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Communiqué du Collectif Antifasciste de Besançon

31 janvier 2020

 

En ces temps de mouvements sociaux intenses, et à l’approche des élections, ils nous paraît important de rappeler à tou-te-s les militants politiques et associatifs que la violence d’extrême droite continue à s’exercer, notamment pour museler la parole militante, humaniste et inclusive.

Ainsi, sur un plan national, des agressions ont eu lieu encore très récemment : en décembre, à Strasbourg, des étudiants militant contre le projet de réforme des retraites du gouvernement ont été attaqués par des individus se réclamant d’organisations d’extrême droite (en l’occurrence, la Cocarde Etudiante et l’Action Française) ; en décembre également, un rassemblement de fascistes venant de plusieurs villes a écumé pendant plusieurs heures le centre-ville du Mans, attaquant les bars connus comme rassemblant une clientèle de gauche ; et la semaine dernière, c’est à nouveau des étudiant-e-s militant contre la réforme des retraites qui se sont vus attaqués par des groupes d’extrême-droite, violents et armés. Ce ne sont que quelques-uns des exemples les plus récents.

Sur un plan plus local, de nombreux témoignages font état d’une recrudescence des rassemblements d’un petit groupe de néo-nazis bien connus sur Besançon. Une agression s’est déjà produite, ainsi qu’une altercation en terrasse d’un café de Rivotte. Il s’agit d’un groupe restreint, mais qui se compose de personnes violentes et déterminées ; et le fait même qu’ils recommencent à se rassembler régulièrement au centre-ville nous laisse penser qu’ils ne s’arrêteront pas là.

(cf article de Factuel.info : http://factuel.info/article/neonazis-et-extreme-droite-retour-dans-bars-a-besancon-006224)

Il est donc important que nous réactivions nos réflexes de sécurité : pour les collages et tractages, restez groupés ; en manifestation, notamment à la fin, ouvrez l’œil, et ne repartez pas seul-e ; pour les conférences, débats, concerts, etc. Restez vigilant-e-s, et faites bloc. Enfin, si malheureusement une agression devait à nouveau se produire, ne restez pas silencieux-se. Portez plainte auprès de la police pour les mettre hors d’état de nuire.

Et surtout faites circuler les informations, communiquez au maximum, et contactez-nous au besoin.

Contre le fascisme, soyons solidaires !

 

CAB /// Collectif Antifasciste de Besançon

Débat le 13 avril : « L’amour à trois : Alain soral, Eric Zemmour, Alain De Benoist » avec Nicolas Bonanni

Nicolas Bonanni viendra débattre avec nous autour de son livre « l’amour à trois, Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist« .

Jeudi 13 avril – 19h à l’amphithéâtre Donzelot, Faculté des lettres, langues et sciences humaines. 32 rue Mégevand à Besançon – entrée libre

Dans ce court ouvrage (à peine 60 pages) dont le titre « l’amour à trois » sonne comme le titre d’une pièce de boulevard, Nicolas Bonanni nous offre une lecture critique de la pensée de ces intellectuels de l’autre droite qui ont fait de la « guerre culturelle » leur stratégie principale.
« Soral, Zemmour, De Benoist s’aiment, se jalousent, s’engueulent, et se rabibochent comme dans toute histoire de couple. Enfin, là c’est un peu plus compliqué, ils sont trois : ce n’est pas un couple, mais un trouple . Vous imaginez les embrouilles ! Ils se répondent, s’influencent, s’interviewent, se citent, se chroniquent mutuellement. […] chacun à son caractère.  Mais malgré leurs quelques points de désaccords ils se rejoignent sur l’essentiel. »
L’essentiel? … leurs thèses anti-universalistes, alter-capitalistes, racistes, inégalitaires, sexistes et misogynes qui irriguent aujourd’hui toute la société, et en premier lieu le Front national.

Cliquez sur l’image pour accéder aux éditions LE MONDE A L’ENVERS

 

A lire également ci-dessous, l’interview de Nicolas Bonanni réalisé par le site internet Haro! en novembre 2016.

