Agressions néo-nazies à Besançon

ASSEZ !

Il y a des disciples d’Adolf Hitler à Besançon. Qui font des descentes nocturnes dans la ville, parés de symboles explicites, et agressent violemment les individus de leur choix. Et qui osent filmer leurs exploits, les mettre en ligne et s’en délecter sur les réseaux sociaux. En toute impunité. Voilà ce que nos amis de FafwatchFC ont révélé à la fin du mois de juin dernier en publiant notamment deux vidéos ignobles trouvées sur les dits réseaux sociaux (1).

Plongeons les deux mains dans cet égout en essayant de ne pas vomir. La première agression, manifestement préméditée, est montrée en conclusion d’une vidéo menaçante qui s’intitule : « antifas, we know where you live » (« antifascistes, nous savons où vous vivez »)… On voit d’abord défiler les visages de personnes désignées comme antifascistes, puis la vidéo montre ce qui les attend : un passage à tabac.

Un groupe de fascistes marche la nuit du Pont Battant vers la Grande Rue. Nous savons par ailleurs qu’il est environ 23 heures, un soir d’avril, et donc que les rues ne sont pas désertes… Tous portent un tee shirt orné d’un logo largement inspiré de celui du Front Comtois, mais où le lion qui symbolise ce groupuscule est discrètement transformé en loup, ce qui est l’emblème d’un groupe appelé « Werwolf Sequania » , dont font partie des membres du Front Comtois, des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires ou encore de la mouvance « Black Metal ». Les crânes sont rasés, la démarche se veut déterminée. Ils fondent sur la terrasse du Pub de l’Etoile et l’un d’entre eux frappe immédiatement et très violemment, à de nombreuses reprises, deux consommateurs. On voit les tables et les chaises qui volent. Fin.

Le second passage à tabac est lui aussi prémédité puisqu’un comparse légèrement en retrait filme la scène avant qu’il ne commence. C’est la nuit. Un groupe de six ou sept bas-du-front (comtois) semble engager la conversation avec une personne sur le pont Denfert-Rochereau. On croit entendre : « tu vas enlever ce keffieh ». Brusquement, la personne est frappée à plusieurs reprises, à coup de pieds et de poings, par plusieurs bas-du-front (comtois), elle crie, et finit par être projetée violemment au sol. Les bas-du-front (comtois) s’éloignent tranquillement. La ville est à eux !

La presse locale a largement rendu compte de la publication de ces vidéos (2). France 3 Franche Comté a invité en plateau la présidente du Front Comtois, Laura Jacquot, sise à Montbéliard. Interrogée sur l’implication de son organisation dans ces violences, elle a laborieusement et assez comiquement nié, indiquant : « nous connaissons » les agresseurs, mais « nous ne faisons pas cela avec eux » (sic), avant de se perdre dans des considérations sur les logos à lion qui ne sont pas ceux à loup. Voilà, semble-t-il, qui devrait intéresser la police et la justice.

A propos de police et de justice, ces dernières, interrogées par la presse, ont justement fait savoir qu’elles avaient bien vu tout cela, mais qu’elles n’ont… pas de plainte ! La réponse laisse pantois. Des agressions ont été manifestement commises, filmées et revendiquées par des groupes et individus pratiquant en outre l’incitation à la haine raciale et l’apologie du nazisme. Et les institutions censées protéger la démocratie pourraient justifier leur inaction par l’absence de plainte ?!! Que disaient la police et la justice toulousaines avant qu’un étudiant chilien ne soit handicapé à vie par la violence fasciste ? Que disaient la police et la justice norvégienne avant les massacres d’Oslo ? La vérité est que depuis des lustres les groupuscules néo-nazis, identitaires et autres fascistes jouissent d’une troublante impunité. Serait-ce parce que certaines de leurs idées xénophobes et sécuritaires ont été recyclées ces dernières années jusqu’au sommet de l’Etat ? Cet Etat qui consacre d’impressionnants moyens à la répression d’autres mouvements politiques, cet Etat qui a été capable, par exemple, de la manipulation de Tarnac ?

Nombre de Bisontins ont été sidérés d’apprendre que de tels faits se produisaient dans leur ville. Certains avaient entendu parler de choses de ce genre, mais avaient du mal à le croire. Ils se demandent maintenant : pour deux vidéos filmées et rendues publiques, combien d’autres agressions ont eu lieu ? Un certain nombre, à coup sûr. Pour notre part, nous n’avons pas découvert tout cela récemment. Les individus dont il est question ici agissent à Besançon et dans la région depuis des années. L’an dernier, ils ont défilé à cinquante dans le centre-ville à l’occasion d’un rassemblement anti avortement et glacé d’effroi les badauds. En mai dernier, ils faisaient des saluts nazis sur la place Marulaz devant des terrasses pleines de monde. Certes peu nombreux, ils sont en réseau au niveau national et international. Ils sont idéologiquement déterminés et ont une passion névrotique pour la violence. Ils sont de potentiels Anders Breivik.

Un de leurs slogans est « Se repaître de votre peur ». Ils doivent savoir que nous entendons, quant à nous, vivre sans peurs, à Besançon comme ailleurs ! Et nous appelons à participer massivement, dès la rentrée, aux initiatives du Collectif Antifasciste à Besançon. Elles seront annoncées sur ce blog.

Publicités

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :