le CAB corrige les affirmations de la presse :

Un groupe de néonazis était effectivement présent en ville ce samedi après-midi, en début de manifestation. Ils se sont retrouvés dans un bar non loin de la place de la révolution. Ils étaient 11 néonazis, les mêmes qui commettent les agressions depuis presque 3 ans maintenant. Au moins 2 d’entre eux se sont fait interpellés au centre ville, pendant que la manifestation avait lieu, et plusieurs étaient en possession d’armes.

En fait, la manifestation et ses abords n’ont à aucun moment étaient perturbés par ces néonazis ; l’ampleur de celle-ci leur démontrant clairement la résistance des habitant.e.s de Besançon face à leur idéologie de violence et de haine.