Suite à la manifestation antifasciste de la semaine dernière, et pour poursuivre le débat ouvert avec « Sale Race ? », Haro vous propose un petit détour du côté de l’extrême-droite.
Vous connaissez Alain Soral et Eric Zemmour. Mais les avez-vous lu ? Et savez-vous qui est Alain de Benoist ? Non ? Ce n’est pas grave. Oui ? Cet article est fait pour vous. Parce qu’un petit livre vient de paraître aux éditions Le monde à l’envers intitulé L’amour à trois. Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist. Son auteur, Nicolas Bonanni, lui, a lu ces trois penseurs de l’extrême-droite – ce qui nous arrange bien parce qu’on préfère lire des choses plus intéressantes. Il propose une lecture critique des thèses anti-universalistes, inégalitaires et misogynes de ces intellectuels de « l’autre droite ». Thèses qui irriguent toute la société, et en premier lieu le Front national. Nous lui avons posé quelques questions.

Tu as publié récemment L’amour à trois aux éditions Le monde à l’envers. De quoi s’agit-il ?
Je viens en effet de publier une tentative de décryptage de la pensée de trois intellectuels d’extrême-droite : Alain Soral, Eric Zemmour et Alain de Benoist.
Il faut d’abord revenir sur l’arrière plan de leur succès. Depuis une quarantaine d’années, nous sommes dans une période de crises et de bouleversements, où l’histoire s’accélère. Parmi les phénomènes majeurs, la financiarisation, la robotisation et la crise environnementale créent des tensions sociales qui déstabilisent les systèmes établis… et la vie des individus. Confrontés à un système en crise, à un marché du travail de plus en plus dur et de plus en plus précaire, à l’érosion du lien social et des solidarités traditionnelles, les gens cherchent des échappatoires (télévision, médicaments), ou des réponses politiques.
C’est sur cette toile de fond que ces trois idéologues modernisent le discours traditionnel de l’extrême-droite. Alain Soral agite principalement internet, avec des vidéos très regardées. Eric Zemmour a une forte audience à la télévision, et il a vendu 400 000 exemplaires de son livre Le suicide français. Alain de Benoist, lui, s’occupe de publier des ouvrages érudits et des revues confidentielles, ce qui explique qu’il est moins connu que les deux autres. Leur point commun, c’est de donner une réponse « de droite » à la crise sociale : un repli sur les identités, la mythification d’un passé ou tout était « en ordre ». Il faut selon moi prendre acte que la modernité a dérivé vers un techno-capitalisme destructeur. Mais face à cet état de fait, ils proposent un retour aux aliénations pré-modernes, à la morale religieuse. Ce qui explique leur succès, c’est qu’au moins ils proposent un discours, des analyses critiques, dans un vide politique généralisé.

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Compte-rendu de la manifestation du 31 octobre – Besançon

Ce samedi 31 octobre à 14h, presque 300 personnes se sont retrouvées place Marulaz devant la Librairie l’Autodidacte.

En une vingtaine de minutes la petite rue face à la librairie est noire de monde. Les banderoles sont dépliées. Et après un cours discours d’un membre du groupe Proudhon de la Fédération Anarchiste rappelant l’attaque, les agressions commises dans la nuit du 17 au 18 octobre et le pourquoi de se rassemblement (voir ici et ), le cortège se met en route vers le centre-ville puis direction la colline de Brégille, le quartier bisontin où se trouve le « bunker » (voir l’article de fafwatch Franche-Comté : le bunker association nazie à Besançon).

Ce fut une vraie manifestation dynamique et populaire qui a eu lieu, où tous les âges, tous les quartiers et des sensibilités politiques très diverses ont été représentés, dans une bonne ambiance évidente.

La manifestation a toujours été voulue non-violente : hors de question d’aller à l’affrontement avec les néonazis. Le but est avant tout d’informer les bisontins, de ne pas rester silencieux face aux agissements des nostalgiques du IIIe reich, de montrer notre solidarité auprès des habitants du quartier de Bregille, et de ne pas laisser un pouce de terrain à la bêtise nazie.

Parc Micaud, au pied de la colline de Bregille une pause est faite pour rappeler les agressions dont ont été récemment victimes homosexuels et transsexuel-le-s.

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La montée sur Bregille est conviviale, heureusement car la pente est longue. Arrivée à proximité de la Maison de Quartier, les dernières prises de paroles sont faites, et après une brève pause, le cortège redescend groupé jusqu’au centre-ville.

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Alors qu’il n’a jamais été question lors de l’appel à manifestation de se rendre devant le « bunker », les néonazis se sont réunis en nombre (peut être plus d’une vingtaine) pour défendre leur bout de terrain, prenant soin de décorer les lieux selon leurs gouts haineux. Mais ils ont attendu pour rien.

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Devant le Bunker

 

Cette manifestation est une réponse rapide et mobilisatrice face à l’attaque de la librairie et aux agressions qui ont suivies. Mais depuis ces événements, nombre de personnes se mobilisent et souhaitent mettre en place des projets pour lutter sur le long terme et plus efficacement contre la montée de l’extrême droite. Cela se fera petit à petit. Le CAB relaiera toutes les initiatives (dont il sera informé)…

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L’appel à manifester a également permis de redécorer la ville d’affiches « faites maison », tout en la nettoyant de celles laissées par le fn quelques jours plus tôt.

 

Pour rappel, la manifestation du 23 mars 2013 (voir ici) pointait déjà du doigt Bregille et ce qui désormais s’appelle le « bunker ».

Initiative : Lettre aux habitants de Bregille

Suite à l’attaque de la librairie l’Autodidacte et aux agressions à caractères politiques, racistes et homophobes de ces derniers mois, et en préparation à la manifestations qui aura lieu samedi prochain (rappel ici), un collectif d’individus a décidé d’aller à la rencontre des habitants du quartier de Bregille  en diffusant la lettre suivante…

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Le Collectif Antifasciste de Besançon appuie cette initiative en y prêtant son adresse mail.

Besançon : Tracts racistes aux abords et à l’intérieur de l’école Bourgogne

lu sur facebook.com/ToufikdePlanoise.net

Hier matin (mercredi 21 janvier) au groupe scolaire Bourgogne de Besançon-Planoise, le personnel est tombé sur de nombreux petits documents sinistres balancés aux abords et dans l’enceinte de l’établissement. Ceux-ci, que j’ai pu me procurer et versés dans le visuel ci-dessous, sont sans équivoques quant à la haine raciale et religieuse qu’ils véhiculent sur l’islam et les musulmans.

La directrice, l’inspecteur d’académie, et le Maire Jean-Louis Fousseret, ont constaté avec dépôt de plainte dans la journée. Un acte ignoble reflétant malheureusement une ambiance qui touche bien au delà de l’extrême-droite, franchissant désormais un palier en allant au cœur d’un quartier populaire et surtout jusqu’à souiller la conscience de nos gosses. Gerbant.

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Également lu sur l’Est Républicain article signé Eric Daviatte

Besançon : tracts racistes dans une école

Des tracts racistes ont été retrouvés aux abords et à l’intérieur de l’école Bourgogne de Planoise, à Besançon.

L’émoi et la colère de jeudi a fait place au calme.  Des propos incitant à la haine raciale, une charge contre la population maghrébine et contre les musulmans. Enfin une croix celtique en guise de signature : voilà pour le contenu de tracts retrouvés, jeudi matin, à l’intérieur et aux abords de l’école Bourgogne dans le quartier de Planoise.

La directrice de l’école a immédiatement alerté l’inspection d’académie et la mairie. Jean-Louis Fousseret a aussitôt réagi : « J’ai donc porté plainte auprès de Madame la Procureure de la République et j’ai contacté les services de l’État avec lesquels je travaille très étroitement et quotidiennement pour envisager les suites à donner à ces propos ignobles », annonce-t-il dans un communiqué.

[…] Indignation de mise. « Un groupuscule d’extrémistes fascisants a décidé de profiter du climat actuel pour exprimer sa haine envers la communauté musulmane par des tracts abjects », affirme Jean-Louis Fousseret dans le communiqué. « Je tiens à condamner avec la plus forte véhémence ces propos antirépublicains qui n’ont qu’un seul but : diviser notre société et amplifier les tensions. Le fait de venir jeter de tels tracts à proximité de lieux dédiés à l’enfance et la jeunesse aggrave le geste ainsi perpétré. Alors que les peurs liées aux violences racistes marquent l’ensemble de la population, s’en prendre ainsi aux plus jeunes est la marque de l’indignité des coupables. L’islamophobie ne doit pas rester impunie. »

[…]

Schéma (2014) : l’extrême droite, mieux la connaitre pour mieux la combattre

À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quel rôle y joue le Front national, combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils ? Pas si facile de répondre. C’est pourquoi depuis 2012, la Horde et le site d’informations antifasciste REFLEXes s’associent pour présenter chaque année, sous la forme d’un schéma, un panorama graphique des groupes et partis nationalistes français. Cette version mise à jour, au format A4, est accompagné d’une légende au recto qui donne quelques informations essentiels sur la plupart des groupes cités, reproduites ci-dessous. 

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Le document (au format PDF) peut être librement téléchargé et imprimé, mais vous pouvez aussi en commander en nombre en écrivant à La Horde selon les conditions suivantes :

10 exemplaires : 5 euros / 50 exemplaires : 10 euros
100 exemplaires : 15 euros / 200 exemplaires : 20 euros

Réglement en liquide (discrètement) glissé dans l’enveloppe, ou par chèque à l’ordre de NOSZ
Commande à adresser à : LA HORDE 95, avenue du Président Wilson 93108 Montreuil Cedex

LÉGENDE

les « INSTITUTIONNELS »

DROITE FORTE, DROITE POPULAIRE

Créée en 2011, la Droite Populaire regroupait à l’origine des parlementaires UMP (ayant pour la plupart milité à l’UNI, au MIL ou au GUD), chargés de défendre une ligne « dure » au sein du parti de Sarkozy. Elle a depuis été supplantée par un nouveau courant, la Droite forte, devenu majoritaire au sein de l’UMP. Fondé en 2012 par, entre autres, Guillaume Peletier, un ancien du FN et du MPF, ce mouvement a pour slogan « Nous sommes fiers d’être Français, nous sommes fiers d’être de droite ».

FRONT NATIONAL

Créée en 1972, c’est la principale formation d’extrême droite : fondée à l’origine par les néofascistes d’Ordre nouveau et d’autres groupuscules nationalistes, le FN devient vite « la chose » de Jean-Marie Le Pen. Au début des années 1980, il rassemble les différents courants de l’extrême droite (catholiques intégristes, anciens collabos, anciens de l’Algérie française) ainsi que des courants plus radicaux (solidaristes, nationalistes-révolutionnaires, néonazis, païens). Le parti a connu une scission en 1998, qui l’a affaibli durant plusieurs années. Depuis le congrès de Tours de 2010, Marine Le Pen a succédé à son père avec la volonté affichée de s’affranchir des courants historiques du nationalisme français. Le FN dispose également d’une structure pour la jeunesse dirigée par Nathalie Pigeot, le Front National Jeunesse : repris en main et épuré par Marine Le Pen, il n’a plus la même dynamique que par le passé.

RASSEMBLEMENT BLEU MARINE

Crée en 2012, le RBM regroupe autour du FN de Marine Le Pen différents petits partis ou groupuscules souverainistes (dont le SIEL) dans l’espoir à la fois d’élargir son audience électorale et de fondre le FN dans une structure plus large et passe-partout. Malgré l’absence de résultats probants, le RBM sera probablement remis en place lors des prochaines élections.

Souverainistes : SIEL, etc.

Bien que n’ayant jamais pris sur le plan électoral, les mouvements souverainistes peuvent ponctuellement se faire les alliés de l’extrême droite : Paul-Marie Coûteaux et son SIEL ont rejoint le FN, tandis que Nicolas Dupont-Aignan de Debout la République déclare être « ouvert au dialogue » ! On constate aussi des dérives, tel le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) qui n’hésita pas à manifester aux côtés de Coûteaux.

LES « MODERNES »

RIPOSTE LAÏQUE

Mouvement créé en 2007, issu de certains milieux laïcs de gauche, qui expriment leur racisme anti-musulman sous couvert de défense de la laïcité. Aujourd’hui isolé, le FN refusant de répondre à ses appels du pied, RL est en perte de vitesse, sur un terrain, l’islamophobie, repris de plus en plus par l’ensemble de la classe politique.

BLOC IDENTITAIRE

Issus d’Unité radicale, les Identitaires regroupent le Bloc identitaire et ses sections locales (Projet Apache, Nissa Rebella). Les Identitaires tentent depuis leur création de se démarquer de l’extrême droite traditionnelle tout en recrutant parmi les jeunes nationalistes. Sans référence idéologique, ils misent sur la communication et Internet. Mais ils ne sont pas arrivés à se créer un espace politique distinct de celui du FN, et leur stratégie de dédiabolisation est un semi-échec (à noter que l’un de leurs leaders, Philippe Vardon, tente sans succès de se rapprocher du FN). Le BI dispose d’une pseudo-agence de presse, Novopress, qui  mélange dépêches de faits divers et annonces liées aux activités des Identitaires, et d’une structure jeune, Génération identitaire

MOUVEMENT D’ACTION SOCIALE

Prenant la suite de Pro Patria, le MAS s’est développé dans l’ombre des mouvements nationalistes en mettant en place des structures comme l’émission Méridien Zéro. Inspiré par les néo-fascistes italiens de Casapound, le MAS a réussi à s’implanter dans quelques villes comme Toulouse ou Lille. Autour du MAS gravitent également deux revues, Réfléchir & Agir et Rébellion, cette dernière jouant à fond la confusion avec l’extrême gauche et l’anticapitalisme.

ÉGALITÉ & RÉCONCILIATION

Fondé par Alain Soral en 2007, E&R avait à l’origine comme ambition de regrouper nationalistes de droite et patriotes de gauche. Mais après l’échec de la liste antisioniste en 2009, ceux qui voulaient transformer E&R en parti politique sont partis, et l’incohérence politique de Soral a fait le reste. Aujourd’hui, E&R n’est plus que le fan-club de Soral, et l’un des principaux relais de Dieudonné, qui dispose par ailleurs de ses propres outils de propagande. E&R se caractérise par un antiféminisme et un antisémitisme virulent (il s’est rapproché un temps du Parti Antisioniste, aujourd’hui peu actif).

LES NÉGATIONNISTES

Si le noyau dur de ce petit milieu n’évolue guère, le négationnisme peut remercier Dieudonné qui aura contribué à faire connaitre ses thèses délirantes et certains de ses auteurs. On pense notamment à Robert Faurisson devenu une véritable vedette chez les troupes du pseudo-comique, ou encore à Vincent Reynouard qui a pu étendre son auditoire. Le noyau dur reste regroupé autour de listes de diffusion telle que « Bocage », et de rares publications ou catalogues de VPC.

LES CONSPIRATIONNISTES

Les thèses  conspirationnistes ne sont pas l’apanage de l’extrême droite, et certaines viennent même de la gauche. Mais elles fournissent  souvent des arguments aux fachos de toutes sortes, car derrière chaque conspiration ou presque se cacheraient  les « sionistes » (i.e. les Juifs) et/ou les impérialistes (le « grand Satan » américain), ce qui a permis ponctuellement des rapprochements contre-nature. Bien que d’aspect confus, le milieu conspi est organisé en  un réseau très dense d’individus et de groupes. On peut citer:  Réseau Voltaire, Re-Open911, Mécanopolis, Nouvelle Solidarité de J. Cheminade, Alterinfo…

LES « BOURRINS »

RÉSEAU IDENTITÉS

Né d’une scission du Bloc identitaire, il se structure autour de la Ligue du Midi de la famille Roudier, d’anciens cadres du BI, notamment d’Aquitaine, de Bretagne et d’Alsace d’Abord.

LIGUE DE DÉFENSE JUIVE

Version française du mouvement Kach du rabbin Khahane, la LDJ se distingue par sa violence et son soutien à l’extrême droite israélienne. Ses cibles favorites sont plus l’extrême gauche pro-palestinienne que l’extrême droite antisémite (sauf récemment avec Dieudonné). De récents départs (Alyah) ont légèrement modifié l’équipe dirigeante, mais sans changer les pratiques.

GROUPE UNION DÉFENSE (GUD)

Basé à Lyon et Paris, ce n’est qu’une vague copie du mouvement étudiant né en 1969. Ce GUD navigue à vue, et s’est surtout illustré par sa violence. Depuis le départ de certains de ses militants spécialisés dans le coup de poing, Édouard Klein s’est mis en retrait, naviguant entre le FN et le business avec les anciens du GUD. Le GUD a été repris en main par Logan Duce sur Paris, un temps proche des Jeunesses nationalistes, ce qui n’est plus le cas depuis mi-2013. Le GUD Paris est aujourd’hui derrière la liste étudiante Assas Patriote.

LEs AMIS DE PIERRE SIDOS

C’est sous ce nom que l’Œuvre Française (OF) poursuit ses activités depuis sa dissolution à l’été 2013. Auparavant, des cadres de l’OF « infiltrés » dans le FN avaient été victimes de la politique de normalisation de Marine Le Pen, mais l’OF avait connu en 2011 un second souffle grâce aux Jeunesses Nationalistes (JN) menées par Alexandre Gabriac et leur activisme débridé qui a mené à divers procès (les JN ont également été dissoutes en 2013). Les JN se sont dotés d’un « Comité de Liaison et d’Aide Nationaliste » dirigée par Laura Lussaud et d’une structure militante féminine Les Caryatides. Proche des nostalgiques de Vichy ou de l’Algérie Française, des antisémites et des catholiques intégristes, ce mouvement représente la branche «dure» de l’extrême droite française. Pour la première fois cette année, ses responsables se sont présentés aux élections municipales sous leurs propres couleurs.

SKINHEADS

La mouvance skin d’extrême droite connaît un regain d’activité par rapport aux années 2000. S’il n’existe pas à proprement parler d’organisation skinhead fédérant tous les groupes au niveau national, on retrouve plusieurs groupes qui se font remarquer par leur activisme politique. Depuis la dissolution des JNR et de Troisième Voie de Serge Ayoub, les skins d’extrême droite se sont de nouveau éparpillés dans la nature. C’est sans doute cette situation qui a provoqué un regain d’activité public pour des mouvements comme Blood & Honour Hexagone ou les Hammerskins.

LES NOSTALGIQUES

CATHOLIQUES INTÉGRISTES

Les réseaux catholiques intégristes sont denses et complexes, et mériteraient un schéma à eux tout seuls. On peut malgré tout citer l’Institut Civitas, et sa branche jeune, France Jeunesse Civitas, ou encore Dies Irae, installé sur la région bordelaise, très proche à une époque des Identitaires. De même, trop nombreuses pour apparaître toutes dans ce schéma, la plupart des organisations anti-IVG sont en contact avec des groupes nationalistes. Leurs principales activités sont les « Marches pour la vie » et les prières devant les centres IVG organisées par SOS Tout Petits.

MANIF POUR TOUS

Collectif créé en 2012 au service d’une idéologie réactionnaire soutenue par la droite catholique, ce mouvement a organisé des manifestations massives contre le projet de loi sur le mariage homosexuel. Difficile de dire s’il s’agit d’un épiphénomène ou si la Manif pour tous a un avenir politique : le mouvement reste en tout cas actuellement mobilisé sur le thème de la défense de la famille traditionnelle et de l’homophobie. Le mouvement a connu une scission en mars 2013, ses éléments les plus radicaux créant le PRINTEMPS FRANÇAIS dirigé par Béatrice Bourges.

RENOUVEAU FRANÇAIS

Créée en 2005 et dirigé par Thibault de Chassey, le RF a rompu avec le FN et s’est rapproché de l’Œuvre française sur certaines manifestations, mais également de la NDP. Récemment, le RF s’est doté d’un point d’ancrage et de diffusion avec l’ouverture par Chassey de la Librairie française à Paris.

ACTION FRANÇAISE

Né à la fin du XIXe siècle, c’est le plus vieux mouvement nationaliste en activité. Mouvement royaliste autrefois école de formation pour les jeunes cadres d’extrême droite, l’AF, présidé par S. Blanchonnet, se contente de sortir son journal et d’organiser quelques rassemblements ou débats. À noter un rapprochement récent et surprenant avec Alain Soral, allant jusqu’à assurer sa protection sur certaines de ses sorties.

ALGÉRIE FRANÇAISE

Surtout présents dans le Sud-Est, les nostalgiques de l’Algérie Française ( Adimad, des anciens de l’OAS, Comité Véritas, Cercle Algérianiste, Jeune Pied-Noir …) peuvent localement représenter un poids électoral non négligeable.

LES « ANTI-FN »

NOUVELLE DROITE POPULAIRE

Fondée en 2008 autour de courants réunis dans la revue Synthèse nationale, la NDP regroupe les opposants historiques de Jean-Marie Le Pen au sein du FN ou à l’extérieur du mouvement. La NDP tente d’incarner politiquement ce qu’était le FN des années 1980, c’est-à-dire une structure regroupant toutes les tendances de la mouvance nationaliste. Alliée au Parti de La France de Carl Lang et au MNR, la NDP a formé l’Union des Droites Nationales à l’occasion des législatives de juin 2012, sans obtenir de résultats significatifs.

TERRE & PEUPLE

Créé en 1994 et dirigé par Pierre Vial, (un ancien du GRECE et du FN) ce mouvement racialiste et païen permet aux militants nationalistes de se retrouver dans une structure « neutre ».

PARIS, 29 janvier 2014 : Journée intersyndicale antifasciste

ATELIERS/DÉBATS de 9h30 à 17h30
Bourse du travail de Paris
3 Rue du Château d’eau, Paris. Métro République

MEETING à partir de 19h30
Siège de la CGT, 263 rue de Paris, Montreuil (Métro
Robespierre ou Porte de Montreuil).

Télécharger le fichier PDF du programme de la journée : PROGAMME29JANVIER2014

Les absences de réponses aux questions sociales vécues par les salarié- es, les privé-es d’emploi, les retraité-es mais aussi les jeunes ainsi que la crise avec ses conséquences dramatiques fournissent un terreau exploité par l’extrême droite. Les politiques d’austérité génèrent une aggravation du chômage, le développement des inégalités sociales, de la précarité, de la pauvreté et des processus d’exclusion. Cela accroît la désespérance sociale.

La montée des idées et de l’influence de l’extrême droite, et particulièrement du Front national, impacte le monde du travail et par conséquent le mouvement syndical.. Par leur histoire, leurs traditions, leurs valeurs, dans leurs pratiques et leurs capacités à proposer et agir au quotidien contre les inégalités et les injustices, les organisations syndicales sont confrontées aux propos, aux programmes, aux idées et pratiques de l’extrême droite, qu’elles sont déterminées à combattre.

Dans un contexte européen marqué par la remontée de courants d’extrême droite, nos organisations syndicales récusent la banalisation d’un parti dont l’histoire, les idées et pratiques n’en demeurent pas moins antirépublicaines, xénophobes et sexistes. Les organisations syndicales CGT, FSU et Solidaires et les organisations de jeunesse Unef, Fidl et UNL ont décidé d’initier un travail en commun afin d’unir leurs forces pour construire un argumentaire, utilisable par tou-tes les militant-es sur l’ensemble des territoires, sur les différentes questions sociales en jeu.

Ce travail s’inscrit dans le prolongement de l’appel « La préférence nationale n’est pas compatible avec le syndicalisme » signée en mars 2011. Pour lancer cette campagne commune, elles organisent une journée de travail sous forme d’ateliers autour de thématiques diverses, le 29 janvier prochain à Paris. Cette journée se conclura par un temps fort d’expression syndicale, sous la forme d’un meeting avec la participation des premiers responsables de nos organisations, à Montreuil.

Nous entamerons ainsi une campagne de longue durée qui sera marquée par des initiatives larges communes dans les entreprises, administrations, services publics, localités et départements.